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Pour présenter sa collection, JW Anderson raconte son histoire du confinement

Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
2 juil. 2020
Temps de lecture
3 minutes
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La maison JW Anderson a dévoilé ses dernières collections sur Internet, jeudi en début d'après-midi, en dehors de tout calendrier officiel. Et sans aucun mannequin : simplement Jonathan Anderson, seul face à la caméra pour livrer ses méthodes de création.


JW Anderson



Le créateur britannique a dévoilé en même temps sa collection de prêt-à-porter masculin Printemps-Été 2021 et sa pré-collection, sur son site Internet et sa page Instagram, au cours d'un véritable tutoriel de mode intitulé "A Collection Reveal with Jonathan Anderson". Douze minutes top chrono pour survoler ses inspirations.

"Bonjour, je suis Jonathan Anderson, je suis dans mon bureau à Londres et nous sommes ici pour parler des collections de vêtements pour hommes et femmes du Printemps-Été 21", commence le créateur, assis derrière une grande table.


Le film de JW Anderson



Avant la présentation, quelques journalistes et critiques triés sur le volet avaient reçu un colis contenant des échantillons de tissu, des papiers calligraphiés, des illustrations de mode, des clous fabriqués à la main, du coton ciré, des masques, des photos et même quelques fleurs séchées. Un bel exemple de "mail art", qui donnait l'occasion à Jonathan Anderson de disserter sur '"l'art d'emballer".

Pour le créateur, développer une collection pendant la crise sanitaire, c'était comme "un acte de résistance : il s'agissait de trouver des solutions de manière créative".

L'inspiration qui traverse sa collection masculine tourne autour de la figure du pêcheur — ce qui laisse d'ailleurs présager d'une météo peu clémente pour l'été prochain.

Son premier look : un vêtement composite, entre cape, sweat à capuche et trench-coat, réalisé à partir de tissus d'imperméables recyclés, qui avait fière allure. "Comme un collage, un patchwork fonctionnel qu'on aurait bien du mal à dater précisément", explique le créateur irlandais. 

Comme pour la plupart des images fournies dans le colis, cette cape était illustrée par Pol Anglada, un artiste catalan connu pour ses représentations érotiques, dont Jonathan Anderson apprécie beaucoup le travail.

Le look 25 faisait référence à un motif brodé sur une tapisserie de sa grand-mère : un bateau très coloré, sur un lac. Visiblement, le créateur semble très attaché à ce "retour à l'artisanat".

Les images de Pol Anglada figuraient également, transformées en motifs, sur des mailles surdimensionnées et spectaculaires, comme des "tapisseries suspendues", des vêtements unisexes qui font partie des éléments signature du label britannique.

Dans la collection, des motifs de papiers peints envahissaient les tissus aux couleurs vives utilisés pour couper des redingotes un peu décalées, dont on ne pouvait qu'admirer la silhouette. 
 
Pour la pré-collection féminine, toutes les tenues étaient surmontées d'un masque géométrique. Des combinaisons en dentelle, des robes asymétriques, très amples, conçues pour onduler de manière poétique une fois retirées du mannequin de couture.
 
Sous sa deuxième casquette — celle de directeur créatif de la maison Loewe —, Jonathan Anderson a développé plusieurs sacs qui se vendent comme des petits pains. Pour sa propre maison, le créateur a donc imaginé plusieurs modèles qui devraient connaître le même succès. Notamment un sac-panier inspiré par un cabas de pêcheur du début des années 1920, et pour ces messieurs, un sac à dos en polyester recyclé, orné du fameux logo nautique en forme d'ancre.

"Il y a quelque chose de solitaire dans la pêche", remarque le créateur en décrivant l'univers de ses collections.

Jonathan Anderson — qui n'a presque jamais regardé la caméra, c'est-à-dire son public, pendant les douze minutes de sa présentation —, explique que la pandémie lui a permis de "recommencer à faire les choses par lui-même". D'où ce petit colis de mode artisanale, dont on peut faire l'expérience en "sirotant son café le matin". 
 
Une démarche stimulante pour présenter ses idées à distance. Même si on avait parfois l'impression de regarder se démener sur le ring un boxeur handicapé par une main attachée dans le dos...

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