Redynamisation des centres-villes : les petites villes résignées ?

Si 68 % des Français se disent préoccupés par le dynamisme de leur centre-ville, une vraie fracture apparaît entre les villes moyennes, les plus mobilisées, et les petites communes, fortement résignées. C’est l’un des principaux enseignements du troisième Baromètre du Centre-ville et des Commerces réalisé par ClearChannel et CSA pour l’association Centre-Ville en Mouvement (lire notre article premium « Centres-Villes : la fiscalité pour tenir tête aux périphéries ? »).


Le petite ville de Lillebonne (Seine-Maritime) - MG/FNW

Dans les agglomérations de moins de 50 000 habitants, 51 % des sondés disent ainsi n’être pas vraiment, ou pas du tout, attachés à leur centre-ville. A contrario, dans les villes de plus de 50 000 habitants, ils sont 68 % à se dire attachés ou très attachés à leur cœur de ville. De même, si 80 % des sondés dans les villes de 50 000 à 100 000 habitants se disent préoccupés par le dynamisme de leur centre-ville (en faisant les villes les plus mobilisées sur la question), le chiffre tombe à 60 % dans les villes de moins de 50 000 habitants (en faisant les moins mobilisées du pays).

« C’est une vraie cassure, pour Julie Gaillot, de CSA Research. Il y a une vraie fatalité concernant le déclin de leur centre-ville dans ces plus petites villes. Il s’agit de la seule catégorie de ville où l’attachement est aussi faible. C’est un sentiment de résignation vis-à-vis d’un constat que les habitants ont fait bien avant les pouvoirs publics. »

Mais le baromètre apporte une donnée forte : l’année écoulée a bien été celle de la prise de conscience du problème des centres-villes. Les Français sont en moyenne à 68 % préoccupés par la question et 53 % constatent que le sujet fait davantage parler qu’avant. Ce qui n’est pas sans lien avec une hausse de 10 points de la part des sondés jugeant leur centre-ville en déclin, à 42 %. Le sentiment est d’ailleurs plus fort (50 %) dans les villes de moins de 100 000 habitants que dans les plus grandes (33 %). En revanche, la part des sondés jugeant que leur centre-ville est en développement reste stable à 32 %.

Les élus locaux noteront de leur côté que, pour le panel, la modernisation des centres constitue un objectif important (52 %), voire prioritaire (35%). Mais que ce même panel juge aussi que la question « doit constituer » un objectif important (42 %), voire prioritaire (53 %), en hausse de 19 points en deux ans. Un décalage qui souligne les fortes attentes des Français vis-à-vis de leurs élus locaux.

En termes d’usage, le baromètre indique que 57 % des sondés disent se rendre en centre-ville pour du shopping (+7 points) et 33 % pour des achats courants (+6 %). Mais ils s’y rendent surtout pour retrouver des proches (82 %) et flâner (79 %). « Cela souligne que si je vais en centre-ville, c’est pour faire des achats, mais pas seulement : c’est aussi parce il y a là du lien social », explique Julie Gaillot. Et, concernant les périphéries, si 66 % disent s’y rendre pour leurs achats courants, ils ne sont que 42 % à y aller pour faire du shopping.

Enfin, 43 % du panel indiquent au final se rendre autant qu’avant dans les commerces de centre-ville, contre 26 % indiquant s’y rendre plus souvent (+2 points). Quant à savoir ce qui pourrait inciter les Français à visiter davantage leur cœur de ville, ils sont 21 % à répondre en premier lieu par la piétonisation des rues, devant le développement de commerces alimentaires (18 %), de transports en commun (14 %) et d’espaces verts (11 %). L’apparition de commerces spécialisés, habillement compris, n’arrivant que bien plus bas dans la liste, citée en premier lieu par seulement 4 % des sondés.

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