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Relocalisation : l'industrie chinoise poursuit son implantation aux Etats-Unis

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8 nov. 2016

Sous-traitant d’Adidas, Reebok et Armani, le Chinois Suzhou Tianyuan Garments va investir 20 millions de dollars dans la création d’une usine aux Etats-Unis. Le dernier acte en date d’une vague de relocalisations textiles dans le pays.

Signature de l'accord entre Suzhou Tianyuan Garments et l'Etat d'Arkansas, en présence de représentants des fédérations industrielles américaines et chinoises - DR


Annoncée pour un lancement de la production à horizon fin 2017, l’usine devrait permettre la création de près de 400 emplois en Arkansas. Une force de production qui viendra pour l'entreprise renforcer les 10 millions d’articles produits annuellement, dont 90 % à destination de la marque allemande Adidas.

Cette création de structure souligne une nouvelle fois la volonté chinoise de ne plus se contenter d’acquérir des entreprises existantes. Comme ce fut notamment le cas quelques semaines plus tôt, quand la société Shangying Global annonçait débourser 280 millions de dollars pour racheter le fabricant, designer et merchandiser textile Oneworld Star International.
 
La Pennsylvanie, dont l’industrie textile avait connu une série de faillites après la crise des subprimes, avait l’an passé pu se féliciter de la création de 500 emplois dans le secteur grâce à l’arrivée de Keer Group, filiale du Chinois Ni Meijuan. Non loin, les Etats de Caroline du Nord et du Sud compteraient désormais près d’une trentaine d’usines sous capitaux chinois.
 
Des investissements chinois qui prennent une aura nouvelle avec l’Accord de libre-échange transpacifique (TPP). Présenté comme un « bouclier anti-Chine » par la Maison Blanche, ce dernier vise à créer de l'emploi via le renforcement des exportations. L’accord, s’il était ratifié, lierait l’Amérique aux pays d’Asie du Sud-Est, excluant volontairement le mastodonte chinois. Mais le TPP pourrait bien rester lettre morte, les deux candidats à la présidentielle américaine s’étant prononcés contre sa ratification.

Mais qu’en est-il alors des moteurs de ces relocalisations textiles américaines ? Les salaires, tout d’abord. Le Boston Consulting Group estimait l’an passé qu'en dix ans, les dépenses salariales pour produire en Chine auraient triplé. De quelque 4,35 dollars par heure en 2004, les coûts atteindraient désormais 12,47 dollars. Du côté des Etats-Unis, le salaire moyen n’aurait lui augmenté que de 30 % depuis 2004, à 22,32 dollars.

A cela s’ajoutent les coûts de l’énergie, bien moindres aux Etats-Unis qu’en Chine. Les Etats-Unis profitent en outre d’aides et de détaxes allouées à son industrie textile. Et bénéficie, à l’instar de la Chine, d’un accès aisé aux stocks de coton. Un domaine dans lequel Washington se montre parfois trop enthousiaste, au point d’être régulièrement traîné devant les arbitres de l’OMC par le Brésil, autre grand pays producteur de la matière blanche.

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