Rallye : la maison mère de Casino placée en procédure de sauvegarde

Rallye, la maison mère de Casino, a été placée en procédure de sauvegarde, rapporte jeudi Le Figaro, citant une source proche du distributeur français lourdement endetté. Le groupe Casino (qui comprend Monoprix ou Naturalia) n'est pas concerné. Le groupe Go Sport non plus.


Rally placé en procédure de sauvegarde

La cotation de Casino et celle de Rallye ont été suspendues dans la journée, ce qui a nourri des spéculations sur une restructuration de la dette de la cascade de holdings du groupe.

La cotation des autres holdings du PDG de Casino, Jean-Charles Naouri, Foncière Euris et Finatis, a également été suspendue.

Rallye a été suspendu à 7,6 euros et Casino à 27,94 euros, alors qu’il décrochait de 6,4 %, touchant ses plus bas niveaux depuis septembre 2018, lorsqu’il avait fait l’objet de dégagements massifs de vendeurs à découvert.

Casino accuse une chute de 20 % depuis le début de l’année, après un plongeon de 28 % en 2018, les investisseurs jugeant risquée une stratégie de cessions d’actifs dictée par la pression imposée par sa dette et celle de sa maison mère.

Cette suspension de cotation pourrait annoncer « une forme de restructuration de la dette », estime Bruno Monteyne, analyste chez Bernstein, ajoutant qu’elle pourrait, en ce cas, déboucher sur une perte du contrôle de son groupe par Jean-Charles Naouri.

Comme Casino, Rallye est très lourdement endetté et sa situation financière est critique, selon certains analystes.

En 2018, ses sorties de cash (ses charges financières) ont été supérieures à ses entrées (les dividendes de Casino), selon les analystes de Barclays.

En outre, ses flux de trésorerie se sont dégradés avec la décision de verser entièrement en numéraire son dividende 2018 à ses holdings Euris et Finatis.
Par ailleurs, la valeur de ses actifs (essentiellement sa part dans Casino) est inférieure au montant de sa dette, et la société pourrait se trouver, selon Kepler Cheuvreux, à court de liquidités et proche de la faillite d’ici à 2021, compte tenu de ses échéances de remboursement de dette.

Pour pouvoir obtenir des lignes de crédit bancaires, Rallye doit apporter des titres Casino en garantie auprès des banques, et plus le cours de Casino baisse, plus Rallye a besoin de nantir de titres.

Or Kepler Cheuvreux estime qu’aux niveaux de cours actuels de Casino, 100 % de la participation de Rallye dans le distributeur est déjà nantie. « Au-dessous de 33,7 euros il y a un appel de marge et comme il n’y plus d’actions disponibles, Rallye doit payer en cash et donc puiser dans ses lignes de crédit non collatéralisée. »

De son côté, Casino, dont la notation financière a été encore dégradée par les agences S&P et Moody’s en avril, a encore accru son programme de ventes d’actifs sans pour autant parvenir à rassurer les investisseurs.

L’endettement général de la cascade de holdings reste un obstacle majeur et Casino ne dégage pas suffisamment de trésorerie en France pour sortir de cette spirale.

En outre, les analystes estiment que ses ventes d’actifs engagées depuis 2018 (essentiellement des murs de magasins) constituent une menace, à terme, pour son activité même de distributeur alimentaire.

La dette nette de Rallye s’est creusée à 2,9 milliards d’euros en 2018, tandis que celle de Casino s’est réduite d’un milliard, grâce à des cessions, à 2,7 milliards.

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