×
6 174
Fashion Jobs
Publicités
Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
30 juil. 2021
Temps de lecture
6 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Nicky Zimmermann évoque sa collection Resort 2022 et ouvre des boutiques à Cannes et Forte dei Marmi

Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
30 juil. 2021

L’Australie, un pays célèbre pour ses athlètes, sa littérature, son cinéma, ses médias, ses vins et sa joie de vivre, n’est cependant pas la localité la plus réputée en matière de mode.
 

Nicky etSimone Zimmermann - Zimmermann



On compte sur les doigts de la main le nombre de créateurs australiens que les dandys et les élégantes sont capables de nommer lors d’un dîner à Londres, New York ou Paris. Et c’est entre autres pourquoi le succès de Zimmermann est si remarquable.
 
Fondée il y a 30 ans, la marque Zimmermann a commencé par un simple stand à Paddington, dans le quartier bohème de Sydney, où l’énergique étudiante Nicky Zimmermann proposait ses créations lors des marchés du week-end.
 
Aujourd’hui, Zimmermann possède des flagships à Londres, New York, Beverly Hills et Paris ainsi que de nombreux corners dans les plus grands magasins du monde. Elle est largement distribuée en ligne, et notamment sur Net-a-Porter et MatchesFashion.
 
Mais plus que tout cela, c’est l’esthétique que Nicky Zimmermann a réussi à faire émerger qui retient l’attention: un élégant mélange d’exubérance insouciante, typique de son pays d’origine, mais aussi des imprimés colorés et joyeux et des maillots de bain graphiques-chics. Le côté boho de Paddington transparaît encore, et les défilés de Zimmermann sont devenus des incontournables de la fashion week de New York, ou du moins l’étaient jusqu’à la pandémie.
 
Voyageuse invétérée, Nicky n’a pas quitté l’Australie depuis son retour en catastrophe en mars 2020, lors du confinement mondial. Mais la marque n’a pas pour autant chômé, publiant des vidéos bouillonnantes de ses défilés et inaugurant de nouvelles boutiques, dont une en France, à Cannes, et une à Forte dei Marmi, sur la côte toscane. En tout, la griffe compte déjà 42 établissements dans le monde.
 
Comme toutes les autres boutiques, celle de Cannes a été aménagée par John McQualter. Installé au 11 rue des États-Unis, cet espace de 125 mètres carrés forme un écrin d’un vert citron rafraîchissant où l’on peut admirer une collection arty de collages et d’esquisses provocantes, dont une épreuve à l’encre de l’artiste pop australien Richard Larter, célèbre pour les peintures de nus de sa femme Pat, et des pièces de Naata Nungurrayi et Gaetano Pesce.
 
Récemment, la maison a aussi dévoilé sa nouvelle collection croisière, intitulée The Postcard, proposant des robes fluides, des jupes volumineuses et des blouses bouffantes ornées du nouveau motif de James Northfield. On doit à cet artiste de nombreux posters de voyage australiens des années 1930, 1940 et 1950, devenus emblématiques.
 
30 ans plus tard, l’entreprise reste une affaire familiale, même si le fonds d’investissement italien Style Capital en a acquis 70% fin 2020. La sœur de Nicky, Simone, est la directrice des opérations de l’entreprise, tandis que Chris Oliver, son mari, en est le PDG. La maison ne publie pas ses résultats annuels, mais l’année dernière, sa valorisation était estimée autour de 250 millions de dollars.
 
Nous avons échangé quelques mots avec la rayonnante Nicky, maman de deux adolescents, lors d’une visioconférence matinale depuis la France, alors que le soleil se couchait derrière elle dans le port de Sydney.
 

Nicky et Simone Zimmermann - Zimmermann



FashionNetwork.com : Pourquoi ouvrir une boutique à Cannes ? Et pourquoi le faire maintenant ?

Nicky Zimmermann : La première fois que j’ai vu notre boutique à Paris, j’ai ressenti une incroyable émotion. Une si belle boutique et un si bel emplacement ! Pour une marque australienne, s’installer à Paris a tout d’un rêve. Mais que ce soit à Paris, New York ou Sydney, ou dans des destinations de vacances, notre cliente aime voyager, comme nous. Donc nous aimons avoir des boutiques en ville et ouvrir des boutiques satellites comme celle que nous possédons dans les Hamptons (Côte Est des Etats-Unis, ndlr). Nous faisons de la vente en gros pour des multimarques et des e-commerçants depuis des dizaines d’années, donc nous avons des données très précises quant au lieu de vie de notre cliente, les endroits où elle achète et les produits qu’elle aime. Ce sont des informations précieuses pour nos inaugurations. Nous savons qu’elle aime se rendre dans des endroits comme Saint-Tropez, Cannes et Forte dei Marmi, et nous l’y accompagnons.
 
FNW : Adaptez-vous les boutiques à des environnements spécifiques, comme Forte dei Marmi, par exemple ?

NZ : Notre architecte d’intérieur John McQualter signe chacune de nos boutiques. C’est un grand ami et quelqu’un dont nous aimons énormément le travail. Il aime se plonger dans un environnement d’une façon un peu plus décontractée. À Forte dei Marmi, nous avons travaillé avec un céramiste local pour ajouter une dimension de proximité et nous avons importé des peintures et des sculptures que nous adorons depuis l’Australie.
 

Zimmermann



FNW : Quelle est l’inspiration de votre dernière collection resort ?

NZ : Je voulais vraiment une collection qui parle des beaux souvenirs de mes vacances d’enfance, de moments simples et décontractés passés en famille. Je me suis replongée dans les années 1950, j’ai ressorti des photos de mes parents, et j’ai cherché des artistes qui faisaient des photos touristiques d’Australie. Les principales œuvres de James Northfield étaient d’une belle simplicité, avec de beaux posters en couleur de vacances avec une vraie touche rétro.
 
FNW : Comment définiriez-vous l’ADN de Zimmermann ?

NZ : J’adore créer des choses qui font que les gens se sentent bien lors de leurs événements de famille, mariages, célébrations, communions… L’idée est de créer des souvenirs.
 
FNW : Pourquoi cette obsession pour la guipure ? C’est une matière traditionnellement utilisée en Haute Couture.

NZ : J’adore l’artisanat, et je ne m’impose pas de limites. J’ai commencé très jeune à regarder la télé et à créer des objets. En tant que créatrice, pour moi, il est impossible d’être minimaliste. Et mon équipe partage cet état d’esprit, ils créent des fleurs en tissu et cousent à la main. Nous adorons avoir une touche personnelle. Que des éléments virevoltent autour de nos robes quand celles qui les portent marchent.
 
FNW : Pourquoi avez-vous connu tant de succès à l’étranger alors que la majorité des marques australiennes ont échoué ?

NZ : Je pense qu’il y a plusieurs raisons pour lesquelles les choses ont bien fonctionné pour Zimmermann. J’ai la chance de travailler avec ma sœur Simone depuis le tout début. Elle ne veut pas être créatrice. Elle aime que les choses soient faites et c’est une extraordinaire directrice des opérations: elle est très organisée, gère les ressources humaines et la production et réalise un travail énorme. Ce qui signifie que je n’ai pas à m’en occuper et cela tombe bien, car ce n’est pas mon fort. Elle adore les vêtements, mais elle ne veut pas faire mon travail, ce qui crée un équilibre fabuleux. Je ne pourrais pas vivre sans elle. En tant que sœurs, nous avons un lien extrêmement fort. Mon mari, qui est avocat, a rejoint la société il y a 15 ans et y a apporté une autre palette de compétences.
 
FNW : Pourriez-vous un jour défiler à Paris ?

NZ : Nous adorerions défiler à Paris et nous prenons des décisions assez instinctives. Je me sentirais terriblement intimidée de présenter mes collections à Paris, même si c’est l’une de mes villes favorites au monde. Mais il ne faut jamais dire jamais !

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2021 FashionNetwork.com