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Quelle crise ? Tout va bien pour les grosses fortunes en Chine

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AFP
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27 oct. 2009

PEKIN, 27 oct 2009 (AFP) - Imperméables à la crise, les grosses fortunes de Chine ont encore prospéré cette année, vivant dans une bulle dorée loin des tracas du monde et consommant du luxe à un rythme vertigineux.


Businessman à Pékin - Photo : Corbis

Au coeur de Pékin, la rue Jinbao, 800 mètres d'une artère percée après 2.000 expropriations et où chaque centimètre carré pèse aujourd'hui des lingots: concessionnaires Rolls-Royce, Bugatti, boutiques de luxe Gucci, Cartier, ultra-sélect Hong Kong Jockey Club et plusieurs palaces cinq étoiles.

Grâce surtout à l'immobilier et à la Bourse, les 1.000 plus grosses fortunes de Chine, dont le magazine Hurun vient de publier le classement, disposaient collectivement de 571 milliards de dollars en septembre -- contre 439 milliards l'an dernier-- soit plus que les PIB de l'Indonésie ou de la Belgique.

"La richesse chinoise croît à une vitesse vertigineuse", a constaté Rupert Hoogewerf, fondateur de Hurun. La Chine est le deuxième pays pour le nombre de milliardaires en dollars (130) après les Etats-Unis.

Derrière Dubai et Abou Dhabi, Pékin est devenu le 3e marché au monde pour Rolls-Royce: 52 Phantom y ont été vendues l'an dernier --une par semaine-- au prix de 700.000 à 1 million d'euros, selon les versions.

"Nos clients sont 100% Chinois et très riches", explique Wilson Ho, directeur général pour Lamborghini, dans son showroom de la rue Jinbao, où rutile un cabriolet Murcielago.

"Ce sont des hommes d'affaires qui réussissent dans l'immobilier, les loisirs, la finance, les mines de charbon ou l'acier. Ils sont très, très jeunes: la majorité a entre 20 et 30 ans", dit-il.

"Certains clients achètent une voiture en une heure. Ils paient cash, et là on parle de 6, 7 ou 8 millions de yuans (600.000 à 800.000 euros). Pour les riches, ce n'est que de l'argent de poche", s'esclaffe M. Ho, qui représente aussi Bugatti et Rolls Royce: "ils sont milliardaires"!

"En Chine, il y a des dingues de voitures de luxe, certains peuvent en avoir dix dans leurs garages", ajoute-t-il.

Dans un autre quartier du luxe, la plus grande boutique Louis Vuitton de Pékin, sur trois étages, est pleine de clientes chinoises dont certaines passent en caisse les bras chargés de paquets.

La marque a ouvert en moyenne un nouveau magasin par mois cette année en Chine, où Vuitton se réjouit de sa "performance exceptionnelle".

A côté, chez le joailler Cartier, une vendeuse en gants blancs se tient devant une vitrine où est exposée une énorme montre à 123.000 euros en or blanc sertie de diamants.

"Les affaires marchent très bien en Chine", dit Bonnie Bao, responsable du magasin. Cartier y a ouvert 11 boutiques l'an dernier et en ouvrira huit encore cette année.

"Nos clients sont très riches", explique Mme Bao, "beaucoup achètent sans regarder le prix".

Dans le décor baroque et extravagant du designer français Philippe Starck, au restaurant du Lan Club, la clientèle, à 70% chinoise, consomme aussi sans compter.

La meilleure bouteille de cognac est à 3.680 euros, le Chateau Lafite 1995 à 2.500 euros, le plateau de fruits de mer à 530.

Retour rue Jinbao. L'ambiance est feutrée, la moquette épaisse et les lys embaument dans les salons du Hong Kong Jockey Club. La carte de membre coûte 25.000 euros, les 300 élus du cénacle le plus élitiste de la capitale sont quasiment tous chinois.

Des tailleurs ont été une fois amenés d'Italie pour réaliser des costumes sur mesure pour les membres dont les 450 employés doivent connaître non seulement le nom, mais encore celui de leur thé préféré.

Les portables ne sonnent pas. Ce serait trop vulgaire.

"En Chine, les riches ont dépassé le stade où ils étaient m'as-tu-vu", explique Chris Chen, chargée des relations publiques. "Maintenant ils savent utiliser leur richesse pour avoir un meilleur style de vie, dans un espace plus privé. Ici, ce n'est pas du luxe bling-bling".

Par Pascale TROUILLAUD

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