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14 oct. 2015
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Roberta Ramos (Abicalçados) : "L'industrie brésilienne trouve son salut à l'export"

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14 oct. 2015

L'association brésilienne de l'industrie de la chaussure, Abicalçados, est présente du 13 au 15 octobre à Shanghai, via le grand salon de l'habillement Chic. A travers une sélection de dix de ses adhérents, l'organisation entend saison après saison renforcer les positions brésiliennes sur le marché chinois. Course dans laquelle elle se trouve paradoxalement aidée par la crise monétaire plombant la consommation au Brésil.

Roberta Ramos - Matthieu Guinebault/FashionMag


FashionMag : Quel impact a l'actuelle crise économique brésilienne sur l'activité de la filière ?

Roberta Ramos : Le marché domestique de l'habillement et de la chaussure reste très faible, et la courbe des ventes continue sa chute. Mais, d'un autre côté, notre monnaie nous rend désormais beaucoup plus intéressants pour ce qui est des exportations. Nous sommes traditionnellement des exportateurs. Mais la situation actuelle nous permet d'approcher et de décrocher davantage de contrats. Le paradoxe est que, même si la quantité de biens que nous vendons à l'étranger a tendance à reculer, la valeur de ces biens s'avère pour sa part en hausse. L'industrie brésilienne trouve ainsi son salut dans l'exportation.

FM : Comment ont évolué les rapports entre fabricants brésiliens et entreprises chinoises ?

RR : Nous sommes venus en Chine pour la première fois en 2009, pour une première rencontre avec les possibles distributeurs et partenaires locaux. Nous avons vite réalisé qu'ils ne connaissaient rien concernant le Brésil et sa production. Nous avons donc depuis fait un gros travail en termes de communication. Et nous en sommes arrivés à venir présenter une sélection de dix marques. Et à chaque venue, nous constatons des réponses et attentes différentes. Au début, nous étions face à des personnes voulant investir, mais ne connaissant rien au marché. Ensuite, nous avons vu venir les magasins multimarques. Puis nous avons vu un long cycle d'ouvertures et fermetures de ces magasins. Désormais, nous sommes face à des professionnels connaissant bien le marché et offrant autant d'opportunités qu'il y a de business models.

FM : Quelles réponses obtiennent les produits brésiliens sur le marché chinois ?

RR : Nous avons certaines marques qui ont déjà leur partenaire local, d'autre qui en cherchent, ou qui recrute des agents... Les choses doivent se faire pas à pas dans ce pays, mais nous comprenons aussi que nous devons aller vite quand elles avancent, car les choses se passent ainsi ici. En quelques semaines, on peut se retrouver dans une cinquantaine de boutiques. C'est ce type de situation qui fait que, si la Chine n'est pas dans le top 10 de nos exportations, c'est le pays qui offre la plus forte croissance, avec +21 % chaque année. Aux Etats-Unis ou en France, nous vendons par ailleurs via les marques qui nous achètent. En Chine, nous passons par nos propres marques, ce qui est un défi à part entière. Mais nous sommes soutenus en cela par le fait qu'elles sont bien positionnées pour ce marché.

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