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Printemps-été 2006 : une saison parisienne à la "créativité appliquée"

Par
AFP
Publié le
today 10 oct. 2005
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PARIS, 10 oct 2005 (AFP) - La semaine parisienne de présentation des collections prêt-à-porter pour le printemps-été 2006, qui s'est achevée lundi, a été marquée par une "créativité appliquée" afin d'attirer les femmes dans les boutiques dans quelques mois, selon les professionnels interrogés par l'AFP.


Modèle de Valentino collection printemps-été 2006 à Paris - Photo : François Guillot

"C'était une saison de raison. On a bien senti la volonté commerciale des marques qui veulent assurer leur chiffre d'affaires, dit le consultant de mode pour des marques de luxe Jean-Jacques Picart.

"Dans le meilleur des cas, les collections n'excluaient pas le charme, dans le pire des cas, cela générait l'ennui", ajoute-t-il.

Une opinion partagée en partie par la Britannique Hilary Alexander, chroniqueuse de mode du Daily Telegraph, pour qui cette saison a été "un peu confuse, sans tendance claire".


Modèle de Sonia Rykiel collection printemps-été 2006 à Paris - Photo : François Guillot

Au contraire, le président de la Fédération française de la couture et du prêt-à-porter des créateurs estime qu'il s'agit "probablement d'une des meilleurs saisons depuis des décennies".

Pour l'Américain Andre Leon Talley, figure de la mode américaine et chroniqueur au magazine Vogue, c'est une "très bonne saison". Les collections étaient-elles plus vendables ? "C'est un bon point de vendre avec intelligence à savoir : comme séduire les femmes pour aller dans les boutiques où le prêt-à-porter représente un véritable investissement tant les prix sont élevés", ajoute-t-il.

"C'est vrai que le business est difficile et le pouvoir d'achat en baisse", enchaîne Jean-Jacques Picart. "Il faut séduire par un bon rapport qualité/prix alors que Paris habituellement résonne par sa créativité. Cette saison, la créativité s'est appliquée", a-t-il dit.


Modèle d'Elie Saab collection printemps-été 2006 à Paris
Photo : Pierre Verdy

L'application se traduit malgré tout par "beaucoup de romantisme" et une "très belle féminité", estime André Léon Talley.

Les avis convergent sur Jean-Paul Gaultier dont la collection pour Hermès a constitué un "tour de force", selon l'expression de M. Talley.

"Le successeur naturel d'Yves Saint Laurent est Jean-Paul Gaultier dont le show pour Hermès a atteint un tel niveau de beauté, d'harmonie et d'élégance qu'il est difficile de croire que la collection était signée d'un ancien mauvais garçon de la mode", écrit lundi Suzy Menkès, de l'International Herald Tribune.


Modèle d'Alexander McQueen collection printemps-été 2006 à Paris - Photo : François Guillot

Balenciaga (Nicolas Ghesquière) avec ses lignes étirées pour mieux les brouiller d'ornements, Rochas (Olivier Theyskens) avec ses robes edwardiennes épurées, Yves Saint Laurent (Stefano Pilati) et ses envolées de volants et pompons, Riccardo Tisci pour Givenchy avec ses silhouettes presques futuristes sont autant d'exemples de beautés féminines retrouvées.

Ivana Omazic pour Céline symbolise, elle, un certain retour général au bourgeois, après des années passées à déstructurer le vêtement. Certains ont critiqué le côté trop classique de la collection, ce qui fait dire à d'autres : "la première collection de John Galliano pour Dior a eu des critiques épouvantables", avant plus tard d'être portée aux nues.


Modèle de John Galliano collection printemps-été 2006 à Paris - Photo : François Guillot

John Galliano, justement, s'est illustré en opposant une collection très en retenue chez Dior à un show théâtral très décalé pour sa griffe personnelle, avec un défilé de personnages les plus différents physiquement possibles, de personnes de petites tailles à des femmes obèses par exemple.

Dans le débat éternel entre performance et vêtement, Christian Lacroix a poussé ses pions avec une première collection sous l'ère du groupe américain Falic, vraiment "prête à porter", sans y perdre son âme.

Par Dominique AGEORGES

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