Royaume-Uni : des députés souhaitent interdire la vente de fourrure

Une commission parlementaire britannique a recommandé ces derniers jours l'étude d'une mesure d'interdiction pure et simple de la vente de fourrure. La commission dédiée à l’environnement, l’alimentation et les affaires rurales (Efra) a enquêté sur les secteurs de la fourrure et sa revente au détail après qu'il a été découvert que des produits comportant de la vraie fourrure étaient étiquetés comme étant des pièces de fausses fourrures et vendus par de grands noms.


Un comité de députés dénonce le système d'étiquetage des fourrures

Des sondages menés par le groupe de protection des animaux Humane Society International (HSI) et Sky News ont révélé un grand nombre de problèmes d’étiquetage. Par conséquent les députés ont estimé que l’étiquetage actuel des produits de fourrure est « non adapté à l’usage prévu ».

Cela pourrait-il déboucher sur une interdiction complète ? Ce n'est pas si simple, et ce, malgré les appels de l’Efra pour examiner cette possible restriction. Le parti travailliste, membre de l’opposition, pourrait faire une proposition en ce sens, mais le gouvernement conservateur actuel ne va pas aussi loin sur le sujet. Pourtant à la suite du Brexit, le gouvernement avait déclaré être en mesure d’aller plus loin dans l’introduction de restrictions sur le commerce des fourrure que ce qu’il pouvait mettre en place en tant que membre de l’UE. Instrument politique pour appuyer la campagne du Brexit ou réel engagement, les motivations qui entourent ces déclarations restent incertaines.

Le comité de l’Efra est arrivé à la conclusion qu’une interdiction est une option envisageable au vu de la complaisance des retailers et des responsables chargés du respect des normes commerciales par rapport aux règles d’étiquetage en vigueur.

De récentes révélations affirment que des retailers comme TK Maxx, BooHoo, Amazon et Tesco vendent des articles contenant de la vraie fourrure étiquetés comme des produits synthétiques. Des erreurs survenues alors que les enseignes concernées pratiquent une politique de non-fourrure.

Le rapport de la commission a souligné que de « nombreux consommateurs ont une raison éthique de ne pas acheter de vraie fourrure, mais ces dernières années ont démontré l’existence de vulnérabilités dans les chaînes d’approvisionnement des retailers. Notre enquête a mis en évidence que le système d’étiquetage en place est source de confusion, qu’il n’est pas adapté pour remplir son objectif et présente un degré élevé de non-conformité. Il n’est également pas toujours appliqué ».

La British Fur Trade Association a accueilli favorablement les recommandations du comité concernant la question de l’étiquetage. Le PDG Mike Moser affirme qu’il est essentiel que les consommateurs soient en mesure de prendre des décisions éclairées. À ce titre, il réclame la création d’un label britannique spécifique à la fourrure qui donnerait plus de détails sur le type de fourrure utilisé.

Mais Mike Moser se dit également déçu par les appels à une interdiction totale des ventes de fourrure, jugeant que la fourrure est un choix légitime appartenant au consommateur.

Ce débat fait suite à des manifestations en juin dernier pour cesser l'importation de fourrures sur le sol britannique, puisque le Royaume-Uni a d'ores et déjà interdit l'élevage d'animaux pour leur fourrure depuis 2000. Une politique qui a fait des émules depuis, puisque onze états membres de l'Union Européenne ont ensuite interdit l'élevage des bêtes pour leur fourrure uniquement, le dernier en date étant la Belgique, puisque la Flandre, dernière région belge à ne pas avoir encore légiféré sur le sujet, a vu son gouvernement adopter un projet de décret en ce sens en cette fin juillet. 

Traduit par Florine Tirole

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