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6 mai 2015
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Nouveau départ pour Borsalino

Publié le
6 mai 2015

Borsalino tourne la page pour amorcer un nouveau chapitre de son histoire. Plombé par près de 20 millions d’euros de dettes, le célèbre fabricant de chapeaux italien, qui a notamment coiffé Humphrey Bogart dans Casablanca, a trouvé une solution pour se remettre à flot tout en préservant son label et son historique site de production à Alessandria, dans le Piémont.


Humphrey Bogart avec son Borsalino et Ingrid Bergman dans Casablanca


L’entreprise a présenté ce mercredi une demande auprès du tribunal d’Alessandria, afin d’être placée sous concordat préventif de faillite, procédure de sauvegarde lui permettant de maintenir son activité tout en négociant avec ses créanciers. L’opération prévoit la nomination d’un « assuntore », un garant qui assume le risque de faillite et qui, de fait, deviendra au terme du concordat le nouveau propriétaire de Borsalino.

Il s’agit de Philippe Camperio, un homme d’affaires italo-suisse, actif dans les secteurs de la finance et du luxe, qui va intervenir à travers une formule de location-gérance par le bais du fonds Haeres Equita.

Il a été choisi pour ses compétences et sa solidité patrimoniale par l’actuel management. Il garantira la continuité de l’entreprise le temps de la mise en place du plan de restructuration de la dette, reprenant la totalité de la griffe à la fin du concordat d’ici à un an.

Un modèle Borsalino


En général, les PME italiennes en difficulté font appel à cette procédure de concordat pour restructurer leur dette et présenter par la même occasion un plan de relance. Dans le cas de Borsalino, la restructuration a déjà eu lieu et a permis à l’entreprise de retrouver « une situation de substantielle équilibre économique ».

« En 2013, Borsalino essuyait une perte brute d’exploitation de 2 millions d’euros. Au premier trimestre 2015, l’Ebitda s’élève à 200 000 euros. En 2014, le chiffre d’affaires s’affichait à 13,5 millions d’euros. Cette année, nous avons déjà engrangé des commandes pour un montant dépassant les 15 millions d’euros », expose l’administrateur délégué Marco Moccia, appelé à relancer l’entreprise en janvier 2013.

« Nous avons renoué avec un résultat économique positif, mais nous ne pouvions affronter à nous seuls la situation financière critique dont a hérité l’entreprise suite à de précédentes mauvaises gestions. C’est pourquoi nous avons opté pour le concordat. Il s’agit d’une opération extraordinaire, qui intervient à la fin d’un parcours d’assainissement afin de mettre en sécurité la marque et la force de production », explique-t-il.

L'ancien propriétaire de la marque, Marco Marenco, au centre d'un krach de 3 milliards d'euros, a été interpellé récemment en Suisse, poursuivi pour fraude et évasion fiscale. L’homme, propriétaire de compagnies d'énergie et de gaz en Asie, avait acquis le mythique fabricant italien de chapeaux pour se diversifier, mais il n’y occupait plus de rôle décisionnel depuis 2008.


Depuis 2013, Borsalino a mis l'accent sur la femme


En deux ans, sans effectuer un seul licenciement, Marco Moccia est parvenu à réorganiser en profondeur l’entreprise en passant au crible toute la structure de gestion avec, à la clé, la suppression des lignes de chapeaux non rentables ainsi que la fermeture de toutes les licences (parapluies, vêtements, parfums, etc.) et la fin des collaborations stylistiques.

« Tout le style est réalisé en interne avec une collection qui s’est recentrée sur les classiques de la marque, des chapeaux en feutre aux modèles en paille. Des productions comme celle de la paille, auparavant externalisées, ont réintégré le site historique d’Alessandria, qui emploie 120 personnes », souligne le patron.

L’offre s’est ouverte aux jeunes, tandis que la ligne féminine, jusque-là très réduite, a été renforcée. En deux collections, les ventes des chapeaux pour femme sont ainsi passées de 5 % à 30 % sur le chiffre d’affaires total.

Le réseau de distribution a lui aussi été entièrement revu avec la fermeture de huit magasins jugés peu rentables. Aujourd’hui, Borsalino compte huit boutiques en Italie et deux en France (Paris et Cannes). La griffe est aussi distribuée à travers des magasins multimarques. Elle réalise entre 30 et 35 % de ses ventes en Italie. Le reste des ventes est réparti équitablement entre Europe, Japon et Etats-Unis.

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