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6 déc. 2022
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Philippe Journo (Compagnie de Phalsbourg): "En trois jours de Black Friday, The Village a généré cinq millions d'euros de ventes"

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6 déc. 2022

Sur son stand du Mapic, le salon de l'immobilier commercial cannois (qui s'est tenu début décembre), Philippe Journo papillonne d'un rendez-vous à l'autre, entre négociation d'extension pour une enseigne et présentation d'un nouveau site de shopping face à un distributeur. Gérant une quinzaine d'actifs incluant du commerce (L'Atoll à Angers, The Village près de Lyon, Waves à Metz…), le fondateur de la foncière La Compagnie de Phalsbourg -en 1989- fourmille de projets et se félicite de solides résultats générés en cette période délicate pour la consommation.


Philippe Journo a fondé son entreprise en 1989 - DR


FashionNetwork.com: Comment s'est passé le Black Friday dans vos centres de shopping?

Philippe Journo: L'activité a été très dynamique, particulièrement dans notre outlet The Village, près de Lyon. Le samedi suivant le Black Friday, il a réalisé son chiffre d'affaires record pour une journée depuis son ouverture en 2018. Et en seulement trois jours (du vendredi au dimanche), les boutiques premium et sportswear de The Village ont généré 5 millions d'euros de chiffre d'affaires hors taxes. C'est 42% de plus qu'il y a un an! Pour l'année 2022, les ventes de ce site vont atteindre 163 millions d'euros, contre 113 millions réalisés en 2019.

Aujourd'hui, les outlets séduisent fortement les consommateurs. Au-delà des boutiques, nous apportons un soin très particulier à la façon de recevoir nos clients, avec un beau design, des spectacles (jets d'eau, lasers…). On investit beaucoup dans l'événementiel et les décorations de Noël. Un côté show business assumé! Si le client se déplace dans un centre, mais n'achète pas, on est quand-même satisfaits.


Le centre de déstockage The Village a ouvert à Villefontaine en 2018 - DR


FNW: Qu'en est-il justement de la fréquentation de vos sites, y a-t-il eu une érosion avec la pandémie?

PJ: Pas du tout. Certains explosent même les compteurs. Le centre commercial Mon Grand Plaisir dans les Yvelines (rénové et rouvert en 2020, ndlr), a vu son trafic grimper de 14,9% en un an.

FNW: Sur quels nouveaux projets planchez-vous?

PJ: Début 2025 ouvrira le Village de Sophia, à Valbonne (situé entre Cannes et Nice et précédemment nommé Open Sky Valbonne, ndlr), qui mixera une partie outlet avec une partie classique de centre commercial à ciel ouvert. Nous travaillons aussi sur le projet Central Parc Valvert, à savoir l'extension de la zone commerciale de Sainte-Geneviève des Bois (Essonne).

Nos centres établis évoluent aussi. L'Atoll à Angers, qui est une vraie fierté personnelle, vient d'accueillir les locomotives Primark et Cultura, tandis qu'Intersport s'y est agrandi.  


Vue d'architecte du site Central Parc Valvert - DR


FNW: La mode milieu de gamme souffre, à l'image de la faillite de Camaïeu. Avez-vous retravaillé l'offre des centres commerciaux sur ce segment?

PJ: Nos outlets sont composés à 90% d'acteurs textiles, mais uniquement positionnés premium. Pour ce type d'actifs nous ne nous concentrons que sur le haut de gamme, en poussant vers le luxe. Mais pour nos retail parks classiques, la défaillance de Camaïeu n'est pas non plus un sujet: nous en avions deux dans notre parc et ces cellules sont déjà convoitées par des dizaines d'enseignes.

FNW: Des points de désaccord persistent entre bailleurs et marques concernant la hausse des loyers des boutiques. Quelle est votre position?

PJ: Pas de tension de mon côté. J'ai été l'un des premiers durant la crise à offrir les loyers pendant les fermetures des magasins. Les retail parks, qui affichent des charges locatives plus faibles, sont à mon sens le meilleur format pour les enseignes textiles qui souhaitent ou doivent se réinventer.

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