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Paris a connu une deuxième session en demi-teinte

Publié le
today 12 mars 2019
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Après une édition d’octobre plutôt correcte, la session de mars des salons n’a malheureusement pas confirmé de dynamique globale pour les rendez-vous BtoB mode parisiens. Les trois événements qui se tenaient en marge de la Fashion Week femme, du 1er au 4 mars, n’ont ainsi pas connu de rebond de leur fréquentation par rapport à mars 2018, qui était plutôt morose.
 

La nouvelle scénographie introduite par Première Classe sur son édition de mars 2019 - FashionNetwork.com


Dans le détail, un fait s’impose : ce positionnement à la toute fin du calendrier commercial sert davantage l’accessoire que le prêt-à-porter. Ce dernier segment a davantage été pénalisé par un trafic globalement assez calme pendant cette Fashion Week.

Un constat qui explique probablement le bilan plus positif tiré par Première Classe, qui a clarifié son positionnement sur le segment avec cette seule marque ombrelle historique et reconnue en deuxième session comme le rendez-vous leader de l’accessoire. L'organisateur, WSN Développement, revendique une fréquentation stable par rapport à l'an dernier, mais des évolutions positives dans la direction que prend l'événement. La nouvelle scénarisation de l'offre en « microclimats » différents sous chacune des trois tentes ainsi qu'une nouvelle scénographie plus rythmée ont en effet été saluées par les exposants.

« Le travail sur la direction artistique est bon, cela va dans le bon sens », estime Frédéric Maus, dirigeant du salon. « Il y a une vraie cohérence derrière le rebranding que nous avons mené, en inscrivant clairement Who's Next à la Porte de Versailles et Première Classe ici aux Tuileries. Nous voulons travailler encore les respirations dans la circulation sur le salon, notre objectif, c'est que ce lieu donne envie aux acheteurs de venir y faire une pause, voire même d'y revenir plusieurs fois pendant le week-end », explique-t-il. 

A Première Classe, après plusieurs saisons de recul, le visitorat français a par ailleurs repris de l'importance. Il a pesé sur cette édition près de 44 % du total des visiteurs.

Même constat au Tranoï, où là aussi les Français se sont montrés un peu plus nombreux cette saison. Une progression de quelques points que l'on n'avait pas vu depuis longtemps lors de cette seconde session très internationale. Mais au global, entre le Carrousel du Louvre et le Palais de la Bourse, la fréquentation du Tranoï a néanmoins reculé. Un constat fait par les exposants qui ont jugé le rendez-vous trop calme, notant un recul du nombre de visiteurs internationaux corroboré par les organisateurs.

Chez Woman, place Vendôme, le format plus condensé du rendez-vous et plus ciblé sur un type d'acheteur protège peut-être davantage des ressacs des Fashion Weeks. Toujours est-il que le rendez-vous a revendiqué une stabilité de son visitorat et là encore le constat de la prédominance de l'accessoire en matière de business à la fin de la saison commerciale. « Aujourd'hui, les marques qui marchent bien en mars, ce sont celles qui présentent de l'accessoire. Les griffes de prêt-à-porter sont donc de plus en plus volontaires pour exposer plus tôt, en janvier, sur notre format mixte Man/Woman. Il faut donc que le format Woman de mars trouve sa complémentarité dans ce calendrier », explique Antoine Floch, qui a par ailleurs repoussé son édition tokyoïte planifiée initialement fin mars à la saison prochaine, en octobre.
 
Les calendriers, les positionnements et les aléas de l'actualité comme la mobilisation des gilets jaunes et ses effets directs (le blocage du quartier des salons le samedi) et indirects (l'effet repoussoir auprès des visiteurs internationaux) : autant de challenges pour les organisateurs de salon. « Evidemment, il y a les gilets jaunes, mais nous ne pouvons pas toujours répéter ça... Nous ne nous voilons pas la face », affirme David Hadida, dirigeant du Tranoï. « Nous voyons  bien ce qui se passe sur le marché, nous savons bien que les salons doivent évoluer. Nous y travaillons et dans les mois qui viennent, nous prendrons des décisions fortes, voire drastiques, pour faire bouger le modèle tel qu'on le connaît », prévient celui qui prépare par ailleurs un premier événement BtoB à Shanghai.

Mais là, c'est bien de l'attractivité de Paris qu'il s'agit, pour David Hadida : « Il faut encore et encore se serrer les coudes, trouver des synergies et surtout remettre de la vie ». « On a bien senti sur cette édition que Paris est plus morose qu'auparavant. Nous faisons de la mode, pas de l'aéronautique ! La Fashion Week doit être une fête. Il faut qu'on trouve comment refaire briller Paris », conclut David Hadida.

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