Prix LVMH : le label Doublet de Masayuki Ino et Rokh raflent la mise

Après la Française Marine Serre l'an dernier, le prix LVMH a couronné pour sa cinquième édition un créateur japonais : Masayuki Ino. Celui qui a fondé en 2012 sa marque baptisée Doublet a marqué le jury grâce à son approche conceptuelle du vêtement, réinventant un vestiaire mixte urbain tout en clins d'oeil graphiques, qui lui vaut désormais de remporter une dotation de 300 000 euros accompagnée d'un dispositif de mentorat par le groupe LVMH.


Masayuki Ino présentant ses créations estampillées Doublet - FashionNetwork.com

« Many thanks ! » (« Mille mercis ! ») a-t-il soufflé dans son anglais hésitant, après avoir reçu son prix, la distinction annuelle la mieux dotée du monde de la mode, des mains de l’actrice Emma Stone, qui s’est exprimée en français et était habillée en Louis Vuitton. Sa réinterprétation audacieuse des motifs japonais et son attitude à la fois punk et chic en faisaient l’un des favoris du prix.

Mais le designer nippon n'aura pas été le seul distingué parmi les neuf finalistes. « La qualité des candidats était si exceptionnelle que nous avons également dû remettre une récompense spéciale », a expliqué Delphine Arnault, directrice générale adjointe de Louis Vuitton, au cours de la cérémonie organisée à la Fondation du même nom, dans le bâtiment construit par Frank Gehry au coeur du bois de Boulogne.

Le jury a donc souhaité remettre un prix spécial, doté de 150 000 euros, au créateur d'origine coréenne Rok Hwang, qui a lancé la marque féminine Rokh pour exprimer sa vision singulière du streetwear féminin. « Je suis très heureux, je ne m'y attendais pas ! C'est peut-être le sourire qui a été un plus... Cela représente beaucoup pour moi, cela apporte un éclairage sur la marque et la manière dont les gens peuvent la percevoir », a déclaré le lauréat de ce prix spécial. Un travail que FashionNetwork.com vous présentait parmi les prétendants londoniens lors d'une série de portraits consacrés aux finalistes du concours, tout comme Doublet, incarnation du courant unisexe actuel.

« Nous avons été impressionnés par l'ingéniosité contemporaine qui émane des créations de Masayuki Ino pour Doublet, une vision urbaine empreinte d'un sportswear racé et ludique. Nous récompensons également Rok Hwang pour Rokh d'un Prix Spécial. Nous avons été séduits par ses silhouettes à la fois féminines, sensuelles et conquérantes, et par sa maîtrise de coupes complexes », a déclaré Delphine Arnault en remettant ces prix.


Rok Hwang - FashionNetwork.com

A noter que cette année encore, LVMH a souhaité récompenser des étudiants. Trois jeunes diplômés ont ainsi été distingués, récompensés par une bourse de 10 000 euros chacun et recrutés pour un an par des maisons du groupe de luxe. Archie M. Alled-Martinez, issu de la Central Saint Martins de Londres, va ainsi rejoindre le studio de Givenchy, Maya Chantout, diplômée de l’Ecole de la Chambre Syndicale de la Couture Parisienne, va elle intégrer la maison Céline, tandis que Scylia Chevaux, Française issue de l’Accademia Costume & Moda de Rome, part elle pour Louis Vuitton.

A noter que les écoles dont ils sont issus perçoivent également une bourse de 10 000 euros, « en signe du soutien de LVMH à ces équipes éducatives et établissements qui permettent à la mode de se renouveler et d'atteindre l'excellence », commente le groupe.

La résonance du Prix LVMH est absolument internationale. Plus de 4 000 candidats, de 102 nationalités différentes, ont présenté leur dossier pour l’édition 2018. Moyenne d’âge : 29 ans. Après une première sélection, il n’en restait plus que 20. À la fin du mois de février, une équipe de 48 experts internationaux - journalistes, stylistes, acheteurs et professeurs, ainsi que celui qui écrit ces lignes - a participé à une deuxième sélection, pour obtenir une liste de neufs finalistes.

Le mystère est resté entier sur la composition finale du jury LVMH, surtout depuis le départ d’Haider Ackermann de son poste à la tête de Berluti au mois d’avril et de la démission de Phoebe Philo de Céline. Finalement, la nouvelle tête du jury était Clare Waight Keller de Givenchy, aux côtés de Karl Lagerfeld, Nicolas Ghesquière, Marc Jacobs, Maria Grazia Chiuri, Jonathan Anderson, Humberto Leon et Carol Lim - ainsi que de Delphine Arnault, qui a créé le Prix et dont le père, Bernard Arnault, faut-il le rappeler, est l’actionnaire majoritaire du groupe LVMH. Sans oublier Jean-Paul Claverie, un conseiller de Bernard Arnault, et Sidney Toledano, PDG du LVMH Fashion Group, remplaçant de Pierre-Yves Roussel, qui avait fait grandir rapidement un grand nombre de maisons de mode indépendantes à l’intérieur du groupe.

L’âge limite des candidats est fixé à 40 ans et ceux-ci doivent avoir produit au moins deux collections. L’édition 2018 est la cinquième du Prix LVMH, dont la récompense de 300 000 euros est la plus haute parmi tous les autres concours de mode. Parmi les précédents lauréats du Prix, on retrouve Marques’Almeida, Jacquemus, Hood by Air et Marine Serre. Pas étonnant que certains le surnomment « la Ruée vers l’or de la mode ».
 
Si d’autres prix européens - comme ceux de l’Andam, de Hyères, du British Fashion Council ou le Who is On Next en Italie - disposent d’un prestige considérable, le Prix LVMH est peut-être le plus convoité en raison de sa généreuse dotation et de la réputation de son double jury.

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