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1 nov. 2020
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Reconfinement: Jean Castex annonce la fermeture des rayons non essentiels dans les grandes surfaces

Publié le
1 nov. 2020

Le Premier ministre a exhorté les Français dimanche au respect du confinement, "indispensable" pour en sortir au plus vite, et annoncé la fermeture des rayons non essentiels dans les grandes surfaces pour apaiser la colère des petits commerces.


Un client retire sa commande passée en click & collect, autorisé dans une librairie de quartier. - AFP


"Les Français râlent, les Français sont dans la difficulté" et "je comprends la lassitude de nos concitoyens, je comprends les difficultés des uns et des autres", a déclaré Jean Castex au 20H de TF1. Mais il faut que "nous soyons extrêmement vigilants, que nous respections ce confinement: il en va de la survie de l'économie, il en va de notre santé collective", a-t-il ajouté.

"Mieux vous respecterez les règles aujourd'hui (...), plus vite nous pourrons en sortir", a encore insisté le Premier ministre, évoquant la fin du confinement prévue pour l'instant le 1er décembre "s'il a, comme nous l'espérons, produit ses effets". Dans un entretien au Journal du dimanche (JDD), le ministre de la Santé Olivier Véran avait déjà prévenu que quelle que soit la situation Noël cette année "ne sera pas une fête normale".

L'épidémiologiste Arnaud Fontanet, membre du Conseil scientifique qui guide le gouvernement, a averti que le nombre d'hospitalisations et d'entrées en service de réanimation "va grimper" au cours des prochains jours. "On ne peut pas l'empêcher", puis cela "va redescendre, revenir là où on en est aujourd'hui dans à peu près un mois", a-t-il ajouté lors du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI. Pour lui, il faudrait deux mois de confinement pour freiner drastiquement la circulation du virus, ce qui prolongerait les restrictions à la période des fêtes de fin d'année.

Rayons non essentiels fermés



Du côté des petits commerçants, la colère ne faiblit pas. Avec ce nouveau confinement, les restaurants, bars et commerces jugés "non essentiels" doivent garder le rideau baissé. A quelques semaines des fêtes de fin d'années, les petits commerces qui vendent jouets ou livres dénoncent la concurrence déloyale des grandes surfaces - autorisées à rester ouvertes - et des plateformes en ligne, dont Amazon.


AFP



Face à cette bronca des commerçants et de nombreux maires, "nous ne reviendrons pas sur les mesures annoncées, c'est beaucoup trop tôt", a répondu le Premier ministre, qui s'est entretenu dimanche en visioconférence avec les fédérations professionnelles (Medef, CPME, Union professionnelle des petits commerçants) et les associations de commerçants de proximité.

Toutefois, il a annoncé la fermeture à partir de mardi des rayons non essentiels dans les grandes surfaces. Une décision qui risque de mécontenter la grande distribution, dont la fédération avait fait part quelques heures plus tôt de sa "totale incompréhension" et de son "opposition" à une fermeture des rayons non alimentaires.

Quelques supermarchés solidaires envers les commerces fermés



Avant l'annonce de Jean Castex, les chaînes de supermarchés Auchan et Monoprix ont annoncé que leurs établissements feraient de la place à certains commerçants contraints à la fermeture par le reconfinement.  "Dès lundi 2 novembre, par mesure de solidarité, Auchan met à disposition ses plateformes physiques aux commerçants touchés par la fermeture de leur magasin", a annoncé samedi dans un communiqué le géant français des hypermarchés. Le groupe compte principalement accueillir des libraires, contraints à fermer boutique par le reconfinement, à qui il proposera de la place.

"Auchan propose de leur ouvrir, dans ses hypermarchés, des espaces dans lesquels ils auraient la possibilité de poursuivre leur rôle de conseil et de prise de commandes et remettre les livres commandés par leurs propres clients", explique le groupe. "Une surface de stockage leur sera également offerte". Plus largement, il compte aussi ouvrir ses comptoirs de retrait aux commerçants qui servent habituellement de dépôts aux colis distribués par la messagerie Mondial Relay afin qu'ils poursuivent cette activité spécifique.

La veille, c'était la chaîne Monoprix, propriété du groupe Casino, qui annonçait dans le Figaro qu'elle accueillerait des libraires, des fleuristes, des marchands de jouets et des cordonniers dans ses magasins. "Puisque nous avons le droit d'ouvrir, je considère que nous avons le devoir d'accueillir des commerçants qui ont l'obligation de fermer", y déclarait le dirigeant de Monoprix, Jean-Paul Mochet.

La fronde des petits commerces est soutenue par des maires de plusieurs villes petites et moyennes qui ont pris des arrêtés autorisant l'ouverture des commerces non alimentaires sur leur commune. Des "maires irresponsables" qui "menacent la santé des Français", pour le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Durement touchés au printemps, de nombreux commerçants sont entrés avec appréhension dans cette nouvelle mise sous cloche malgré un assouplissement qui leur permet de rester ouverts pour le retrait de commandes en magasin. Ils craignent notamment de rater la période de Noël, au profit des grandes surfaces mais aussi du commerce en ligne . Avec les mesures annoncées par le Premier ministre, les géants de l'e-commerce pourraient sortir comme les grands gagnants de la période.

La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) avait salué, dimanche, la fermeture de rayons évoquée par le gouvernement qui «pourrait, à court terme, rétablir l'équité avec le commerce de proximité». Mais elle réclamait surtout «la possibilité, en fonction du contexte sanitaire, de rouvrir les commerces» localement, sur décision préfectorale.

(Avec AFP)
 

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