Richemont dépasse les attentes des analystes en termes de croissance, mais pas de rentabilité

Richemont termine une année plus que satisfaisante, porté par deux importantes acquisitions et par la croissance enregistrée dans tous les segments et la plupart des zones géographiques. Le géant du luxe helvétique a opéré en 2018 un virage vers le numérique via la prise de contrôle totale du portail de mode YNAP (Yoox Net-A-Porter) et l’acquisition du site britannique Watchfinder, spécialisé dans les montres d’occasion haut de gamme. Ces deux actifs consolidés respectivement depuis mai et juin au niveau du groupe, et regroupés sous l'unité Online Distributors, n’ont pas manqué de conditionner l'exercice 2018/19 clos fin mars.
 
La nouvelle ligne Clash de Cartier - Cartier

Le groupe, qui détient notamment dans son écurie les marques Cartier, Van Cleef & Arpels, Piaget et Montblanc, avait en outre annoncé en octobre dernier son intention de créer une coentreprise avec le géant chinois de la distribution en ligne, Alibaba.
 
Richemont a plus que doublé son bénéfice net sur son dernier exercice (+128 %) à 2,78 milliards d’euros, un chiffre néanmoins en deçà des prévisions des analystes, qui tablaient sur 2,93 milliards. Par ailleurs, ce chiffre comprend un bénéfice comptable après impôts de près de 1,38 milliard d'euros correspondant à la réévaluation des actions de YNAP détenues avant l'offre publique de rachat.

Le résultat opérationnel s’affiche, lui, à 1,94 milliard d'euros, alors que les analystes prévoyaient là aussi un peu plus (2,09 milliards). Il progresse de 5 % par rapport à l’exercice précédent, avec une marge qui tombe de 16,7 à 13,9 %, pénalisée par les acquisitions. Si l’on exclut l’impact de YNAP et Watchfinder et des charges exceptionnelles de l’ordre de 118 millions d’euros, la marge serait ressortie à 19,5 %, souligne le numéro deux mondial du luxe dans son communiqué.

Le groupe frôle les 14 milliards d'euros de recettes
 
Au terme de son exercice décalé, Richemont a enregistré un chiffre d’affaires de 13,98 milliards d'euros, bondissant de 27 % en données publiées. En croissance organique, c’est-à-dire en excluant YNAP et Watchfinder, la croissance a été de 8 % à taux de change constants. Dans ce cas, la société dépasse les attentes des analystes qui prévoyaient une hausse de 7 %.
 
Comme elle le met en avant, tous les segments et la plupart des zones géographiques sont en progression, avec une croissance à deux chiffres en Asie Pacifique (+20 %), dont +15 % en Chine et +16 % au Japon, et dans les Amériques (+40 %). Ces deux régions contribuent pour plus de la moitié aux recettes du groupe, qui n’a pas été pénalisé par les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, selon le directeur général Jérôme Lambert. Richemont engrange aussi une croissance à deux chiffres dans les boutiques des maisons joaillères et horlogères détenues en propre.
 
En Europe, deuxième débouché pour la compagnie suisse après l’Asie Pacifique, la crise des gilets jaunes en France et les incertitudes liées au Brexit au Royaume-Uni ont eu un impact certain avec des ventes à périmètre comparable qui ont progressé à peine de 1 %, mais bondi de 37 % sil' on tient compte des acquisitions.
 
Chloé, automne-hiver 2019/20 - © PixelFormula

« C’est une année de transition et de consolidation qui vient de s’achever. Nous avons avancé sur le chemin de notre transformation. (…) Dans l’ensemble des secteurs d’activité, les initiatives récemment prises commencent à porter leurs fruits », commente le président, Johann Rupert, tout en rappelant que « les défis demeurent », notamment pour les maisons de mode du groupe (Montblanc, Peter Millar, Chloé, Alfred Dunhill, Alaïa, Purdey), qui « ont connu des évolutions contrastées ».
 
Ces dernières ont vu leurs ventes augmenter de 2 % (+5 % hors acquisitions) à 1,88 milliard d’euros et accusé une perte d’exploitation de 100 millions d’euros. De même, le nouveau pôle Online Distributors (YNAP et Watchfinder) affiche un chiffre d’affaires, couvrant respectivement 11 et 10 mois, de 2,1 milliards d’euros et une perte opérationnelle de 264 millions.
 
Les ventes des maisons de joaillerie, segment phare du groupe, se sont quant à elles envolées de 10 % à 7,08 milliards, représentant plus de la moitié de l’ensemble du chiffre d’affaires de Richemont, tandis que leur résultat d’exploitation s’élevant à 2,23 milliards contribue pratiquement intégralement à l’Ebit du groupe, avec une marge ressortant à 31,5 %.
 
Enfin, surfant sur un secteur qui a bien débuté l'année, les marques horlogères affichent un chiffre d’affaires de 2,98 milliards (+10 %) et un résultat d’exploitation de 378 millions d’euros, bondissant de 44 % par rapport à l’exercice précédent.
 

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