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Prêts garantis par l'Etat : les PME réclament à leur tour des médiations

Publié le
27 mai 2020
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2 minutes
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La Médiation du crédit connaît une évolution révélatrice depuis le confinement. Du 4 au 22 mai, l'instance de recours pour les entreprises ne trouvant pas de banque disposée à leurs accorder un PGE (prêt garanti par l'état) a connu un ralentissement des saisines, en partie explicable par les jours fériés. Mais les médiateurs notent surtout une évolution dans la nature des entreprises entamant un recours.


Shutterstock



Sur les 176 dossiers jugés éligibles en trois semaines (contre 200 au mois d'avril), une majorité des demandeurs restent des très petites entreprises (moins de dix salariés). Mais, indique la Banque de France, "la médiation est également saisie par des entreprises de plus grande taille", pour représenter près d'un tiers des demandes de mai, avec "des effectifs de plus de 50 salariés ou des montants de crédits de plus de 10 millions d’euros".

Un glissement qui était déjà observable sur la dernière semaine d'avril, quand l'effectif moyen des entreprises demandeuses étaient soudain passé à 14, contre une moyenne de 10 dans les semaines précédentes. L'effectif moyen atteignait 12,8 sur la semaine du 18 mai pour seulement 571 saisines, là où la semaine précédente affichait 913 dossiers pour un effectif moyen de 12,5. Des premiers signaux qui tendraient à confirmer l'hypothèse de nombreux observateurs: un glissement progressif des difficultés de financement vers les plus grosses structures.

"Les plus petites structures sont d'une part celles qui avaient le moins de trésorerie pour affronter la crise, mais aussi celles qui ont le plus de chance de trouver porte close chez les banques", expliquait récemment à FashionNetwork un spécialiste de l'administration judiciaire. "Les plus grosses étaient freinées par l'incertitude entourant les mesures de déconfinement et restent sur le qui-vive concernant les changements dans les soutiens de l'État. Mais certaines n'ont plus le choix, et arrivent donc devant des banques qui accordent des prêts depuis deux mois, ce qui augmente les chances d'un refus."


Banque de France



Au 15 mai, les banques ont accordé un cumul de 78,4 milliards d'euros aux entreprises sur 100,8 milliards d'euros de demandes, selon la Banque de France. Là encore, les chiffres du baromètre mis en place par Bercy montrent un fléchissement de la part des TPE parmi les bénéficiaires, passées de 47 % au 7 mai à 44 % une semaine plus tard. Le secteur du commerce à lui seul aurait généré 24% des prêts et 28% des montants accordés.

Si les plus gros acteurs du secteur de la mode et de la distribution n'ont pas témoigné de difficultés quant au feu vert des banques, il n'en a pas été de même pour des acteurs plus fragiles, comme le relevait FashionNetwork (relire notre dossier). La French Fashion Union, association de 7.000 jeunes créateurs de mode, pointait récemment le danger immédiat causé pour la moitié des jeunes marques par l'inaccessibilité des aides.

 

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