Philippe Périssé grandit avec une boutique à Paris

Philippe Périssé consolide sa marque avec une première boutique à Paris. Depuis qu’il a lancé sa maison en septembre 2014, après de multiples expériences auprès d’autres labels, le designer de 35 ans a fait grandir son projet avec cohérence et succès. Il peut enfin présenter l’ensemble de son univers au public parisien avec l’inauguration à la fin du mois de novembre d’un espace de 35 mètres carrés, situé 55 rue des Gravilliers dans le IIIème arrondissement, à deux pas du centre Beaubourg.
 
La robe "Gold" pour l'automne-hiver 2018/19 - Philippe Périssé

A l’occasion de cette ouverture, le créateur va dévoiler son premier modèle de sac, dont le rabat prend la forme d’un bull terrier en référence à Beau, son chien, transformé en emblème sympathique de la maison. Une sorte d’alter ego ludique du créateur. Le Beau Bag, tel qu’il a été baptisé, a été réalisé avec l’artisan maroquinier Florian Sicard, créateur d’Etablissements Pardi. La boutique accueille aussi les accessoires d'autres créateurs avec lesquels Philippe Périssé collabore : entre autres, les bijoux de Marion Fillancq et les céramiques et broderies en porcelaine de Sophie Masson.
 
Adepte des coupes structurées donnant une allure à la femme, où l’on retrouve une influence des années 1980 et un écho rétro de l’entre-deux-guerres, Philippe Périssé aime à qualifier son style « d’acéré, mais d’extrêmement féminin ». Passionné de mode depuis toujours, ce fils de médecins, dont une arrière-grand-mère était modiste et l’autre bonnetière, est aussi un fan de l’uniforme militaire, qui influence énormément son travail.
 
« Au-delà de l’uniforme en tant que tel, je travaille beaucoup sur les fonctions de l’habit militaire, qui est à la fois fonctionnel et statutaire, c’est-à-dire qu’il a une fonction de statut. Je travaille donc aussi sur l’estime de soi. Je n’habille pas simplement des filles ou des dames, j’habille avant tout les femmes », explique le styliste à FashionNetwork.com.
 
Philippe Périssé et sa mascotte, le Bull Terrier Beau - DR

Pas du tout street, très tendance tailleur, avec les épaules et la taille bien marquées, les coupes rigoureuses de Philippe Périssé, au chic masculin et au charme féminin, n’ont rien à voir avec la silhouette relâchée et oversize d’aujourd’hui. « Lorsqu’une femme endosse mes vêtements, son corps se transforme. Je la vois se redresser, bomber le torse ! Sans que le vêtement soit contraignant pour autant. Je porte une grande attention à la portabilité », glisse le créateur, qui considère ses clientes, allant de 25 à 75 ans, comme les héroïnes d'incroyables histoires.
 
« Je suis davantage un conteur qu’un designer. J’ai une vision très cinématographique. Je conçois mes collections comme des films d’aventure dont la femme est l’héroïne. Je crée donc des vestiaires, plus que des collections, pour tous les personnages de ces récits imaginaires », raconte-t-il. Cette histoire initiale prend d’abord forme sur un foulard, dessiné chaque saison, qui servira ensuite à décliner les imprimés de la collection.
 
A côté du foulard, le créateur a développé une ligne de nœuds papillon, en vue de recycler les chutes de tissus, avec l'entreprise Boivin, l’un des derniers cravatiers parisiens. « Lancé comme un jeu, ce produit est devenu la signature de la maison. Nous proposons aussi des nœuds papillon bijoux réalisés avec Eric Charles Donatien, qui développe pour nous depuis le début des broderies de plumes et des bijoux », poursuit Philippe Périssé.
 
Fort d’une clientèle féminine qui n’a cessé de s’élargir, le créateur s’est ouvert à l’homme il y a deux saisons avec des capsules no gender qui ont su séduire à leur tour. « Ces capsules unisexes représentent 20 % de mes ventes désormais. Leurs modèles figurent même parmi mes best-sellers, comme, cette saison, le pantalon jodhpur inspiré d’un modèle de l’armée américaine de 1917 et le blouson repris d’une veste de 1940 de l’armée anglaise », note-t-il.
 
Diplômé de l’Ecole de la chambre syndicale de la couture parisienne, Philippe Périssé a débuté chez Scherrer Haute Couture, puis chez John Galliano, peaufinant son apprentissage au côté du créateur de prêt-à-porter masculin Alain Gossuin, puis de Delphine Murat, chez qui il s’est occupé du marketing et du commercial.


Certains modèles sont pensés aussi pour les hommes comme cet ensemble pour l'été 2019 - Philippe Périssé

Après une formation à l’Institut français de la mode en développement et management des marques de luxe, il est nommé à la direction de collection chez Catherine André, où il découvre la maille. Il intègre ensuite la division 'produits de luxe' de l’Oréal au développement des collections make-up de Lancôme et Armani. Au bout de deux ans, il sent le besoin de se replonger dans le vêtement, en lançant sa propre marque.
 
L'an dernier, il a rejoint l’incubateur Maisons de mode de Lille et Roubaix, qui lui permet de se rapprocher du bassin textile du Nord, où il fabrique une partie de sa collection, le reste étant produit dans un atelier en Pologne, où il projette de prendre une petite participation via sa société Ppm. Grâce à Maisons de Mode, il a pu ouvrir une boutique-atelier à Lille, au 31, rue du Faubourg des Postes, en début d’année, où il se rend chaque semaine pour piloter sa production. Une levée de fonds auprès de ses proches lui a permis par ailleurs de financer l’ouverture de sa boutique parisienne.
 
Dès le départ, Philippe Périssé a adopté une démarche durable en bannissant la fourrure, en privilégiant les fournisseurs français et en misant sur des petites quantités avec des collections capsules en série numérotées, où les soldes ne sont pas admises, s’appuyant notamment sur des précommandes auprès de ses clientes. Depuis cette saison, la marque de luxe, dont les robes-vestes sont vendues entre 700 et 1 200 euros et les chemises à partir de 300 euros, a amorcé une distribution wholesale, comptant quelques revendeurs entre Hong Kong et New York, à l'image de l'américain Yuta Powell.
 

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