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24 janv. 2021
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Pour Pascal Morand (FHCM), la mode virtuelle est "une parenthèse"

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AFP
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24 janv. 2021

La pandémie de Covid-19 a confiné la mode sur internet mais ce n'est qu'"une parenthèse", estime Pascal Morand, président exécutif de la Fédération de la haute couture et de la mode, qui croit à l'avenir des Fashion weeks à Paris.





Peut-on toujours parler de Paris Fashion week alors que tout se passe sur internet?

Pascal Morand : Cette troisième Fashion week digitale n'est pas quelque chose de nouveau pour nous, nous avons très vite mis en place la plateforme (pour diffuser les présentations en ligne dès l'été: ndlr). La deuxième en septembre a été "phygitale" (mélange de présentation en "physique" et de défilés sur internet).

Pour celle-ci, on était prêt, il n'y a pas eu d'éléments de surprise. A l'avenir, quand on reviendra au physique, il y aura cette dimension digitale qui au départ était un facteur de résilience et qui est devenu un facteur d'innovation et de créativité.

On est entré de plein pied au XXIe siècle. Dans le monde d'hier, le digital complétait le physique, aujourd'hui c'est l'inverse. Le e-commerce est passé sur tous les niveaux de gamme de 13% à 25%.

Ce qui est physique, c'est ce qui ne peut pas être digitalisé. Tout le monde est fatigué des réunions zoom, et les besoins sensoriels élémentaires ne sont pas satisfaits. La visualisation n'est pas la même, c'est particulièrement vrai pour la mode avec le mouvement, les tissus, la fluidité, la précision.

On est très loin en digital d'avoir cette combinaison particulière de résolution extrêmement fine de la vision humaine, pour ce qui est des contrastes, des couleurs, de la profondeur.

Il y a une forme de parenthèse par rapport à l'art de vivre, et toutes les capitales sont touchées. Mais rien ne change pour l'attractivité de Paris pour les jeunes marques. C'est ici qu'elles veulent se faire reconnaître.

Quel est l'impact de la crise pour le secteur?

PM : Il est important. Si on regarde le marché français de l'habillement au sens strict, on est en baisse de 17 à 18% sur 2020. Les marques les plus armées sont celles qui sont les plus développées au niveau digital et qui exportent en Chine.

Les marques du luxe exportent à 90% et notamment beaucoup en Asie et en Chine, et elles sont souvent très présentes sur le digital. C'est peut-être un facteur de survie, de résilience, de rebond dans la situation actuelle.

Une marque incarnée par un créateur ou un directeur artistique, cela donne un atout complémentaire. Les marques qui présentent à Paris Fashion week ont suffisamment d'atouts pour franchir cette période. C'est compliqué pour les jeunes et nous les soutenons.

Les uns quittent le calendrier officiel, d'autres font moins de collections, les petites marques prennent goût au numérique. Que vont devenir les Fashion weeks après la pandémie?

PM : Le risque du digital, c'est de perdre le sens du rythme que donne la Fashion week.

Il y a des rituels qui s'arrêtent, mais ce n'est absolument pas notre cas. Il y a un fort besoin d'expression créative. On note une extension du champs de la créativité avec les cinéastes, vidéastes, créateurs de dessins animés et de jeux vidéo.

Quand la vie normale reprendra, il va y avoir une réflexion sur la manière de défiler, de concevoir un évènement physique avec un pendant digital.

Si tout le monde sort du système, tout le monde est perdant. Dans ce contexte, il est bien qu'il y ait des garde-fous, des éléments de crédibilité. Le calendrier officiel a toujours été un facteur de démocratie. Toutes les marques sont à égalité, les plus grandes comme celles qui viennent de rentrer, malgré une grande différence de chiffre d'affaires et de renommée.

Le public, c'est aussi un réseau d'influence, de communication, cela donne plus de vie à ce qui se passe. Cela a un impact sur le volet digital parce que les personnes présentes relaient aussi l'information.
 

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