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Réformes : face aux partenaires sociaux, Castex ouvre son agenda social

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AFP
Publié le
9 juil. 2020
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3 minutes
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Après le baptême du feu au Parlement, l'agenda social: Jean Castex poursuit son apprentissage accéléré de Matignon en recevant jeudi et vendredi les partenaires sociaux, prélude à la réouverture des dossiers explosifs des retraites et de l'assurance-chômage.


Jean Castex - AFP



Des premières heures de la matinée jusqu'aux dernières lueurs du jour jeudi, avant une reprise vendredi après-midi, c'est le grand défilé des syndicats et patronat à l'hôtel de Matignon, venus prendre le pouls des intentions du nouveau Premier ministre.

"Il est réputé dans le milieu syndical, plutôt apprécié, parce que dans les fonctions qu'il a occupées, il a toujours privilégié le dialogue, mais encore une fois () on verra aux actes", a résumé le patron de la CFDT Laurent Berger, qui ouvre le bal des entretiens bilatéraux dès 08H30.

M. Berger avait été l'interlocuteur clé du précédent locataire des lieux, Edouard Philippe, lors de la réforme des retraites dont les soubresauts avaient rythmés l'hiver dernier, avant d'être suspendue par l'épidémie de coronavirus.

Favorable à l'instauration d'un système universel par points - une promesse de campagne d'Emmanuel Macron - mais contre l'introduction d'un "âge pivot", M. Berger avait arraché la mise sur pied d'une conférence de financement, censé régler le problème de l'équilibre financier. Sauf que cinq mois plus tard, la donne économique, sociale et politique a encore changé.

Reste à savoir à quel point. Car M. Castex a fait part de sa détermination à rouvrir le dossier et à le régler "à court terme", quand les partenaires sociaux penchent, a minima, pour un report, le temps que la poussière de la crise retombe.

"Refuser de parler des retraites lorsque l'équilibre des comptes, et donc la sauvegarde du système actuel se trouve compromise, serait irresponsable", a plaidé le Premier ministre mercredi devant le Sénat.

"Je vais rouvrir le dialogue, toutes les organisations syndicales viendront discuter avec moi (...) et nous nous mettrons d'accord sur une méthode et un calendrier", a ajouté le chef du gouvernement lors de la séance des questions d'actualité, en précisant qu'il aborderait "la question des retraites dans un cadre global".

"Provocation"



M. Castex a aussi dessiné sa méthode: la réforme du système, et donc des régimes spéciaux, sera poursuivie, mais séparée "des dispositions qu'il y a lieu de prendre pour sauvegarder le système actuel", d'ordre financier. D'après une estimation provisoire du Conseil d'orientation des retraites (COR), le déficit du système de retraites devrait approcher cette année le niveau record de 30 milliards d'euros, très loin des 4 milliards attendus avant la crise.

"Ressortir le dossier de la réforme universelle à points, venir nous dire on va quand même la faire, on va modifier deux ou trois choses, franchement c'est de la provocation, tout le monde est contre", a tempêté en retour le patron de la CFE-CGC François Hommeril.

"Ce n'est vraiment pas le moment de rouvrir un tel dossier", a abondé Yves Veyrier (FO), tout en appréciant le "signal" envoyé par la réception immédiate des syndicats.

Outre les retraites, d'autres imposants chantiers sont en jachère, comme la réforme de l'assurance-chômage dont le deuxième volet devait entrer en vigueur au 1er septembre. M. Castex veut en "décaler la mise en oeuvre", alors que les syndicats en réclament l'abandon.

Le nouveau Premier ministre arrive en tout cas précédé d'une réputation flatteuse de "super négociateur", comme le dépeint un ancien collaborateur du cabinet de Xavier Bertrand, que M. Castex a dirigé à la Santé (2006-2007) puis au Travail (2007-2008).

Celui qui fut aussi conseiller social de Nicolas Sarkozy à l'Elysée a d'ailleurs insisté sur ce point depuis sa prise de fonction, comme pour se démarquer de son prédecesseur: "L’écoute, la recherche de compromis doivent être une absolue nécessité, pas simplement pour le plaisir du consensus, mais parce qu'elles constituent des gages indispensables de l’efficacité publique", a-t-il insisté lundi soir devant les parlementaires de la majorité.

"Le dialogue et la concertation, on en entendait déjà parler avant et ça n'a pas eu lieu", a rétorqué mercredi soir, circonspect, le leader de la CGT Philippe Martinez.

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