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14 sept. 2020
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Olivier Balas (French Tex) : "Nous voulions un rendez-vous à Paris intra-muros pour être au plus près des acteurs de la mode"

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14 sept. 2020

L’Association Première Vision, qui regroupe les syndicats de la filière textile, met sur pied l’événement French Tex les 15 et 16 septembre au Palais Brongniart à Paris. Olivier Balas, dirigeant de Balas Textile et président de l’association, explique pour FashionNetwork.com les raisons de la création de ce rendez-vous.


Olivier Balas, DG de Balas Textile, président de l'Association Première Vision - Unitex



FashionNetwork.com : L’événement French Tex veut mettre en contact les industriels du textile mode et leurs donneurs d’ordres. Il s’engouffre dans le vide laissé par la non-tenue des salons Première Vision Paris et Texworld. C’est un rendez-vous amené à durer?

Olivier Balas :
La vocation de French Tex est initialement dédiée à la promotion des métiers de la filière pour les recrutements. L’objectif ici est de répondre à un contexte très particulier. Mais nous restons humbles et l’événementiel est un métier à part. Avec l’impossibilité de la tenue des salons cet été, nous voulions apporter une réponse à nos entreprises. Dans notre secteur, l’approche physique reste fondamentale. Nous avons recherché une solution, respectant les contraintes d’un événement réunissant moins de 5.000 personnes, qui permette aux clients, bureaux et marques de pouvoir voir et découvrir en vrai les produits.

FNW : Ce sera un événement très axé sur le marché français?

OB :
C’est bien sûr un événement au service de la filière française qui va pouvoir mettre en avant ses savoir-faire. Nous aurons une soixantaine d’entreprises exposantes qui présenteront un bel échantillon de la filière. Nous voulions un rendez-vous à Paris intra-muros pour justement être au plus près des acteurs de la capitale, mais aussi que ceux qui viennent d’autres régions n’aient pas trop de transports en Ile-de-France. Nous l’avons vu la semaine passée sur le salon Made in France de Première Vision, les gens avaient envie de pouvoir échanger et ont été très vigilants à respecter toutes les consignes. Mais ils ont très envie de pouvoir se retrouver.

FNW : Mais French Tex n'est-il pas en concurrence avec Made in France justement?

OB :
Non pas du tout ! Les exposants de Made in France, qui sont des acteurs de la confection, de l’accessoire, du produit fini, sont potentiellement les visiteurs de French Tex. Ils vont trouver de l’échantillonnage, des fournisseurs de fil, des matières et un peu de dessin.
 
FNW : Vous avez donc reçu un intérêt des marques et donneurs d’ordres?

OB :
Tous nos contacts se sont montrés emballés par le fait que nous ayons pu réussir à préparer cet événement en quelques semaines. En fait, il existe deux comportements parmi les marques comme chez les industriels. Soit vous vous recroquevillez en attendant que les choses bougent. Soit vous vous remettez en question et regardez ce qui évolue. Il y a des changements sociétaux, de comportement d’achats, etc.

Il faut se poser les questions maintenant pour être prêt au moment du rebond. Cela passe par des échanges avec nos clients sur le produit, mais pas seulement. Il est question d’écoconception, d’évolution des organisations dans lesquelles entrent de plus en plus des ingénieurs dans certains groupes ou encore des méthodes de travail. Il y a besoin d’échanger sur tous ces sujets.

FNW : Vous voyez ces changements à l’œuvre?

OB :
En effet. Certaines sociétés avaient des structures où les différents services ne se parlaient pas. Le créatif et le chef produit fonctionnaient à part. A présent, avec une mode qui va très vite, qui est moins cyclique et où les interactions sont très fréquentes et rapides et où les sujets RSE se développent, les organisations s’adaptent.

FNW : Pour les industriels du textile, comment se déroule la rentrée?

OB :
C’est une période complexe avec très peu de visibilité. Dans le textile, tout dépend du secteur. Les carnets de commandes sont entre 30% et 70% inférieurs par rapport à la rentrée de 2019. L’aéronautique est bien sûr très affectée. Les entreprises qui étaient très présentes à l’international aussi.

Les acteurs de la mode s’interrogent et certains clients vont se figer, mais c’est aussi à nous de dialoguer avec eux et de leur proposer des solutions. Qu’ils aient envie de faire de la création pour pouvoir se démarquer de la concurrence dans cette période. Notre industrie a toujours su faire preuve de réactivité et d'inventivité pour se réinventer et rebondir. C'est aussi ce que nous voulons montrer avec French Tex.
 
 
 

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