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Prêt-à-porter de l'été 2006 : l'ecclectisme parisien

Par
AFP
Publié le
today 3 oct. 2005
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PARIS, 3 oct 2005 (AFP) - Les collections prêt-à-porter parisiennes pour le printemps-été 2006 ont prouvé une fois encore lundi l'ecclectisme des créateurs, toujours en quête de nouvelles voies d'expression, de Paco Rabanne aux Japonais Kenzo Takada et Jun Takahashi pour Undercover.


Un modèle de Jun Takahashi lors des défilés des collections prêt-à-porter parisiennes pour le printemps-été 2006 - Photo : Pierre Verdy

L'Américain Patrick Robinson, qui présentait sa deuxième collection sur podium pour Paco Rabanne, veut "inventer une nouvelle esthétique. Une fusion de l'héritage maison et de la technologie moderne".

Des tissus métalliques rappelant l'histoire de la maison se promènent le soir dans des tons dorés. L'allure générale est sexy avec des robes aux dos fendus, des longueurs mini ou des pantalons au plus près de la jambe.

Le jeune créateur ajoute sa patte en s'inspirant des armures du Moyen-Age et des samouraïs pour transformer des vestes structurées en puzzles. Les tissus vintage japonais apportent de la douceur tout comme les vestes à brandebourgs en plumes. Les petites robes bleues en forme de "marcel" chic, inspirées par une aquarelle d'Albrecht Dûrer, sont lumineuses.


Un modèle de paco Rabanne lors du défilé des collections prêt-à-porter parisiennes pour le printemps-été 2006 Photo : Pierre Verdy

Chez les Japonais, Kenzo Takada, incarnation du métissage culturel, est aux antipodes de l'univers créatif de Jun Takahashi (Undercover), héraut de l'avant-garde japonaise.

Kenzo Takada revient donc aux affaires, mais pas n'importe lesquelles et pas dans une aventure qui ressemblerait à sa première vie (la création de la maison Kenzo rachetée par le groupe LVMH). Après six ans d'absence, il présente Goran Kobo (les cinq sens), une ligne art de vivre composée pour l'instant d'objets (dévoilés début septembre) à laquelle s'ajoute aujourd'hui une ligne de prêt-à-porter exclusivement d'été et intemporelle.

On retrouve dans cette collection tout l'ADN de M. Takada : les voyages et les couleurs. Son Japon natal lui inspire des paysages brumeux de montagne en noir et blanc ou des imprimés fleuris à repousser tous les hivers du monde. Les lignes sont simples et confortables et reprennent la mixité culturelle qu'il affectionne: robes chinoises, smokings occidentaux, caftans orientaux, saris indiens et sarongs indonésiens.

Au contraire, Jun Takahashi, l'un des plus brillants représentants de la dernière génération de créateurs japonais venant défiler à Paris, délaisse les matériaux luxueux pour le destroy ou le New Age. Les codes couleurs sont le blanc et ses dérivés ainsi que le noir, plus gothique, surtout quand certaines inscriptions proposent un "live in Père Lachaise cemetery" (concert live au cimetière du père Lachaise).

Ses femmes sont des sortes d'amazones modernes avec leurs guêtres-cuissardes et leurs tee-shirts nouvelle génération allongés pour faire des robes, à manches longues pour ceinturer un manteau. Ce vêtement, emblème de toutes les générations et catégories sociales né dans les rangs de l'armée américaine, se cherche une nouvelle identité.

Charles Anastase est lui aussi un anti-Kenzo Takada avec son vestiaire qui semble sortir des armoires de grand-mère ou d'un magasin de récupération. Le jeune Français propose un voyage dans la grande dépression américaine de 1929. Mais il y a de l'idée dans ses modèles pour petites filles projetées dans un monde sans pitié comme cette salopette sur une chemisier blanc à manches gigot, des spencers étriqués d'homme comme retravaillés pour une seconde vie. La robe longue blanche à taille Empire imprimée ça et là de têtes de mort discrètes est moins convaincante.

Par Dominique AGEORGES

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