Palomo Spain revient à Paris "pour y rester"

Le créateur espagnol de la griffe Palomo Spain a donné ce mardi le coup d’envoi de la Fashion Week masculine de Paris, qui se poursuivra jusqu’au dimanche 23 juin. Un retour symbolique dans la capitale française après une absence de plusieurs saisons : le designer n’avait pas défilé à Paris depuis janvier 2018.


Palomo Spain, collection printemps-été 2020

« Je suis revenu pour rester », affirme d’un ton ému Alejandro Gómez Palomo après son dernier défilé, dans les coulisses de l’un des salons de l’ambassade d’Espagne à Paris. « Quand on peut se le permettre financièrement, c’est à Paris qu’il faut être », martèle-t-il lors d’un entretien avec FashionNetwork.com. À 27 ans, il peut pourtant se vanter d’avoir aussi défilé à Madrid et New York, et même d’avoir fait partie de la dernière exposition du Met : « Camp : Notes on Fashion ». Tout évoquait l’univers de Palomo dans le bâtiment de l’avenue George-V, depuis les tapisseries de Goya aux tableaux de Madrazo, en passant par des pièces symboliques du patrimoine espagnol et par l’escouade de gardes civils postés aux portes d’entrée, sans oublier la chaleur digne de sa ville de Cordoue.

« Le sommeil de l’homme du futur », pouvait-on lire sur la carte de présentation du défilé de la collection printemps-été 2020, intitulée Pompeii. Pour l’occasion, Palomo Spain s’est doté d’une cour d’éphèbes paraissant s’extirper des cendres volcaniques, « émergeant depuis les profondeurs pour retrouver leur essence perdue et devenir les hommes du futur ». Fidèle au style d’origine plutôt aristocratique de la marque, cette collection marque pourtant une nouvelle ère et se caractérise par les changements apportés aux silhouettes. Une proposition intense et baroque dotée de lignes un peu plus décontractées que d’habitude et ayant pris en compte l’aspect commercial. Une transition que l’on pouvait ressentir dès les premiers looks nomades dans des tons sable et que l’on retrouvait dans les accessoires comme les sandales de gladiateur ou les sacs et sacoches banane en cuir.

Pendant ce défilé, la griffe, qui a récemment rejoint l’association Acme (Association des Créateurs de Mode d’Espagne), a mis les corsets à l’honneur, déclinés dans des couleurs allant jusqu’au violet métallisé. Les jabots simplifiés ou les blousons à manches ballon plus fluides que d’habitude étaient aussi remarquables. Mais impossible de ne pas mentionner les plumes appliquées sur les manches ou encore les pierreries, les franges, les mantilles et la dentelle évoquant immanquablement la culture espagnole. On notera aussi les capes et les robes en gaze vaporeuses, ainsi que l’imprimé à carreaux apposé sur les vêtements et accessoires.

« En fait, l’inspiration vient de Pink Floyd », commente Alejandro Gómez Palomo quand on le questionne à propos de Pompéi. La bande-son du défilé est d’ailleurs tirée des disques du groupe britannique. « Cette collection évoque vraiment le côté psychédélique des années 1970 et de toute cette génération. Au final, cela m’a permis de faire évoluer mon style vers une collection beaucoup plus contemporaine », explique-t-il avec émotion. Une ouverture de Fashion Week placée sous le signe de la transgression avec cette marque qui n’hésite pas à mélanger les genres pour les sublimer. Coïncidence ? La Gay Pride aura aussi lieu à Paris ce week-end.

Traduit par Clémentine Martin

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