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24 mai 2022
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Pimkie: après la mise en vente, les syndicats inquiets pour l’avenir des salariés

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24 mai 2022

La semaine dernière, la direction de Pimkie, occupée par Philippe Favre depuis le début d’année, a annoncé aux salariés que les actionnaires recherchaient un repreneur pour l’enseigne de mode féminine. Une option qui inquiète les représentants syndicaux: elle pourrait selon eux s’accompagner d’un redimensionnement à la baisse de l’entreprise en difficulté, avec des suppressions de postes à la clé.


La boutique de Nancy - Centre commercial Saint Sébastien


"Même s’ils réussissent à trouver un sauveur pour Pimkie, il n’y aura pas de reprise sans restructuration. Nous restons sur nos gardes, livre Frédérique Dupont, de la CFE-CGC. L’entreprise a besoin de beaucoup d’investissements, pour les magasins, mais aussi sur le sujet des outils informatiques. Le business plan qu’a soumis le dirigeant aux actionnaires avait pourtant le mérite d’être honnête et réaliste, prévoyant un retournement lent et des investissements importants". Il semble donc que la famille Mulliez n’ait pas retenu cette option de la relance en interne.

Les actionnaires ont indiqué "qu'ils vont se laisser le temps pour trouver la bonne personne" et se sont "engagés à nous aider financièrement jusqu'à fin décembre", précise la CFDT, qui estime elle aussi que "le repreneur fera très probablement un PSE et une réorganisation au niveau du siège".

Qui pourrait être le nouvel acquéreur? Aucun nom ne circule pour l’instant. Selon Guy Bouquet, président de la branche habillement à la CFE-GCG, "Pimkie a enregistré plus de 100 millions de pertes en quatre à cinq ans et ne vaut plus grand-chose. La seule valeur de l’entreprise aujourd’hui, au-delà de ses salariés, c’est la qualité des emplacements magasins. Si le repreneur est déjà actif dans la mode, il pourrait n’être intéressé que par les points de vente et ne garder que quelques personnes au siège", redoute-t-il.


Collection de l'été 2022


Aujourd’hui, l’entreprise s’appuie sur un parc de 313 boutiques (dont 81 affiliés) et emploie 1.500 personnes. "Une fois de plus ce sont les salariés qui sont mis à mal, […] On leur demande de rester motivés, de continuer à travailler comme si de rien n’était. Mais comment est-ce possible de demander d’y croire dans un avenir si incertain?" questionne la CGT Pimkie sur Facebook, affirmant qu’en attendant, des magasins du réseau seraient fermés "au compte-goutte au moindre coût".

A son apogée, l’enseigne a totalisé plus de 700 magasins dans le monde. "Historiquement, l’actionnaire n’a pas su investir quand il le fallait. Pendant trente ans, à partir de sa création en 1971, l’enseigne a été une vache à lait pour les Mulliez. Elle a inventé le principe de la mode à flux tendu et réalisé de très importants excédents. Pimkie a ensuite amorcé son déclin et connu six directeurs généraux ces dix dernières années, avec des visions différentes, notamment concernant la cible client…", déplore Guy Bouquet.

Rappelons qu’une restructuration a déjà eu lieu chez Pimkie en 2018, passant par la perte de plus de 200 emplois (via un plan de départs volontaires) et la fermeture de 37 magasins en France. De plus, depuis deux ans, des filiales à l’international ont été fermées ou basculées en franchise.

"Le cœur de la marque bat encore, nous sommes une vraie famille, capables de donner sans compter. Nous avons la crainte d’être rachetés par des gens qui n’ont pas le sens du commerce et n’ont que faire de l’ADN de Pimkie. Le choix des Mulliez sera décisif", conclut Frédérique Dupont.

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