×
7 115
Fashion Jobs

Paul-Henri Cécillon (New Look France) : "Ce réseau de 30 magasins peut intéresser un groupe international qui arrive en France"

Publié le
today 5 mars 2019
Temps de lecture
access_time 3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

Arrivé au chevet de New Look France en novembre dernier, Paul-Henri Cécillon a annoncé il y a quelques jours la mise en vente de l’activité tricolore de l’enseigne de mode britannique, qui compte 30 magasins et emploie 373 personnes. Le dirigeant, qui pilote le cabinet Phinancia - spécialisé dans le retournement d’entreprises -, détaille aujourd’hui à FashionNetwork.com les raisons de cette décision, entre chute des ventes et restructuration de la maison mère. Et évoque les possibles issues de cette recherche de repreneurs, avec des candidats qui se sont déjà manifestés.


Paul-Henri Cécillon a pris la direction de New Look France en novembre 2018. - DR


FashionNetwork.com : Pourquoi chercher un repreneur pour New Look France ?

Paul-Henri Cécillon :
C’est une décision logique, dans un contexte de mutation du groupe New Look, qui fait face à une restructuration financière importante et a choisi de se focaliser sur son marché domestique. Nous avons étudié les différentes options pour sortir de ce marché français et la mise en vente est une stratégie adoptée par beaucoup d’acteurs du mass market, où la concurrence est intense. En France, le constat est que New Look accuse une baisse de chiffre d’affaires, ainsi qu'une érosion de ses marges, alors que ses charges fixes s’élèvent. Ce qui remet en question son modèle économique.

FNW : Quels atouts possède l’activité hexagonale de New Look pour la vente ?

PHC :
Les magasins sont très bien localisés et les équipes combatives. Rien à voir avec la situation en Belgique (où l’enseigne a mis en faillite sa filiale, ndlr), je suis convaincu qu’il y a de quoi trouver une solution par le haut et nous n’envisageons pas d’autre option juridique. Le processus démarre et nous souhaitons avoir finalisé l’opération à l’été 2019. Pour mener à bien la mission de sauver les magasins et le plus d’emplois possible.

FNW : Quel type d’acquéreur souhaitez-vous attirer : un acteur financier, un retailer ?

PHC : C’est très ouvert et nous nous adapterons à toutes les opportunités, avec évidement l’objectif de privilégier une reprise plutôt globale de l’entreprise en France. Toutes les offres seront étudiées, qu’elles émanent de personnes du secteur ou non. Nous savons que ce nous avons en main est intéressant. Ce réseau de 30 magasins peut par exemple intéresser un groupe international qui arrive en France. Et pas forcément dans le domaine de l'habillement.

FNW : Avez-vous déjà reçu des offres ?

PHC :
Dès l’annonce vendredi dernier, j’ai enregistré de premiers contacts de retailers témoignant leur marque d’intérêt. Le process est très professionnalisé, un expert des cessions d’entreprises a été mandaté et une data room a été ouverte.

FNW : Un magasin, celui de Calais, avait dans un premier temps été fermé à l’automne. France 2 révèle dans un reportage qu’il vient de rouvrir : pour quelle raison ?

PHC : Depuis mon arrivée, le seul objectif a été de relancer ce magasin. Il a bel et bien rouvert ses portes lundi. Nous avons pour cela réussi à négocier avec le bailleur. Il a d’ailleurs connu une bonne journée de reprise. Ce qui est sûr, c'est qu’il y a davantage de chance de trouver une issue positive au dossier si tous les points de vente fonctionnent.

FNW : Quelle est votre feuille de route d’ici la possible cession ?

PHC : Je vais employer une expression anglophone : business as usual. Les magasins sont toujours livrés et le mois de février a été correct pour l’enseigne. Nous espérons un maintien de ce rythme, sans avoir recours à des vagues de promotions. D’ailleurs, les rabais sont un peu moins pratiqués, en essayant de vendre un produit à son juste prix. L’activité française est très liée à la maison mère britannique, c’est certain, mais nous avons tout de même les pleins pouvoirs depuis la mise en place du comité exécutif constitué avec l’arrivée de Patrick Birault (ressources humaines) et de Jean-Philippe Blasco (direction des opérations). Ce qui assure plus de présence sur le terrain.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2019 FashionNetwork.com