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Reportage: les Pays-Bas, l’âme verte de la mode

Publié le
today 12 janv. 2012
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Les Pays-Bas et ses 16 millions d’habitants partagent avec l’Hexagone un amour pour la mode. Dans ce pays 13 fois plus petit que la France, environ 120 000 personnes travaillent dans ce secteur qui depuis longtemps fait rimer prêt-à-porter avec responsabilité. D’Amsterdam à Arnhem, en passant par Eindhoven et Rotterdam, visite au pays des tulipes à la rencontre de griffes qui ont choisi de se mettre au vert. Des marques qui seront toutes présentes sur le salon Who’s Next Prêt-à-Porter Paris sous la bannière du collectif hollandais Green-Orange réunissant la mode néerlandaise durable.

"Green Soul" mais créatif
Amsterdam... ses vélos, ses cafés bio, et ses hôtels éco-conçus ; ici tout rappelle que la capitale néerlandaise a choisi le vert pour couleur. Notre "country-tour" débute donc chez Studio Jux dans un showroom niché au sein d’une ancienne école maternelle. Cette marque, créée en 2009, qui a fait de l’éco-conception son cheval de bataille, compte déjà 49 points de vente dans neuf pays dont la France. Avec sa mode sobrement créative, Studio Jux a remporté, l’année dernière lors de l’Ethical Fashion Show, le Prix "Entreprendre la Mode Ethique" remis par La Redoute, qui lui a permis de travailler sur une collection automne-hiver 2011 pour le vépéciste. "Nous utilisons notamment des matières organiques comme les algues pour concevoir une mode simple, mais créative car il n’est pas question de sacrifier le style sur l’autel de l’écologie", explique Ivar Schout, directeur des ventes de Studio Jux.


De g à d : silhouette signée Studio Jux, Van Markoviec, Sage & Ivy et Twin Couture avec ici le trench en tissu d'écorce d'arbre de Mutuba entièrement fabriqué à la main, artisanat classé au Patrimoine mondial de l'Unesco.

Du style, c’est ce qui anime Arnhem. Cette ville de l’est du pays a pour ambition de devenir "La" ville de la mode en Hollande avec sa biennale et son Académie de design. Un quartier défavorisé d’Arnhem a d’ailleurs été entièrement réhabilité pour accueillir une cinquantaine de créateurs et leur boutique/atelier. Parmi eux, Van Markoviec, une marque de prêt-à-porter haut de gamme fondée en 2005 qui prône les bienfaits du "slow fashion". Respect des conditions de travail, réduction de l’empreinte écologique ou utilisation de matériaux recyclés sont les engagements de ses fondatrices, la styliste Kasia Markowska et la scientifique environnementale Zuzia Andziak. Car l’utilisation de matières alternatives confère à la mode éthique des allures de "science" où la recherche prend toute sa place.

La mode comme une science qui a un prix
Départ pour Eindhoven, la ville lumière, lieu de naissance de Philips. Sage and Ivy, créée en 2009 par Alexia van Engelen, propose une mode proche de la couture, mais aussi de la nature, "Je n’utilise aucune peau animal, aucune fourrure, ce qui nécessite une véritable recherche des matières", souligne la créatrice, ancienne élève de l’Institut Marangoni. Ses robes en soie naturelle jouant subtilement la transparence, côtoient d’épais manteaux d’hiver vendus 700 euros. "Ce qui peut poser problème, ce sont le prix de ses collections. Il faut donc expliquer pourquoi les prix sont plus élevés, ce qui passe par la communication et le marketing alors que l’écologique ne devrait pas être un argument de vente", explique Sylvie Verdierre, initiatrice du projet Green-Orange et fondatrice de WaVe-Up Marketing et Promotion, qui aide les créateurs hollandais à exister sur les salons internationaux comme The Train & The Box New York et le Livingroom Tokyo.



En haut: concept-store éco Charlie & Mary à Amsterdam. En bas: la créatrice Royam Hesam dont le showroom est à Rotterdam et en bas à droite: la boutique de t-shirts arty et éco Okimono à Arnhem.

Car si le consommateur néerlandais a intégré depuis longtemps l’importance de l’éthique, son pouvoir d’achat, au troisième rang européen*, n’y est pas pour rien. Les prix de ses collections pourraient alors refroidir les acheteurs français et internationaux à la recherche - surtout en temps de crise - du meilleur rapport qualité/prix. Un argument qui ne décourage pas la jeune garde de la création hollandaise. A l’image de Twin Couture, tout juste lancée par les jumelles Lavinia et Abigail Bakker qui sont allées en Ouganda rechercher un matériau venant de l’arbre Mutuba. Un tissu d'écorce qu’elles déclinent en manteau ou en sac pour des prix pouvant atteindre, rareté oblige, près de 1 000 euros.

*Source Ubi France, à titre indicatif, en 2007, aux Pays-Bas, le PIB/hab s’est élevé à 32 740 euros contre 27 600 euros par habitant en France.

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