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28 janv. 2019
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Pour franchir de nouveaux caps, SMCP pourrait étudier une acquisition

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28 janv. 2019

C’est un cap symbolique que les dirigeants du groupe SMCP ont souhaité mettre en évidence à l’annonce des résultats 2018 du groupe français. Le milliard d’euros de chiffre d’affaires a ainsi été franchi à l’issue de cet exercice, les ventes totales des marques Maje, Sandro et Claudie Pierlot ayant précisément atteint 1 017,1 millions d’euros, contre 912,14 millions d’euros l’année passée.
 

Pré-collection printemps 2019 - Maje


L’objectif de 13 % de croissance à taux de change constant est donc atteint, affirme le groupe, qui affiche une croissance de 11,5 % hors taux de change et de 3,7 % en comparable. Un ralentissement tout de même si l’on tient compte de la dynamique 2017, qui était de +7,8 % en comparable, mais qu’il faut remettre dans son contexte de marché, estime Daniel Lalonde, PDG du groupe. « Oui, si la fin d’année avait été meilleure, nous aurions peut-être pu faire mieux encore. Mais dans l’environnement économique, au contraire, nous avons fait preuve d’une belle résilience. Il faut relativiser et comparer avec nos concurrents spécialistes du luxe accessible et du retail, je crois qu’on s’en sort très bien », se félicite-t-il.

Léger recul français

Car le quatrième trimestre a en effet marqué un ralentissement de la croissance, celle-ci s’établissant à 8,1 % à échelle mondiale, mais plus marquée en France, sans surprise, en Europe, mais aussi en Asie. Dans l’Hexagone, qui pèse pour un petit peu moins de 37 % du chiffre d’affaires total de SMCP, le dernier trimestre a été marqué par un recul des ventes de 1,9 %, qui du coup a fait basculer le chiffre annuel sur un léger recul de 0,5 % (374,9 millions d’euros). « Bien sûr, on connaît le contexte français de fin d’année, nous avons été pénalisés par des fermetures de magasins les samedis pendant plusieurs semaines et cela continue d’ailleurs un peu en janvier. Heureusement le digital a permis de compenser en partie cela », détaille Daniel Lalonde.
 
A l'échelle européenne, la croissance s’est portée à 12 % en 2018 (305,5 millions d’euros) et 7,2 % au quatrième trimestre. « Octobre et novembre ont été anormalement chauds en Europe et les incertitudes liées au Brexit ont quand même eu un petit effet », estime le dirigeant.
 
En Asie, la croissance est de nouveau très importante en 2018 (+36 %) et un petit peu freinée au quatrième trimestre (+18,2 %). Mais, contrairement à certains analystes spécialistes de la zone, Daniel Lalonde ne craint pas les prévisions de baisse de la consommation, notamment en Chine, en 2019 : « C’est la logique de notre développement, nous avons accéléré ces deux dernières années, les taux de croissance vont mathématiquement baisser, mais la désirabilité est très forte pour nos marques Sandro et Maje ».
 
Optimisme également pour le marché américain, sur lequel le groupe est passé à la vitesse supérieure durant cet exercice, dopant sa progression des ventes de 30,4 % (134,2 millions d’euros). Celle-ci a été portée par un plus grand nombre d’ouvertures de boutiques dans la zone (19 en un an), mais aussi par le digital, qui représente 25 % des ventes du groupe dans la zone Amériques.
 
Le digital est un point de satisfaction important pour le groupe puisque celui-ci connaît une belle évolution en 2018, progressant de 35 % pour voir sa part des ventes atteindre presque 15 %.

« Le bon moment » pour une acquisition
 
Une bonne nouvelle mise en avant par le groupe auprès des investisseurs et analystes qui scrutent ses résultats depuis son entrée en Bourse fin 2017. Tout comme la marge d’EBITDA qui devrait passer de 16,5 % à 17 %, puisque le groupe annonce qu’il va atteindre cet objectif.
 
Après l’accélération des dernières années - SMCP a doublé de volume de chiffre d’affaires en quatre ans –, un ralentissement de la croissance pourrait-il intervenir ? C’est une question au cœur des attentes des analystes boursiers. La résistance du groupe français détenu depuis 2016 par le chinois Shandong Ruyi au contexte international est pour l’instant bonne, puisqu’il maintient une croissance à deux chiffres. Mais il pourrait être l’heure pour le groupe d’opérer une opération de croissance externe, dix ans après le rachat de Claudie Pierlot pour compléter son portefeuille.
 
« Nous avons jusque-là privilégié la croissance organique, précise Daniel Lalonde. Mais oui, pour la première fois (depuis son arrivée en 2015 chez SMCP ndlr), je peux dire que, si une marque correspondait à notre culture de groupe et qu’une opportunité se présentait, nous pourrions regarder cela sérieusement, en effet. Nous sommes prêts. Nous avons investi dans notre infrastructure, je crois que c’est le bon moment, oui », affirme le dirigeant.
 
Actuellement, le portefeuille du groupe SMCP comprend trois marques, Sandro, Maje et Claudie Pierlot. C’est la seconde qui a connu la plus forte croissance en 2018 (+15,9 %, à 391,4 millions d’euros), contrairement à 2017 où Sandro avait le mieux figuré et qui réalise cette année tout de même +11,4 %, passant également un cap symbolique : celui des 500 millions de chiffre d’affaires. Claudie Pierlot connaît une dynamique de croissance similaire, de 11,1 %, à 125,2 millions d’euros.

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