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Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
25 janv. 2023
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Pari sur le brillant pour Georges Hobeika, Rahul Mishra et Giambattista Valli

Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
25 janv. 2023

Après les animaux sauvages de Schiaparelli, la haute couture parisienne s’est installée au Palais de Chaillot, place du Trocadéro. Un lieu emblématique des défilés dans la capitale française, aux pieds de la tour Eiffel. Une poignée de manifestants portant des drapeaux de la CGT ont accueilli le public de Georges Hobeika, emmailloté dans de luxueux manteaux en peau pour faire face au froid glacial, perché sur des sandales à talons vertigineux avec une bonne dose de tulle et de pierreries pour compléter le tout.

Georges Hobeika rajeunit





Georges Hobeika - Printemps/été 2023 - Haute Couture - France - Paris © ImaxTree - © ImaxTree


L’heure était donc aux contrastes: les manifestations contre la réforme des retraites se télescopaient avec le luxe de la haute couture, généralement aux antipodes du quotidien du commun des mortels.

La maison libanaise, fondée en 1955 par le designer du même nom, a présenté une collection plus jeune avec des looks pour homme et femme. Les premières silhouettes du défilé se caractérisaient par un gris satiné minimaliste, laissant rapidement place à des designs plus provocants: des combinaisons ajustées transparentes décorées de strass, des pièces en gaze et des brocarts structurés pour ces dames. Pour ces messieurs, des costumes d’un vert acide ou d’un bleu turquoise intense.

L’influenceuse allemande Leonie Hanne, réitérant son soutien à la marque, défilait vêtue d’une imposante robe verte en plumes voluptueuses. Un clin d’œil à la faune sauvage que l’on retrouvait dans d’autres looks évoquant l’oiseau de paradis ou le cygne noir. Des “naked dress“ plus douces se déclinaient dans des coloris dégradés.

“Cette collection parle des connexions: de l’unité, de l’amour, de l’amitié et de la famille. C’est une proposition très personnelle. Nous avons voulu refléter nos sentiments“, expliquait Jad Hobeika à FashionNetwork.com. Le fils du fondateur de la maison en est devenu le co-directeur artistique en juin dernier.

Fasciné, de son propre aveu ,par les plumes et les oiseaux, le jeune homme est revenu sur toutes les références et sources d’inspiration de la collection: “[L’]esthétique et [la] capacité de voler, de s’échapper et de faire partie de quelque chose de nouveau [des oiseaux] m’a toujours intéressé. Il m’a semblé fondamental de le refléter dans ma première collection officielle en tant que designer“, a-t-il poursuivi.


Georges Hobeika - Printemps/été 2023 - Haute Couture - France - Paris © ImaxTree - © ImaxTree


Après s’être formé dans les coulisses de la maison de couture de son père, Jad Hobeika sent que “rien n’a vraiment changé dans [son] travail au quotidien“. Mais cette nouvelle reconnaissance implique “une plus grande responsabilité, une conscience de l’importance de transmettre un message fort à travers les collections“.

Le jeune talent n’a pas hésité à faire défiler une drag queen, une décision peu commune dans la haute couture. Une rencontre qui a eu lieu grâce à Instagram. “C’est un luxe et un honneur d’avoir été invitée à cette expérience unique, c’est la première fois que je défile, avec un look de haute couture fait sur mesure. Je n’aurais jamais imaginé ça“, exultait Valentina en coulisses.

Connue du public depuis sa participation à la neuvième saison de l'émission Ru Paul’s DragRace, cette drag queen d’origine mexicaine espère que “cette visibilité aidera le collectif et ouvrira un chemin légitime d’acceptation pour celles qui suivront“.

Dans le public, les observateurs attentifs ont pu repérer des influenceuses comme Alexandra Pereira et Olivia Palermo. Paloma, la première gagnante de DragRace France, était également présente, portant un costume vert à stress et une perruque orange inspirée de Versailles. Kam Hugh, drag queen et maquilleuse reconnue, était aussi dans l’assistance.

Rahul Mishra s’inspire de l’univers




Rahul Mishra - Printemps/été 2023 - Haute Couture - France - Paris © ImaxTree - © ImaxTree


C’est dans l’un des luxueux salons du Westin Hotel rue de Castiglione que le designer indien Rahul Mishra avait donné rendez-vous à ses invités. Habitué des podiums parisiens depuis 2014, il a présenté une collection plus mature qui semble marquer une nouvelle étape pour la maison. Il y a seulement un an, elle signait une alliance avec Reliance Brands Limited, l’un des géants indiens de la distribution.

L’actrice Kelly Rutherford, connue dans le monde entier pour son rôle dans la série Melrose Place, et la médiatique Ashley Park alias Mindy Chen dans “Emily in Paris“, assistaient toutes deux à l’événement.

Proposant une mode circulaire basée sur l’éco-responsabilité culturelle, le créateur indien a confié à plus de 1.000 artisans indiens la confection de ses tissus brodés artisanalement ou de ses impressionnants diadèmes et couronnes dorés.

Ce maximalisme est habituel chez la maison de haute couture, qui signe des pièces voluptueuses d’inspiration naturelle: des mini-robes brodées d’éléments dorés créant une silhouette structurée évoquant un phénix sur le point de prendre son envol, des combinaisons brodées semi-transparentes, des épaulettes guerrières exagérées formant un plumage, des robes composées de superpositions de feuilles dorées et des looks bleu turquoise dont les ondulations rappelaient le mouvement des vagues.

“Mon inspiration vient de l’observation du ciel, des étoiles, de l’énigme de ce qui pourrait s’y trouver. J’ai voulu aller vers le cosmos, m’éloigner pour voir ce qui est petit d’un nouveau point de vue. C’est beau et cela change le sens et la forme des choses“, expliquait le designer indien à FashionNetwork.com. Originaire de Kanpur, il s’est aussi inspiré de la série “Cosmos“, sur Netflix.

Mais la collection multipliait aussi les références à la culture indienne millénaire. Le créateur aime citer un dicton populaire de sagesse ancienne: “Ce qui est à l’extérieur est aussi en toi“. Pour lui, il faut aller toujours plus loin et étudier les systèmes naturels, les mammifères, les oiseaux, les poissons, la végétation et l’eau avec un œil nouveau.

Tous les invités ont reçu un petit scarabée doré en cadeau: “Même s’il n’a besoin que de quelques centimètres carrés pour vivre, la feuille où il se trouve peut devenir son propre cosmos“.

“More is more“ chez Giambattista Valli




Giambattista Valli - Printemps/été2023 - Haute Couture - France - Paris © ImaxTree - © ImaxTree


Comme la plupart des défilés de ces derniers jours, cette présentation a commencé environ 45 minutes en retard. Bercé d’une musique chaleureuse, le public était installé dans une salle blanche rectangulaire sur la très chic place Vendôme. Giambattista Valli a de nouveau joué avec les éléments les plus emblématiques de son ADN, prouvant une fois de plus que “more is more“. L’influenceuse Lena Situations, l’actrice Hiba Abouk et la célèbre journaliste Anna dello Russo faisaient partie de l’assistance.

L’année dernière, la maison italienne a célébré ses dix ans de défilés haute couture. Pour cette onzième année, l’opulence était au rendez-vous avec des volumes exagérés, d’énormes rubans voluptueux en soie, des capes à longue traîne, des franges en organza, des plumes d’autruche créant des drapés et même des combinaisons brillantes et irrévérencieuses, enveloppées de tulle fluo.

Les plissages et les drapés s’entremêlaient, laissant place à un look qui a fait crépiter les flashs: une silhouette ajourée en lamé doré, revendiquant les influences pop chères au créateur italien. Une impressionnante robe dont l’immense jupe a nécessité des mètres et des mètres de tulle saumon et de soie créait un effet d’optique intéressant. Une série de robes ultra-courtes évoquaient des fleurs fuchsia et rouge écarlate.

Le spectacle était soigné dans ses moindres détails: le maquillage, impeccable, avait été confié à Ismaya French. Du côté des accessoires, les boucles d’oreilles en perles XXL accompagnaient des boléros brodés de pierre de style toréro et des petits gilets.

Après plus de 40 looks, cette maison soutenue par Artemis (le véhicule d’investissement de François-Henri Pinault) a conclu son défilé avec une tenue de mariée revisitée, composée d’une mini-veste brodée de cristaux et d’un pantalon palazzo structuré en soie, portés avec une voluptueuse cape en tulle drapé.

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