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Riviera et Interfilière espèrent tenir salon avec Who's Next en septembre

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20 avr. 2020
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4 minutes
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Le choc a été rude. Les conséquences de l'épidémie de coronavirus se sont imposées abruptement à Eurovet le 8 mars dernier, jour où le gouvernement a décrété l'interdiction des manifestations de 1.000 personnes... alors que les équipes venaient de terminer de monter le salon Sport Achat à Lyon, qui devait ouvrir le lendemain. Une annulation de toute dernière minute qui en précédait d'autres pour Eurovet, à commencer par celle du salon Unique et de son nouveau projet parallèle Swim Culture qui devaient s'ouvrir fin juin à Paris, pendant la Fashion Week. 


Edition de juillet 2019 d'Unique et Interfilière - Eurovet


"La situation est terrible pour l'événementiel, car notre business model est très particulier : nous jouons le chiffre d'affaires annuel d'une division sur quelques jours seulement. Et il n'y a pas d'assurance dans notre métier qui prenne ce risque de la pandémie en charge. Mais il faut aller de l'avant, et, même si nous n'avons pas de visibilité, nous devons préparer la reprise", explique Marie-Laure Bellon, la dirigeante d'Eurovet.

Le scénario de reprise est justement suspendu à la possibilité ou non de tenir salon début septembre : dans le cas où le contexte serait favorable, l'organisateur travaille à un format inédit pour remplacer les salons de l'amont et de l'aval du secteur lingerie et bain que sont Interfilière et Unique, qui auraient dû se tenir fin juin. "Nous avons pu réserver un hall aux côtés du salon Who's Next, du 5 au 7 septembre. Nous travaillons donc à un format inédit, de crise en quelque sorte, pour permettre aux marques et fabricants de relancer leurs business", explique Marie-Laure Bellon. 

Attachée à la notion de coopération entre salons en ces temps troublés, la dirigeante espère qu'avec ses confrères, ils pourront valider en juin la tenue des événements de septembre. Eurovet propose pour cela une double bannière au-dessus du hall 3, Interfilière pour l'amont, d'une part, et Riviera pour les collections de produits finis. "Riviera est un format de commercialisation de fin de saison qui se tenait par le passé en septembre, cela fait sens de le relancer à cette occasion", estime Marie-Laure Bellon.

S'aligner en septembre pour essayer de relancer la machine avec le printemps-été 2021 ?



Si les organisateurs marchent sur des œufs, ils ne sont pas sans idées : "Nous réfléchissons notamment, pour répondre à ce contexte exceptionnel, à une manière de pouvoir mettre en vente les stocks des marques du printemps-été 2020 sur le salon". Une proposition qui fait sens sur le marché du maillot de bain dont la saison démarre dans le pire des climats de consommation.

"Nous essayons par ailleurs de rester actifs auprès de notre réseau en ce moment, en organisant des apéros en ligne entre les détaillants, des webinaires pour les encourager à trouver des alternatives pendant que les magasins sont fermés, mais surtout rester informés et connectés, ce qui peut s'avérer crucial pour la suite", ajoute Marie-Laure Bellon.

L'organisateur entend dans ces circonstances se recentrer sur le cœur du business et aller à l'essentiel : des salons de commandes au format efficace et aux coûts resserrés. Le nouvel événement Swim Culture qui devait être lancé au Palais de Chaillot en juin, mixant la population des exposants et visiteurs d'Eurovet mais aussi l'audience de la Fashion Week et le grand public, est donc pour l'instant en stand-by

"Cette crise invite chacun, sur le plan personnel, mais aussi les entreprises, à aller à l'essentiel : je crois que dans notre secteur des salons, cela va être comme un coup d'arrêt et stopper la surenchère pour aller probablement vers des événements plus petits, analyse Marie-Laure Bellon. En espérant que le secteur de la mode dans sa globalité arrête sa course en avant du toujours plus de collections, toujours plus, toujours plus..."

En attendant, outre le travail sur le scénario de reprise en septembre, l'organisatrice voit un autre combat : "Il est important que tous les salons soient alliés pour défendre leurs intérêts car nous sommes un métier très mal connu, du public comme des autorités, mais absolument sinistré par cette crise, et sans pour l'instant savoir pour combien de temps... Il a déjà fallu batailler en haut lieu pour faire reconnaître l'événementiel parmi les secteurs prioritaires de l'économie par le gouvernement qui sont toujours 100% à l'arrêt (aux côtés de l'hôtellerie et de la restauration, qui ne bénéficient pas non plus de date de reprise à l'heure actuelle). C'est une première victoire d'être cités par les pouvoirs publics. Nous avons besoin de leur appui car les assurances ne nous sont d'aucune aide, contrairement à ce que beaucoup de gens croient..."

"Evidemment, moins le confinement sera long, mieux ce sera pour tout le monde. Car pour nombre de petites marques, le salon est vital, puisqu'elles y font tout leur chiffre d'affaires. Si l'on veut en sauver, il faut que l'on puisse redémarrer", conlut-elle.




   

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