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27 oct. 2010
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Palaces : batterie d'ouvertures à Paris

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Reuters
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27 oct. 2010

PARIS (Reuters) - Les palaces ont la cote à Paris: fort d'un regain d'intérêt massif pour ce type d'établissements, pas moins de quatre nouveaux hôtels de pur luxe sont annoncés dans la première ville touristique du monde.


Le nouveau Royal Monceau réinventé par Starck

Premier à ouvrir ses portes, ce mois d’octobre: le Royal Monceau, entièrement réinventé autour de l'art de vivre à la française et de l'art tout court sous la houlette du designer Philippe Starck.
Après deux ans de travaux et plus de 100 millions d'euros investis, l'hôtel proche de l'Etoile né en 1928 est métamorphosé.
Oeuvres d'art, livres, guitare acoustique et beaux meubles agencés "comme à la maison" ornent les 130 chambres et cinq suites proposées entre 780 et 20.000 euros la nuit.
"Les palaces en général sont segmentés par l'argent. Je pense que ces valeurs vulgaires sont obsolètes, je crois profondément à l'investissement dans l'intelligence", a dit Philippe Starck lors d'une conférence de presse organisée dans la salle de cinéma de l'hôtel - privilège unique en Europe.
Dans les mois qui viennent ouvriront le Shangri La de l'avenue d'Iéna, le Mandarin Oriental, dont les travaux ralentissent la circulation depuis des mois rue Saint-Honoré et le Peninsula, établi dans les locaux de l'ancien centre de conférences de l'avenue Kleber.
Le directeur général du Royal Monceau, Sylvain Ercoli, affirme accueillir ces concurrents avec sérénité.
"C'est tentant de déclencher la guerre des palaces mais, comme celle de Troie, elle n'aura pas lieu", a-t-il dit à la presse. "C'est ensemble qu'on va continuer à apporter à Paris son rayonnement culturel. Le client a un choix qu'il n'avait pas auparavant".
PAS DE CRISE POUR LES PALACES
Un choix qui passe par la bonne chère, chaque palace s'offrant les talents de chefs étoilés. Laurent André et Pierre Hermé pour le Royal Monceau, où l'on pourra aussi bien déguster un poulet de Bresse-purée que du pop corn "Ispahan" - rose, framboise, litchi.

Pas de crise pour les palaces, bien au contraire.

Place de la Concorde, le Crillon - 147 chambres – a affiché complet tout le mois d'octobre, tout comme son voisin le Bristol, depuis fin septembre.
Le Plaza Athénée a connu "un mois de juillet historique en terme d'équilibre entre taux d'occupation et prix moyen, du jamais vu depuis l'ouverture en 1913", annonce une porte-parole de l'hôtel de l'avenue Montaigne.
Au George V, le taux de fréquentation a atteint 90% cet été et s’était annoncé autour de 82% pour le mois d'octobre.
Autant d'établissements d'exception à la disposition des nantis du XXIe siècle.
Selon le dernier classement "World Wealth Report" de Merill Lynch et Capgemini, le nombre de millionnaires en dollars a de nouveau franchi la barre des 10 millions en juin.
Effaçant le recul de 2008, année de la crise, le nombre de personnes fortunées a augmenté de 17,1% en 2009.
La plupart sont originaires d'Asie.
De fait, les quatre nouveaux palaces parisiens sont gérés par des groupes asiatiques. Le singapourien Raffles pour le Royal Monceau, dont le propriétaire est une filiale du fonds qatari Diar.
"C'est un projet prometteur. Notre palace est différent et nous espérons travailler avec notre partenaire Raffles sur le long terme", a dit à Reuters un responsable du marketing de Qatar Diar, Ahmad Abdulla Alhamadi.
Pour l'architecte et décorateur Jacques Garcia, ce dynamisme montre que Paris redevient le phare du tourisme mondial.
"On a eu tendance à nous dire que la ville perdait de sa splendeur", a dit à Reuters l'auteur des décors des hôtels Costes, Majestic ou Fouquet's.
"Or, on n'ouvre jamais des palaces sans avoir fait une étude. Donc si tout cela se concentre à Paris, c'est que la ville redevient extrêmement dynamique."

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