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Petites quantités : les salons textile à l'heure du changement de paradigme

Publié le
today 4 févr. 2020
Temps de lecture
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La quête de matériaux n'a jamais été une mince affaire pour les jeunes designers, dont les faibles besoins retiennent difficilement l'attention des fabricants présents dans les grands salons de l'amont, dont les rendez-vous parisiens se tiennent la semaine prochaine. Des salons qui ont progressivement entrepris de remédier au problème en mettant en avant les fournisseurs qui acceptent de livrer des petites quantités, avec parfois seulement 5 mètres de matière. Une sensibilisation des industriels nécessaire pour ces petits acheteurs, qui souffrent encore d'un certain déficit d'informations.


Shutterstock


L'heure est à la réduction des volumes de commandes chez les marques, désireuses de rapprocher la production des ventes réelles. Une rationalisation qui s'impose d'elle-même pour les jeunes acteurs, naturellement contraints dans leur budget dédié à l'approvisionnement, et qui peinent à trouver porte ouverte du côté des fabricants industriels.

Le problème n'est pas nouveau, et les créateurs se sont de fait historiquement rabattus vers les fins de série et stocks dormants des fabricants et grossistes, jouant de leur ingéniosité créative pour en tirer le meilleur parti. Une réalité qui a commencé à changer pour plusieurs raisons : les difficultés rencontrées par les industriels eux-mêmes, d'une part ; et de l'autre, la détermination d'une nouvelle génération de petites marques, dont les fameuses DNVB (Digital Native Vertical Brand), à ne plus se brider dans leurs ambitions, qu'elles soient créatives ou écoresponsables.

"Cela a été une belle surprise pendant cette édition de voir, parmi tous les nouveaux clients, beaucoup de jeunes créateurs qui venaient pour la première fois à la rencontre de nos fabricants", nous explique Laurence Nérée, commissaire générale du salon Interfilière, à propos de la dernière édition du 13 au 15 janvier. Dédié à l'amont du marché de la lingerie, du sportswear et du bain, le rendez-vous professionnel parisien proposait parmi ses 185 exposants près d'une vingtaine de structures ouvertes aux fameuses "petites quantités".

Une offre amenée à prendre de l'envergure, selon l'organisateur Eurovet : "Il y a un nombre croissant de fabricants qui, désormais, nous indiquent être prêts à s'adapter à ces commandes de taille réduite, rapporte Laurence Nérée. C'est une évolution qui est dans l'ordre des choses, au regard des résultats du secteur et des changements de mentalité."

Ce changement de paradigme peut-il être le creuset d'une jeune création renforcée ? Directrice du service entreprises de la Fédération du prêt-à-porter féminin, Priscilla Jokhoo accompagne depuis 2011 les jeunes créateurs du secteur dans leur développement. Sans surprise, parmi les embuches récurrentes rencontrées par ces professionnels, figure la difficulté d'approvisionnement.

"Ils galèrent !, confie la responsable. Mais ils savent se débrouiller : c'est important d'avoir des contraintes, notamment quand on fait un plan de collection. Mais l'innovation est un moyen de différenciation pour ces jeunes marques. Or, si vous êtes contraints dans votre choix de matières par vos besoins en termes de quantité, il devient difficile de se démarquer. Se surcharger en stock est suicidaire, qu'on soit une petite ou une grande marque. Et se cantonner aux fins de séries et stocks dormants offre une ouverture restreinte, car il sera impossible de faire du réassort en cas de succès. Donc si l'on offre plus de flexibilité à ces marques, on obtiendra plus de créativité. C'est tout l'intérêt d'avoir une chaîne de valeur qui se fasse confiance."

Certains fabricants acceptent des commandes de tissu de moins de 100 mètres



Salon parisien d'approvisionnement textile à forte offre asiatique, Texworld avait très tôt identifié les jeunes créateurs comme un public à séduire. C'est ainsi que furent déployés au début des années 2010 les premiers parcours dédiés aux petites quantités. Une offre qui, dès le départ, a atteint une centaine d'entreprises et qui sera à nouveau présente à l'occasion de la prochaine édition qui se tiendra au Bourget du 10 au 13 février prochains et qui concerne désormais les salons Apparel Sourcing et Leatherworld. Avec, sur le rendez-vous, des fabricants acceptant désormais de vendre dans des quantités allant de 50 à 100 mètres. Et parfois moins, nous confie même Barbara Kurdziel, directrice des salons Texworld et Advantex.


Texworld (septembre 19)


Pour la responsable, cette évolution des salons professionnels s'inscrit dans un phénomène plus vaste : "Quelque chose est clairement en mouvement. C'est notre rôle de sensibiliser d'un côté les fabricants, dont beaucoup cherchent une image plus mode, qu'ils peuvent avoir via les créateurs. Et de l'autre d'accompagner les créateurs via des interlocuteurs dédiés pour les guider, notamment dans le cadre de notre partenariat avec Esmod International". Barbara Kurdziel fait par ailleurs le lien avec la durabilité. "Les matériaux responsables sont plus chers, et peuvent donc se vendre en petites quantités, ce qui s'inscrit dans les ambitions de nombreux jeunes créatifs."

Avec son offre à dominance historiquement italienne, Première Vision a de son côté accéléré son positionnement sur ces petites quantités en janvier 2018. Son offre propose désormais près de 300 entreprises acceptant des commandes partant à moins de 50 mètres, et montant jusqu'à 300 mètres. Une offre là encore transversale aux différents univers du rendez-vous (textile, cuir, fils…).

"Nous avons beaucoup d'industriels qui trouvent qu'il y a trop de jeunes créateurs et marques sur le salon, confie le directeur général de Première Vision. Mais nous avons toujours porté l'idée que l'on doit préparer l'avenir, en accompagnant la naissance de nouvelles marques. Certains industriels ont en revanche une vraie stratégie autour des jeunes générations, et s'adaptent par exemple aux besoins de séries plus petites. Ce qui a notamment changé, c'est que les contraintes des créateurs en termes de style sont désormais acceptées si c'est pour ne pas faire de compromis sur des valeurs comme l'écoresponsabilité ou le made in France."

Les créateurs s'unissent pour faire des commandes groupées



Certes les rendez-vous textile s'adaptent de manière croissante. Mais, les créateurs se sont en parallèle fait forts de prendre les devants pour contourner la case "salons". Ces jeunes structures font désormais émerger des structures visant à remédier aux problèmes d'approvisionnement. C'est le cas de la French Fashion Union, association née d'un simple groupe Facebook où des étudiants en mode s'échangent les "bons plans" en termes de recherches de matériaux (relire notre article dédié). S'y organisent même périodiquement des expéditions groupées chez des fabricants et grossistes, afin d'atteindre, par effet de cumulation, le minimum de commande requis.


PVP


"Beaucoup de créateurs n'ont plus peur d'avouer sortir des salons textiles frustrés, car ils veulent acheter, mais ne trouvent pas d'offre, voire ne sont mêmes pas reçus sur les stands", nous explique Morgan Bancel, cofondateur de la French Fashion Union qui, dans le cadre d'un partenariat avec Première Vision, mènera une délégation de quinze créateurs sur le prochain salon. "C'est comme sur le marché du recrutement : il y a sans doute des gens prêts à travailler avec nous, mais il est difficile de les trouver."

Interrogés sur les fabricants acceptant les très petites commandes, un nom revient souvent à la bouche des gens du milieu : Malhia Kent. L'entreprise de Neuilly-sur-Seine, qui propose 2 000 tissus par collection et officie à 70 % à l'export, accepte en effet les commandes dès 5 mètres. Pour permettre aux grandes maisons de tester les matériaux, mais également pour répondre aux besoins spécifiques des jeunes acteurs. Une approche qui implique cependant pour le fournisseur d'adopter une gymnastique très différente de prise de commandes et de suivi.

"Par rapport à nos confrères de l'industrie, cela implique d'être hyper réactif et organisé", nous explique la directrice commerciale de la société, Alexia Corrigan. "Quand on fait cinq mètres, cela implique de rester devant la machine. Il faut donc plus de monde, et donc cela a un coût". Exposant à l'année sur une dizaine de salons, de Première Vision Paris à Intertextile Shanghai, l'entreprise voit dans la difficulté des salons à séduire les jeunes créateurs la conséquence d'une évolution plus vaste. "On va désormais plus sur les salons pour faire du business que pour un savoir-faire", pour Alexia Corrigan. "C'est devenu plus industriel que par le passé, et les petits créateurs se retrouvent lâchés dedans."

Des jeunes créateurs accompagnés pour s'y retrouver dans l'immensité des salons textiles



Un constat sur lequel Priscilla Jokhoo abonde seulement en partie. "Le problème est qu'effectivement, ces salons étant énormes, il s'avère très compliqué pour les créateurs en termes de repérage", résume la responsable de la FFPAPF. "C'est notamment pour cela que nous organisons nous-mêmes des visites pour les créateurs de notre programme Talents (programme d'accélération soutenu par le Défi). Néanmoins, les salons font déjà cet effort en s'adaptant progressivement pour ces jeunes profils. Reste qu'il faudrait désormais une communication plus offensive auprès des créateurs sur ce sujet-là, afin de démocratiser davantage ces différents parcours qui leur sont dédiés."


L'entreprise francilienne Malhia Kent accepte les commandes à partir de cinq mètres de tissu - Malhia Kent


Alors que se dégage une tendance à la déconsommation d'habillement et à une mode plus responsable, l'industrie textile mène simultanément de nombreux combats pour assurer une certaine pérennité.

Un avenir qui se fera, par définition, sur les commandes des jeunes créateurs qui auront porté leurs marques assez haut ou rejoint des grandes maisons. Le chemin fait par les industriels dans leur direction, avec les salons comme entremetteurs, relève d'une nécessité aussi bien pratique que symbolique. Mais, de la passerelle existante, il s'agit encore de créer un pont.

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