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Clémentine Martin
Publié le
7 sept. 2020
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Primark reprend du poil de la bête malgré les mauvaises performances des centres-villes

Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
7 sept. 2020

Associated British Foods, le propriétaire de Primark, a déclaré lundi avoir "dépassé [ses] prévisions" de résultats au quatrième trimestre.


Photo, Sandra Halliday


L’entreprise a publié un communiqué avant la clôture de son année fiscale le 12 septembre. Depuis la réouverture des boutiques Primark, l’activité est apparemment "soutenue" et les résultats du quatrième trimestre allant de mai à juillet sont meilleurs que prévu. Au cours des quatre dernières semaines et tous canaux confondus, Primark a d’ailleurs réalisé ses meilleurs chiffres de ventes et de volume de chiffre d’affaires pour cette période de l’année au Royaume-Uni.

Tout n’est pas encore parfait, évidemment. La société doit encore rattraper son retard, car son choix de ne pas proposer ses produits sur Internet lui a valu des pertes représentant des milliers de millions d’euros de vente pendant les mois de confinement. Pour l’année entière, les résultats de l’entreprise entière seront donc significativement moins bons que l’année dernière. Les dépenses totales des clients en prêt-à-porter, chaussures et accessoires sur tous les marchés ont été affectées par le Covid-19.

Mais les résultats publiés sont néanmoins encourageants. Les ventes cumulées depuis la réouverture jusqu’à la fin de l’année devraient se situer autour de 2 milliards de livres, et le bénéfice d’exploitation ajusté de Primark sur une base IFRS16 pour l’année, hors événements exceptionnels, devrait se situer dans la fourchette haute des 300-350 millions de livres sur lesquels tablait la firme.

Le panier moyen a sensiblement augmenté, reflétant une compensation de la demande. Cette tendance s’est un peu essoufflée au cours des dernières semaines, mais la hausse dépasse tout de même celle de l’an dernier. Primark a réussi à limiter la casse pour le moment.

Et même si la normalité paraît encore bien loin pour bon nombre d’entreprises, ABF a déclaré que les performances de ventes de Primark depuis la réouverture, comparées avec la période précédant la pandémie, "sont globalement rassurantes et encourageantes".

Des centres-villes en difficulté



Cependant, toutes les boutiques ne sont pas à égalité et "reflètent la situation actuelle de nos clients : l’importance accrue du télétravail, la réduction du temps passé dans les transports et la chute du tourisme". Les ventes dans les parcs d’activité sont plus élevées qu’il y a un an. Dans les centres commerciaux et les centres-villes régionaux, les performances sont équivalentes à celles de l’année passée. Mais les grandes surfaces dans les centres-villes des métropoles, dépendant largement du tourisme et des travailleurs sortant ou allant au bureau, ont vu "leur trafic décroître de façon significative". Les plus grandes boutiques de centres-villes contribuaient à hauteur de 13 % des ventes avant le Covid, et n’en représentent maintenant plus que 8 %.

Au Royaume-Uni, les ventes depuis la réouverture sont attendues en baisse de 12 % en comparable. Mais si les quatre plus grandes boutiques de centres-villes du Royaume-Uni étaient exclues du calcul, cette baisse ne serait que de 5 %.

Les ventes en Europe sont attendues à - 17 % en comparable, en raison de mesures sanitaires restrictives prises par les pouvoirs publics, notamment en Espagne et au Portugal. L’impact sur les centres-villes est indéniable : si l’on excluait toutes les destinations de centres-villes du groupe, les ventes comparables ne perdraient que 13 %.

Aux États-Unis, les ventes comparables sont attendues en recul de 9 %, mais tomberaient à 2 % de baisse en excluant la boutique de Boston.

Du côté des bonnes nouvelles, les stocks de 284 millions de livres accumulés à la fin du premier semestre ont largement diminué. La "réouverture des boutiques a eu lieu plus tôt que prévu et l’activité a repris de manière plus intense pendant l’été, ce qui nous a permis d’écouler le stock en boutique et une bonne partie de nos réserves", explique l’entreprise. L’inventaire printemps/été 2020 avec lequel l’entreprise entamera l’année prochaine devrait finalement se situer autour de 150 millions de livres, et les niveaux d’inventaire pour l’année entière seront bien plus bas.

Grâce à l’écoulement des stocks, les résultats de trésorerie nette à la fin de l’année devraient être bien meilleurs. De plus, les récentes commandes passées aux fournisseurs bénéficient de la faiblesse actuelle du dollar.

La chaîne a dû revoir son planning d’ouverture pour le second semestre. Mais depuis la dernière publication de résultats, trois boutiques ont déjà été inaugurées avec deux espaces à Paris et un à Varsovie, en Pologne. L’activité initiale a été "très soutenue, surtout à Varsovie". Une autre boutique ouvrira mardi à Strasbourg, en France.

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