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Cecile Herrero
Publié le
14 nov. 2022
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Renzo Rosso (OTB): "Il faut aider les petites entreprises de la mode, plutôt que de les acquérir"

Traduit par
Cecile Herrero
Publié le
14 nov. 2022

Lors de son discours au Fashion Summit Pambianco-PwC, qui s'est tenu à Milan la semaine passée, le patron d'OTB, Renzo Rosso, n'a pas manqué de lancer une pique, pour employer un euphémisme, aux grands groupes et aux marques qui viennent de l'étranger pour "faire leurs courses" dans la chaîne d'approvisionnement de la mode italienne.
 

Renzo Rosso au Fashion Summit Pambianco-PwC - Photo: FNW/Laura Galbiati


"À notre avis, les petites entreprises et les ateliers d'artisanat doivent être soutenus par d'autres moyens. Nous travaillons avec une myriade de très petites entreprises, avec lesquelles nous avons créé des liens très étroits, en leur fournissant des formations, un soutien technologique qu'une micro-entreprise ne peut se permettre, tous les outils dont elles ont besoin pour viser la durabilité, ce qui est très complexe et coûteux, jusqu'au soutien financier par le biais de notre programme Cash, dont les taux sont beaucoup plus bas que ceux des banques", a expliqué Renzo Rosso. "Plutôt que d'acquérir une entreprise, je préfère l'aider de cette manière, en gardant à la barre les entrepreneurs qui l'ont créée, avec leur travail et leur passion."
 
Le dirigeant a ensuite souligné la taille et la composition du groupe OTB, non sans une légitime fierté et une petite note polémique: "Je ne comprends pas quand je lis qu'il n'y a pas de grand groupe de mode en Italie. Nous sommes un véritable groupe, qui a centralisé toutes les fonctions pour créer une synergie et qui est construit pour apporter un soutien maximal aux entreprises qui le composent, en termes de services et de conseil. En 2021, nous avons réalisé un chiffre d'affaires de 1,5 milliard d'euros et cette année, nous atteindrons 1,8 milliard d'euros. Nous visons toujours plus haut: à part Diesel, toutes les autres sont des marques de luxe, dont certaines affichent une croissance de 30 % à 40% par an. Le segment du luxe se porte bien, mais nous avons également besoin de la réouverture de la Chine, qui représentera 50 % à 55% des ventes de luxe dans les prochaines années".

Un chapitre à part est consacré à Diesel, que Renzo Rosso définit comme "l'une des 7/8 marques les plus recherchées au monde à l'heure actuelle". "Au cours des deux ou trois dernières années, nous avons fait quelque chose que beaucoup ont peur de faire: nous avons réduit le chiffre d'affaires d'environ 400 millions pour positionner la marque vers le haut. Il y a encore beaucoup de travail à faire, mais une fois le projet terminé, Diesel sera une entreprise incroyable, capable de réaliser un chiffre d'affaires de plusieurs milliards ; je veux qu'elle devienne une alternative au luxe, un véritable luxe décontracté".
 
Sur le plan de la durabilité, l'entrepreneur a déclaré qu'après Diesel, toutes les autres marques du groupe commenceront également à introduire des vêtements équipés de RFID pour garantir une traçabilité maximale aux clients. En ce qui concerne les ventes en ligne, Renzo Rosso (qui a été l'un des premiers partenaires de Yoox) a rappelé comment Diesel a été la première marque en Europe à ouvrir son propre commerce électronique en 1996: "Nous vendions 16 paires de jeans par jour", se souvient-il en souriant. "Aujourd'hui, nous ne pouvons plus nous passer de la dimension numérique, qui deviendra de plus en plus grande mais continuera à voyager en parallèle avec l'univers physique".
 
À la question de savoir si le groupe OTB pourrait également s'ouvrir à d'autres secteurs à l'avenir, Rosso a déclaré: "Nous nous essayons aux lunettes et j'aimerais me lancer dans la beauté, qui est toutefois un monde très complexe. Avec notre holding familial Red Circle, je poursuis de nombreux projets, je suis fasciné par le monde de l'hôtellerie, du vin et de l'alimentation biologique. Mon objectif pour l'avenir est que tout cela puisse un jour converger vers un seul et même holding". Et au sujet d'une éventuelle cotation en bourse de son entreprise, l'entrepreneur anticipe: "Nous travaillons certainement à une future cotation, également pour accompagner la transition générationnelle et aider la famille à gérer toutes ces entreprises, ce qui n'est pas du tout facile".

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