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Publié le
7 mars 2022
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3 minutes
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Paris: la street couture de Givenchy, le chic décomplexé de Giambattista Valli

Publié le
7 mars 2022

A l’avant-dernier jour de la Fashion Week de Paris dédié au prêt-à-porter féminin pour l’automne-hiver 2022/23, les grandes tendances se font plus claires. La grande attention envers la Gen Z semble conditionner notamment les couturiers avec des collections pensées pour les consommatrices les plus jeunes, que ce soit dans une veine sport ou streetwear comme chez Givenchy, ou plus couture comme chez Giambattista Valli.
 

Givenchy, automne-hiver 2022/23 - © PixelFormula


C’est une collection sombre et puissante qu’a livré Givenchy, dimanche soir, dans l’espace de Paris La Défense Arena. Au moment où débute le défilé, le lourd tapis noir recouvrant le podium est retiré dévoilant, en sous-sol, une imposante structure en acier où déambulent les mannequins, vus d’en haut à travers un sol en verre, avant d’émerger à la hauteur du public, assis sur des gradins en forme de croix entourés de quatre écrans géants renvoyant une lumière blanche aveuglante.

Femmes et hommes gantés, le regard caché par une casquette, défilent dans des looks sombres, notamment en noir, kaki, gris et bruns. Un vestiaire clairement inspiré de la rue, rehaussé de bijoux et lunettes futuristes. Vestes ou blousons bombers s’enfilent sur des débardeurs, tee-shirts, sweaters et autres pulls superposés, affichant des graphismes de type Heavy Metal. Les filles ont les jambes enserrées dans des leggings en cuir ou latex couvrant d’étranges chaussures (disproportionnées vers l’arrière), tandis que garçons semblent plus à l’aise dans des survêtements ou pantalons baggy en cuir, casquettes de baseball et cagoules à visières fixées sur la tête.

Dans le registre streetwear, les filles endossent aussi des jeans délavés ou effilochés (ou décorés de perles au choix) avec de simples tricots manches longues blancs, tout comme les hommes. Pour le soir, elles privilégient le cuir dans un esprit dark et opte parfois pour d’infinis manteaux noirs flottants et enveloppants, faisant penser aux protagonistes du film d’anticipation Matrix. le directeur artistique Matthew William explique vouloir "faire des vêtements que les gens portent".

La deuxième partie du show s’oriente sur des pièces plus couture avec une série de petites robes corolles en maille, à bord plissé, volanté ou ébouriffé de fronces, où apparaît soudain la couleur (bleu ciel, jaune d’or, mauve). Le designer travaille aussi sur des éléments inspirés des archives de la haute couture d'Hubert de Givenchy, telles ces broderies de chardon noir et les perles, qui composent un haut frangé, ainsi que des robes précieuses réalisées en grosses perles rondes blanches cliquetantes.


Giambattista Valli, automne-hiver 2022/23 - DR


Les détails précieux, dans la grande tradition de la couture, sont aussi, et plus que jamais, au rendez-vous chez Giambattista Valli, qui réinterprète cette saison ses riches créations dans un esprit plus jeune. Juchées sur de très hautes plateformes, en collants opaques, blanc ou colorés ton sur ton avec leurs tenues ultra courtes, les mannequins se cachent derrière des lunettes noires trop grandes pour elles.

Différents styles et savoir-faire s’entrechoquent, des costumes en tapisserie d’Aubusson aux ensembles à imprimé léopard, en passant par de mini robes blanches à boutons dorés ou des looks plus décontractés, comme ce pantalon palazzo associé à un long manteau shearling décoré de frises brodées. "J’ai repris cette féminité libre et décomplexée typique des femmes françaises pour la transposer chez les jeunes d’aujourd’hui. Un peu comme la naissance d’une nouvelle femme. A cela s’ajoute ma passion pour l’artisanat, qu’il faut soutenir le plus possible, et toutes ces stratifications artistiques cumulées depuis des siècles", résume le styliste italien.

Le soir, les jeunes filles Giambattista Valli sortent leurs souliers argentés et strassées ou leurs immenses cuissardes python pour aller danser dans des robes tantôt sages en guipure vert d’eau, tantôt précieuses en dentelles noires ou couvertes, au choix, de grosses paillettes argent ou de micro-baguettes translucides. Elles hésitent parfois entre un ensemble culotte-top orné d’écailles roses ou des robes drapées, en soie blanche imprimée de roses ou rouge coquelicot. Lorsqu'elles veulent exagérer, elles plongent dans des nuages de tulle.

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