Paris rend hommage à Marie-Laure de Noailles

Paris a rendu hommage à Marie-Laure de Noailles ce mardi avec une journée de lectures, d’expositions et de performances, un hommage français unique à la légendaire mécène qui a financé de Jean Cocteau, Balthus et Alberto Giacometti à Dali, Jean-Michel Frank et Luis Buñuel.


Collage de 1938 par Marie-Laure de Noailles, La Nostalgie de Mozart

Le coup d’envoi a été donné à la galerie Pierre Passebon avec un livre intitulé Charles et Marie-Laure de Noailles ; mécènes du XXe siècle, un brillant récit de la vie remarquable de ces deux mécènes aristocrates, rédigé par Alexandre Mare et Stéphane Boudin-Lestienne. En cette journée riche en activités, le Musée des Arts Décoratifs du Louvre a dédié toutes ses fenêtres de la rue de Rivoli à Marie-Laure de Noailles, alors que dans la soirée, des lectures, performances chorégraphiques et cocktail piano concert étaient organisés à la Maison Baccarat. Le père de Marie-Laure, le banquier et quaker juif Maurice Bischoffsheim, a construit la superbe bâtisse où elle tenait le dernier salon artistique des années du Paris d’après-guerre, fréquenté par Pablo Picasso et Henri Matisse.
 
« A l’époque où Charles et Marie-Laure débutent, il n’existe aucun ministère de la Culture, ni en France, ni ailleurs. Ainsi, dans la réalité des faits, c’est le rôle qu’ils ont tous les deux tenu, des ministres de la Culture en avance sur leur temps », a précisé Jean-Pierre Blanc, le président du Festival International de mode et photographie de Hyères, où est remis le prix le plus important pour les jeunes talents du secteur de la mode. Le festival a lieu dans la Villa de Noailles, construite dans les années 1920 par Marie-Laure et Charles dans la ville la plus méridionale de Provence.
 
A la galerie Passebon, l'actrice Amira Casar lit les lettres, les poèmes et la prose de Marie-Laure de Noailles, qui avait un style merveilleusement fluide, même si parfois acide, dans sa prose.
 
« Elle représente le summum de la sophistication. Son goût, les artistes qu’elle a choisis d’aider, ses connaissances en art et architecture, elle était unique », a commenté le galeriste Pierre Passebon, qui accueille une exposition d’objets lui appartenant. De superbes portraits en noir et blanc de Marie-Laure par Horst, Dora Maar ou Man Ray, aux peintures pastorales abstraites de cet artiste unique, tout y est.
 
« Elle n’était pas très bien traitée par sa propre classe sociale. Ils voyaient en elle une excentrique. Mais lorsque l’on considère le calibre des grands artistes qu’elle a aidés, on se rend bien compte qu’ils avaient tort », a ajouté Pierre Passebon.


La Villa de Noailles

La longue journée d’hommage s’est conclue au Silencio, le club en sous-sol réalisé par David Lynch, avec des projections de films financés par Marie-Laure de Noailles ou tournés dans sa villa par Man Ray et Jacques Manue ; une exposition de portraits ; des DJ sets et d’autres performances chorégraphiques.
 
« Comme on dit en français, elle huilait les rouages, et dans son cas, de très bons rouages. Et, c’est ce qu’elle fait à nouveau ce soir », a conclu en souriant l’auteur Alexandre Mare.

Traduit par Sonia Broyart

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