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Quatre Français sur dix sont des convertis à la seconde main

Publié le
today 7 oct. 2019
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En 2019, pas moins de 39 % des Français ont acheté au moins un vêtement ou accessoire de mode de seconde main. Et 48 % des consommateurs indiquent vouloir en acheter davantage dès 2020, selon une étude* de l’Institut français de la mode (IFM) à paraître fin octobre et que FashionNetwork.com a pu consulter en avant-première. Un document qui montre le potentiel d’un marché qui pesait déjà un milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2018.


Shutterstock


Ce chiffre de 39 % souligne le dynamisme de ce marché, sachant qu’une enquête identique menée il y a un an indiquait que 31 % des consommateurs avaient acheté une pièce mode d’occasion en 2018. Et l’évolution est d’autant plus notable à l’échelle de la décennie, l’IFM nous rappelant que le chiffre n’était que de 15 % en 2009.

Parmi les personnes ayant acheté de la seconde main cette année, pas moins de 20 % déclarent consommer désormais davantage de mode d’occasion que neuve, et seules 3 % disent avoir été déçues au point de songer à tourner le dos à la seconde main.

Côté motivations, il ressort que le principal argument de vente de la mode de seconde main reste le prix, cité par 75 % du panel, quand 45 % des personnes interrogées évoquent les questions écologiques ou éthiques.

Le document produit par l’IFM fait par ailleurs le point sur les différents acteurs qui se sont positionnés sur ce marché spécifique. A commencer par l’incontournable pure-player Vinted, qui draine désormais 56 % des acheteurs de seconde main en ligne, selon l’institut. Ce dernier relève d’ailleurs que la plateforme « a contribué à changer la manière dont est perçue la mode d’occasion, la rendant désirable auprès d’un large éventail de consommateurs aux profils socioprofessionnels variés ». L’étude analyse par ailleurs les différences de positionnement des acteurs en ligne, de Vestiaire Collective à Vide Dressing.



« Ce n’est pas une révélation, mais Internet génère le gros des ventes, que ce soit sur des sites spécialisés comme Vinted, Vide Dressing ou Vestiaire Collective, ou des sites généralistes comme Leboncoin ou Ebay », nous explique Thomas Delattre, chef de projet Etudes de l’IFM. « Mais il se passe clairement quelque chose sur la Toile, avec un effet d’entrainement qui oblige les acteurs spécialisés à adapter leur offre face à Vinted et ses fonctionnalités, comme le portefeuille en ligne. »

Les acteurs de la vente physique en ordre dispersé

Du côté des réseaux physiques, c’est à un paysage beaucoup plus hétéroclite que sont confrontés les consommateurs. Si les friperies et dépôts-ventes indépendants bénéficient de l’engouement actuel pour la seconde main, les enseignes de prêt-à-porter sont encore en quête d’un modèle permettant une coexistence non dommageable des produits neufs et d’occasion. Une équation rendue d’autant plus complexe par la multiplicité des promotions. Si les grands magasins s’arment désormais de pop-up dédiés, les acteurs de l’économie sociale et solidaire structurent leurs propres réseaux et se rapprochent des distributeurs classiques.

Car, rapporte Thomas Delattre, l’habitude croissante de revendre ses meilleurs vêtements contribue à niveler pas le bas la qualité des vêtements donnés aux organismes de collecte. « Le problème n’est pas la quantité, et ces réseaux solidaires doivent se réorganiser pour pouvoir revendre des produits de qualité », explique le spécialiste. « Car si vous ne collectez plus que des pièces mass market vendues à l’origine 5 euros, il va être difficile de rentabiliser sa revente. Ce qui fait qu’un des enjeux est la transition online, ce qui n’est pas évident pour ces réseaux solidaires ».



A la croisée des enjeux actuels du marché de la mode, entre quête de prix bas et évolution vers une économie circulaire, la mode de seconde main vit donc une période de transition notable, au point de remettre en question le modèle des acteurs historiques de l’occasion. En ressortira à terme un secteur plus que jamais fragmenté entre pièces vintage de valeur, articles de qualité revendus entre clients et pièces confiées au soin des collecteurs, dont une part ira vers les circuits de recyclage.

* étude réalisée en juin auprès d'une panel mixte de 1 250 personnes représentatif de la population française

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