Nicolas Lecourt Mansion se joue des genres avec sa couture flamboyante

A 25 ans, Nicolas Lecourt Mansion a eu envie « de remettre les mains dans l’organza », et bien lui a pris ! Diplômé de l'Atelier Chardon Savard en 2016, le talentueux styliste a lancé sa marque début 2018 en reprenant le fil avec sa collection de fin d'école. Présentée lors de la dernière Fashion Week parisienne au sein de Designers Apartment, le showroom promu par la Fédération de la haute couture et de la mode qu’il a intégré cette saison, sa collection pour le printemps-été 2019 aux looks couture hyper-colorés n’est pas passée inaperçue.


Le créateur privilégie les couleurs vives comme dans cette robe pour l'été 2019 - nicolaslecourtmansion.com

Chaque modèle est proposé dans une couleur monobloc éclatante. Le designer a ainsi taillé dans une toile cirée orange vitaminée une robe manteau asymétrique, décolletée dans le dos, ainsi qu’une robe courte sur un côté et à longue traîne de l’autre, cette fois zippée dans le dos. Le même modèle se décline dans un cuir noir ou dans un polyester effet satin vert émeraude.

Inspiré par la protagoniste du film Belle de Jour de Luis Bunuel - une troublante Catherine Deneuve -, Nicolas Lecourt Mansion joue avec le thème de la lingerie en accentuant les contrastes entre flou et tailleur, opacité et transparence.

Une petite robe moulante rose poudrée reprend les codes du bustier, tout comme les hauts des robes et des tops en forme de soutien-gorge corset. Certains modèles sont privés de bretelles, d’autres au contraire sont dotés d’une double paire (toutes gainées en biais): celle qui tient sur l’épaule, et celle qui tombe de l’épaule pour un effet déshabillé.


Nicolas Lecourt Mansion - ph. Dominique Muret

Les constructions sont précises et soignées, les matières très belles. « C’est très couture, tout est fait à la main », rappelle le créateur, qui est installé à Paris dans l’atelier partagé Hall Couture. « J’adore monter le tout, du dessin au patronage en passant par la coupe, le montage et jusqu’aux finitions », poursuit-il.

Une veste de tailleur en crêpe de Chine en soie fuchsia se prolonge par des attaches de jarretelles et se porte sur des pantalons fuseaux de la même teinte, entièrement dézippables. D’autres détails originaux donnent du caractère à chaque silhouette, comme ces longs pompons de rideau, toujours en référence à l’ambiance boudoir, qui pendent dans le dos au bout des bretelles ou d’un décolleté, ou s’incrustent dans le bas des jambes des pantalons, fouettant le corps en mouvement.

« Cette saison, j’ai essayé de sublimer une femme qui soit maître de sa sexualité. Le vêtement est une performance en soi, c’est un sentiment au regard du monde, qui permet de briller. Je m’adresse à tous les gens flamboyants, femmes ou hommes. Avec ma mode, je veux transmettre du positif, de la confiance en soi », nous explique Nicolas Lecourt Mansion, pour qui les vêtements n’ont pas de sexe.


La veste porte-jarretelles peut habiller l'homme comme la femme - nicolaslecourtmansion.com

Originaire de Strasbourg, le jeune homme aux longs cheveux ondulés a débarqué à Paris il y a cinq ans. Avant de lancer sa marque, celui qui se définit comme un couturier et rêve d’une trajectoire à la Azzedine Alaïa a multiplié les projets et les collaborations, travaillant tour à tour « pour des célébrités telle Céline Dion, la grande distribution, mais aussi des maisons comme Jean Paul Gaultier ou Acne Studio et des stylistes de mode tels qu'Azza Yousif, en confectionnant des costumes ».

« Je travaille beaucoup pour les gens de la nuit. Toutes ces expériences m’ont apporté de beaux contacts et permis de financer ma marque », conclut le designer qui, au-delà de sa clientèle couture particulière, est distribué dans quelques boutiques à Shanghai et au sein de la boutique H. Lorenzo à Los Angeles.
 

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