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Pucci fait vibrer Florence sur les bords de l’Arno

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5 mai 2023

Camille Miceli a dévoilé sa première collection pour Pucci en avril 2022 à Capri. Un an plus tard, la styliste a fêté sa première année à la tête de la griffe de luxe italienne, qui est passée entièrement sous le contrôle de LVMH en juin 2021, en organisant un tout premier défilé ce jeudi 4 mai. Pour cet anniversaire, elle a choisi de renouer avec Florence, où la maison a été fondée en 1947 par le marquis Emilio Pucci, et jeté son dévolu sur l’un des plus beaux emplacements du chef-lieu toscan, à savoir l'historique club d'aviron Società dei Canottieri Firenze.
 

Le caftan emblématique de la maison a ouvert le défilé - Pucci


Avec le soleil couchant, rougeoyant sous les arcades du célèbre Ponte Vecchio, et le fleuve étincelant sous un ciel rosé, la designer ne pouvait choisir un cadre plus évocateur pour susciter les bonnes vibrations. Installés dans des fauteuils en osier sous de grands parasols colorés aux imprimés joyeux de la marque, les quelque 300 invités, dont la rappeuse américaine Ice Spice et son compatriote Saint Jhn, l’actrice Emma Myers et les stylistes de mode Ebony et Jenna Tyson, sirotaient gentiment leur coupe de champagne en attendant le début des festivités.
 
Comme à son habitude, Camille Miceli est sortie des sentiers battus. Alors qu’elle avait opté lors de ses deux premières collections pour des événements expérientiels atypiques à Capri, l’île mythique rendez-vous de la jet-set dans les années 1960, puis dans la station de ski huppée de Saint-Moritz, en Suisse, elle a organisé jeudi soir un défilé décontracté, où l’on retrouvait toute l’énergie de la marque. Un événement qui faisait davantage penser aux retrouvailles d’une bande de copains en goguette qu’à la grande messe des défilés traditionnels.

D’ailleurs, le premier mannequin a fait son apparition comme une Madone, sur une barque glissant avec lenteur sous le Ponte Vecchio puis vers l’embarcadère. Vêtue d’un ample caftan aérien multicolore, confectionné dans une toile de parachute gonflée à bloc, la jeune femme fend l’espace avec assurance au milieu des chaises et tables basses. "Le caftan, c’est Pucci", assène Camille Miceli en coulisses, qui ne pouvait initier autrement son premier défilé. S’ensuit une série de looks d’un blanc immaculé (tops, pantalons et petites robes) avec des détails colorés ici ou là "pour nettoyer l’œil",  avant de replonger le spectateur dans un tourbillon chromatique.
 
La directrice artistique mélange habilement les imprimés issus des archives, qu’elle renouvelle ou réinterprète dans une veine ludique comme dans ces robes longues et leggings en maille noire décorés de bandes qui reprennent en jacquard les bords des différents foulards de Pucci, ou dans une série de tenues faciles et fraîches en jersey, coton ou soie, revisitant les motifs les plus reconnaissables de la maison, devenus des leitmotivs d'une collection à l'autre, tel l’imprimé Marmo de 1968 repris dans des denims traités au laser, Iride ou Fiamme de 1970, Girandole de 1966 ou encore le fameux motif Pesci (poissons), que Camille Miceli repropose dans de nouveaux coloris et variantes.

Ses looks sont pensés pour la plage, mais aussi pour habiller toutes les typologies, de l’écolière en socquettes et mini-jupe au garçon manqué en style boyish avec la gourde en passant par la fille pop avec son bomber et sa jupe orange fluo ou la demoiselle bon chic bon genre avec ses chemisiers de coton blanc en dentelle et sa veste noire bordée de paillettes blanches, sans oublier les adeptes de la baignade.


Les catwomen tout en bijoux imaginées par Camille Miceli - Pucci

 
L’univers nautique domine cette collection haute en couleurs composée de quarante looks, avec les typiques tenues balnéaires (maillots de bain, caftans, robes impalpables et fluctuantes en soie, combishorts moulants, etc.). Le show se termine notamment sur une série de combinaisons aux dessins psychédéliques enserrant le corps de la tête aux pieds comme les combinaisons des plongeurs.

Sans oublier les accessoires, comme ces très chics frites de piscine aux imprimés Pucci, ces maxi sacs de plage ou encore ces chapeaux cloche affublés sur le revers d’une paire de lunettes, qui vous fixent. On retrouve cet esprit fun dans les paniers en osier "Puccinella" décorés de deux yeux et d’une bouche sous forme de bikinis en soie.
 
"Après la plage, les filles s’envolent sur la lune", plaisante Camille Miceli, détendue, en backstage après le défilé. Dénommée "Initials E.P"., cette collection pour le printemps-été 2023, qui sera livrée en boutiques dès ce 5 mai, s’inspire, en effet, du logo de la mission NASA dessiné en 1971 par Emilio Pucci pour l’équipage de l’Apollo 15. "Cette allusion à l’espace est nouvelle dans le vocabulaire de la maison. Je m’en suis servie pour explorer l’idée de l’air. On a travaillé notamment sur un tissu en soie laminé avec une feuille d’or pour obtenir un effet d’irisation craquelé et sur un tissu Ripstop avec un effet givré", nous explique-t-elle.
 
Résultat, d’inattendues tenues taillées dans cette matière brillante et froissée comme les papiers qui enveloppent les chocolats ou les couvertures thermiques que l’on donne aux migrants rescapés des naufrages, dans laquelle la styliste confectionne des minirobes boules, de longs coupe-vent à capuche, ou des ensembles blousons-pantalons étincelants pour cosmonautes.

Après le show, la fête se poursuit jusqu'au bout de la nuit bercée par une bande-son rythmée dans une atmosphère de douce insouciance.

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