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17 févr. 2020
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Orchestra-Prémaman va supprimer près de 600 emplois

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17 févr. 2020

Orchestra-Premaman qui emploie actuellement 2 920 personnes, s’apprête à supprimer près de 600 postes en France et à l’international, conséquence du "plan de réorganisation" présenté ce lundi 17 février à ses instances représentatives du personnel ainsi qu’à ses salariés.


Orchestra-Prémaman


"Cette réorganisation s’illustre par le recentrage du groupe sur ses cinq principaux marchés, la France, la Belgique, la Suisse, le Maroc et la Grèce, impliquant la fermeture par liquidation de 81 magasins à l’international et comprend également le transfert d’activité des entrepôts de Saint-Aunès et Saint Jean de Vedas vers celui d’Arras", détaille Orchestra-Prémaman, qui est placé en procédure de sauvegarde depuis le 24 septembre dernier et qui avait suspendu la cotation des actions sur Euronext Paris au matin de ce 17 février 2020 pour opérer cette annonce.

En conséquence en France, où le groupe réalise 62 % de son activité, 149 postes en magasins vont être supprimés, 115 postes logistiques, 38 postes au siège auxquels s’ajouteront environ 300 postes supprimés à l’étranger. Orchestra-Prémaman souligne tout de même que 13 postes seront créés au siège alors que 130 postes à l’entrepôt d’Arras au sein de la coentreprise Orlog seront proposés comme postes de reclassement.

Le recentrage sur ses marchés dits stratégiques va se traduire par la fermeture de 81 magasins à l’international, dont 73 en Allemagne, en Espagne, au Luxembourg et également en Belgique, qui représente 66 % du parc de magasins et où le groupe avait déjà plus tôt dans l’année annoncé la fermeture de 34 unités. Au total 300 postes vont ainsi être supprimés.

Concernant le réseau français, où le groupe souhaite se concentrer sur ses magasins grands formats, 44 boutiques vont fermer leurs portes, dont 36 succursales, représentant un total de 149 employés sur les 304 aujourd’hui.

Toujours plus de puériculture au détriment de l'habillement, moins rentable



Du côté de l’offre, le groupe indique qu’il va réduire l’offre de produits textiles. Orchestra-Prémaman souhaite certainement se concentrer davantage sur la puériculture, qui sur le troisième trimestre de l'exercice (décalé) 2019/2020, a enregistré la croissance la plus dynamique de 4,4 %. Le digital qui lui, a signé sur la même période une croissance de 18,3 %, est également au centre de la nouvelle stratégie, tout comme les services multicanaux. 

Enfin, le groupe va opérer un regroupement de l’ensemble de l’activité logistique sur l’entrepôt d’Arras. Une opération qui "implique un transfert d’activité des entrepôts de Saint-Aunès et de Saint Jean de Vedas (115 collaborateurs) vers celui d’Arras, création de 130 emplois au sein de la coentreprise Orlog, qui seront proposés comme postes de reclassement aux salariés d’Orchestra-Prémaman", précise le groupe qui souligne aussi qu’il va revoir sa stratégie d’achat en divisant par deux le nombre de ses fournisseurs et en fermant son bureau d’achat de Shanghai relocalisé à Hong-Kong.

Ce plan de réorganisation s’inscrira dans le plan de sauvegarde qui sera présenté au Tribunal de Commerce spécialisé de Montpellier à une date qui reste à définir. Par ailleurs, le 17 mars prochain, une audience aura lieu pour statuer sur une demande de nouvelle période d’observation de six mois.

Créé en 1995 par Chantal et Pierre Mestre, Orchestra a racheté en 2012 la société belge Prémaman, spécialisée dans les articles de puériculture. Multipliant notamment les ouvertures de points de vente sous enseigne Orchestra, l’entreprise a connu une belle envolée signant par exemple sur son exercice 2015/2016 une croissance de 17 % à 559,6 millions d’euros. A cette période, le groupe tablait même sur un chiffre d’affaires de 1 milliard d’euros en 2019, alors que son exercice fiscal 2018/2019 s’est clôturé par une baisse de 6,8 % de son chiffre d’affaires, à 570 millions d’euros.  

Selon Orchestra-Prémaman, la croissance du groupe a été freinée par les mutations du marché : baisse de la natalité, changement des modes de consommation avec l’avènement des marchés de l’occasion et de la seconde main, concurrence accrue avec l’arrivée d’acteurs digitaux... Le groupe français avait aussi souhaité dès 2015 se rapprocher du géant américain de la maternité Destination Maternity, mais les tractations ont tardé, pour finalement échouer fin 2017.
 
A noter enfin qu'après cette annonce de restructuration, la cotation reprendra le 18 février 2020.

 

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