×
Publicités

Opération séduction pour les producteurs de diamants

Publié le
11 juin 2020
Temps de lecture
3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Comment rendre le diamant à nouveau glamour ? L’industrie des pierres précieuses part en campagne pour redorer une image qui s’est nettement ternie ces 20 dernières années, et ce dans un contexte économique critique. La Diamond Producers Association (DPA), qui réunit les sept plus grands producteurs de diamants représentant 75% de l’extraction mondiale, amorce un profond lifting. Elle change de nom, d’identité et de slogan, mettant en avant la notion de "diamant naturel".


L'industrie du diamant veut redorer son blason - © Natural Diamond Council


Exit la DPA. L’alliance, qui réunit ALROSA, De Beers Group, Dominion Diamond Mines, Lucara Diamond, Petra Diamonds, RZM 3 Murowa et Rio Tinto, s’est rebaptisée et transformée en Natural Diamond Council (NDC), sa mission étant de "promouvoir l'attrait pour les diamants naturels et soutenir l'intégrité du secteur de la joaillerie en diamants", indique-t-elle dans un communiqué.

Après avoir longtemps été portée par le célèbre slogan "A diamond is for ever" (les diamants sont éternels) créé en 1948, l’industrie avait lancé en 2016 la campagne "Real is Rare. Real is Diamond"  (ce qui est authentique est rare, le diamant est authentique) dans le but de séduire les nouvelles générations. Désormais, les producteurs se repositionnent autour du concept du diamant naturel "Only natural diamonds" (OND), cherchant à éveiller la fibre écoresponsable qui guide les achats des jeunes consommateurs.

Selon le PDG du Natural Diamond Council, David Kellie, une fois la crise passée, "les consommateurs auront un plus grand respect pour tout ce qui est naturel et chercheront des marques qui ont pour honnête mission d'être vraiment durables. Ils achèteront des produits de luxe ayant une plus grande signification, en particulier ceux qui célèbrent les liens entre amis et proches".

Cette offensive s’accompagne du lancement d’un nouveau site Internet dédié au grand public, naturaldiamonds.com, "célébrant tout ce qui est grand dans le monde des diamants naturels". Le site se veut une source d’inspiration et d’information autour de l’univers du diamant à travers des contenus divers offrant, via des photos et des articles signés par des experts reconnus de la joaillerie, un aperçu des coulisses de l'industrie du diamant naturel.

Le site livre aussi des conseils, par exemple, sur la façon d’envisager l'achat de bijoux en diamants ou encore un cahier des tendances des bijoux en diamants. Ce rapport semestriel, "Style Collective : Trend Report", servira à la fois de guide pour les détaillants pour la saison à venir et de référence pour la presse.

Le Natural Diamond Council lance parallèlement une plateforme digitale indépendante, naturaldiamonds.com/Council/ dédiée aux professionnels du diamant, des détaillants aux designers, leur permettant d’accéder "à un ensemble de ressources sectorielles, à du contenu marketing personnalisable, à des programmes d’apprentissage en ligne et aux actualités du secteur". 

L’industrie du diamant, qui était déjà fragilisée avant la pandémie du coronavirus avec la chute des prix, ainsi que la baisse de ses ventes et de ses marges, a vu ses stocks, déjà abondants, exploser durant le confinement.

Pour le secteur, le contexte a changé avec une compétition accrue et un moindre pouvoir d’achat de la part des nouveaux consommateurs. A cela s’ajoute la montée en puissance des diamants synthétiques produits en laboratoire et véhiculant une image plus écologique et éthique.

Comme le résume une récente étude publiée par l’agence MAD sur la haute joaillerie, "si certains restent sceptiques face à une offre reproductible à l’infini, à la valeur discutable, perdant la magie de l’unicité, et encore relativement chère, il n’en demeure pas moins que ce sont des produits de très bonne qualité, plus accessibles et respectant les ressources naturelles… Autant de messages auxquels une partie de la clientèle sera de plus en plus sensible et qui pourraient faire perdre quelques parts de marché aux acteurs traditionnels".
 

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2020 FashionNetwork.com