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Publié le
30 mars 2022
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Privée de prêt-à-porter, Cerruti 1881 vit via ses licences en attendant de trouver un repreneur

Publié le
30 mars 2022

Rien n’a vraiment changé pour Cerruti 1881 depuis la mise en liquidation de son propriétaire, Trinity Limited, en janvier dernier. En attendant qu’une décision soit prise par les instances juridiques de Hong Kong, la marque de prêt-à-porter masculin de luxe poursuit son activité autour de ses licences, qui ont toujours été au cœur de son modèle de business.
 

L'un des modèles de sacs Cerruti 1881 réalisé en licence par l'italien Principe - principe.it


Distributeur spécialisé dans la mode masculine haut de gamme, Trinity Limited, auparavant détenu par Li & Fung (du conglomérat hongkongais Fung Group), avait été racheté en 2017 à hauteur de 51% par le géant textile chinois Shandong Ruyi, aujourd’hui criblé de dettes. C’est dans le sillage des problèmes financiers de ce dernier que Trinity a été placé en liquidation en début d’année, et que se pose désormais la question sur l’avenir de ses marques, à savoir Cerruti 1881, l’historique tailleur fournisseur de la cour royale anglaise Gieves & Hawkes et la marque de chemises pour hommes britannique Kent & Curwen, dont les activités ont cessé au Royaume-Uni.
 
Fondée à Paris en 1967 par le couturier italien Nino Cerruti, qui s’est éteint en janvier, la maison a connu surtout le succès dans les années 1970 et 1980, avant de changer plusieurs fois de propriétaires à partir de 2001, date à laquelle le fondateur vend son entreprise à la holding italienne Fin Part et se retire de la mode.

Après une série de déboires, la société passe aux mains du fonds d'investissements amé­ricain MatlinPatterson Global ­Opportunities Partners, avant d’être rachetée en 2010 par Trinity Limited, tombé par la suite dans l'escarcelle de Shandong Ruyi.
 
Comme l’explique à FashionNetwork.com Claire Landrau, responsable du marketing et de la communication chez Cerruti 1881, la maison se retrouve aujourd’hui dans une situation "qui n’a rien d’exceptionnel", "un processus classique".

"Nous sommes toujours la propriété de Trinity Limited. Il y a un processus de liquidation en cours à Hong Kong. Nous attendons la décision des liquidateurs. Mais il n’y a aucune crainte à avoir pour l’avenir de Cerruti. Notre marque devrait être mise en vente sous peu", déclare-t-elle.

Cerruti 1881 est toujours dirigée par Laurent Grosgogeat, qui a été nommé en 2016, tandis que ses activités s’organisent autour de ses licences, ce qui lui permet de rester à flot en cette période de transition. A commencer par la plus importante, celle des parfums, acquise en 2018 par le britannique Designer Parfums, suivie par la maroquinerie (sacs et chaussures pour femme et homme). Gérées depuis dix-huit ans par l’entreprise italienne Principe, les collections d’accessoires sont distribuées à travers un réseau de 2.000 revendeurs dans 40 pays entre Europe de l’Est, Moyen-Orient, Europe.

Les montres représentent une autre part importante du business, en particulier en France. Elles sont produites et distribuées par International Luxury Group (ILG), basé en Suisse. A cela s’ajoute la catégorie cravates et foulards, gérée en licence par l'entreprise française Anthime Mouley, ainsi que les sous-vêtements, les vêtements de nuit, le loungewear et les chaussettes, produits par la société Malu NV. 


L'un des derniers looks de prêt-à-porter de Cerruti 1881 visible sur le site - trinitygroup.com


Le prêt-à-porter masculin a, en revanche, été suspendu peu après le départ du directeur artistique Jason Basmajian en juillet 2019, suivi par la fermeture de la boutique parisienne de la marque, située boulevard Haussmann. La dernière campagne Cerruti 1881 visible sur le site de Trinity remonte à l’automne-hiver 2020/21. "Nous avons joué de malchance. Avant ces deux dernières années de pandémie du Covid-19, notre siège de Hong Kong a subi de plein fouet pendant un an les manifestations sur place", rappelle Claire Landrau.

"Heureusement, nous avons la chance de ne pas dépendre à 100% de la maison. Notre activité de licences est très bien installée et nous permet d’attendre la décision des liquidateurs. Nous sommes impatients que les choses rentrent dans l’ordre afin de pouvoir annoncer de nouveaux projets", conclut-elle.

Les autres marques de Trinity, Gieves & Hawkes et Kent & Curwen, attendent, elles-aussi, de connaître leur sort. Tout comme d’autres actifs de la galaxie Shandong Ruyi. A la fin de 2021, le chinois a été évincé de SMCP (Sandro, Maje, Claudie Pierlot et De Fursac), dont il était l’actionnaire majoritaire, par ses créanciers, qui cherchent à prendre aussi le contrôle de la société The Lycra Company.

 

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