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13 nov. 2020
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Patatam avance à grandes enjambées sur le boulevard de la seconde main

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13 nov. 2020

Friperie en ligne née il y a sept ans au Pays basque, Patatam est devenue en moins d’un an un solide prestataire et fournisseur pour diverses enseignes de mode et de supermarchés se lançant dans le grand bain de la mode d’occasion. Une activité florissante qui permet à l’entreprise de voir beaucoup plus grand: malgré la crise sanitaire, elle vient de changer de locaux, prévoit de déployer son réseau à l’enseigne Patatam et accélère l’ouverture de corners dans les hypers. De 3 millions d’euros de chiffre d’affaires généré sur l’exercice 2019/20, l’entreprise prévoit d’atteindre 15 millions dès 2020/21.


Le corner seconde main du magasin Auchan de Bordeaux Mériadeck. - DR


Se présentant comme l’un des leaders européens du traitement de la mode de seconde main, l’atout de Patatam est d’assurer la collecte, le tri et la valorisation des vêtements dont les consommateurs se séparent. Un processus assuré dans son tout nouveau site installé dans les Landes, à Hastingues. "Nous sommes passés de 1.500 à 3.500 mètres carrés d’entrepôt, précise Eric Gagnaire, le cofondateur de Patatam. De 25 salariés en début d’année, nous employons aujourd’hui 70 personnes et on devrait franchir la barre des 150 salariés en 2021".

Cette montée en puissance est notamment soutenue par l’appétit des grands distributeurs alimentaires, qui souhaitent implanter de la mode d’occasion dans leurs rayons non alimentaires en perte de vitesse. Après un tout premier test dans un hyper Auchan initié en février dernier, ce sont désormais 45 magasins du réseau Auchan en France qui possèdent un espace de vente de vêtements d’occasion géré par Patatam. La cadence est fixée à une vingtaine d’ouvertures par mois.


Le nouvel entrepôt de Patatam, à Hastingues, dans lequel transitent les vêtements collectés. - DR


Surtout, l’entreprise a séduit d’autres acteurs alimentaires: elle s’est installée en octobre dans des hypers Carrefour et Système U, et arrive bientôt chez Leclerc et Cora. Une razzia. "Ils sont tous en train de trouver de la place dans leurs points de vente pour installer des corners de seconde main", se félicite le dirigeant, qui affirme que, malgré le confinement (et donc la fermeture des rayons textiles dans les hypers), la collecte de vêtements auprès des clients a continué à bien fonctionner. Celle-ci s’effectue par le biais de sacs spéciaux, contre lesquels les clients (s'ils les remplissent de vêtements à donner) peuvent bénéficier d’un bon d’achat de cinq euros dans tout le magasin. 

De nouveaux acheteurs de seconde main



"65% des clients de ces corners sont des nouveaux acheteurs de seconde main. Ils appartiennent à une frange de population qui n’avait pas accès à la mode d’occasion, ou passent à l’achat car les articles d’occasion sont présentés dans un lieu de confiance, à savoir leur hypermarché habituel", contextualise Eric Gagnaire, soulignant qu’il est important pour de nombreux consommateurs de pouvoir toucher les produits.

Dans ces corners, des articles de mode milieu de gamme sont commercialisés: ils affichent des prix fixes pour chaque typologie de produit (huit euros la robe, trois euros pour un top…), et pour toutes les marques (Zara, Promod…). Ce n’est toutefois pas le même principe qu’applique Patatam dans ses espaces de mode d’occasion installés cette année chez Kiabi et Gémo: un système de dépôt-vente a été privilégié. "Cela signifie plus de marge qu’en hypermarché pour nous, car l’enseigne n’achète pas nos stocks, nous les vendons directement sur place".


Le tri des articles collectés est effectué par les salariés de l'entreprise. - DR


Multipliant les points de contact avec les consommateurs, Patatam a également ouvert en août dernier sa première boutique à l’enseigne, dans le centre commercial BAB2 d’Anglet. Un point de vente de 150 mètres carrés réunissant des vêtements d’occasion homme, femme et enfant. "Cinq nouveaux magasins Patatam vont être inaugurés en France dans les prochains mois, toujours en partenariat avec la foncière Carmila, qui gère les centres commerciaux des hyper Carrefour", annonce Eric Gagnaire, jetant là les bases d’un premier réseau d’enseigne dédié à la seconde main.

Pour finir, Patatam a également décidé de s’allier à des pure-players du web: la société et ses articles de seconde main sont référencés sur Cdiscount depuis cet été, tandis qu’elle annonce pour 2021 une collaboration avec un grand acteur e-commerce de l’habillement, dont elle ne dévoile pas encore le nom.

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