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Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
27 sept. 2017
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Saint Laurent : voilà à quoi ressemble un vrai défilé d'envergure !

Traduit par
Marguerite Capelle
Publié le
27 sept. 2017

Hommage à Yves Saint Laurent mais aussi à la légende du business de la mode Pierre Bergé. Une collection audacieuse et ultra sexy, dans un décor géant à couper le souffle installé sur les rives de la Seine et illuminé par la Tour Eiffel. 


Saint Laurent - Spring-Summer2018 - Womenswear - Paris - © PixelFormula


Un défilé regorgeant de clins d'oeil, de malicieux jeux de références visuels pour les initiés, faisant allusion aux célèbres looks et tenues créés par Monsieur Saint Laurent lui-même, mais affinés à l'extrême par la réflexion d'Anthony Vaccarello, l'actuel directeur artistique de la maison.
 
Ses vestons taillés au cordeau présentés en ouverture était ainsi assortis de passepoils contrastants couleur argent, de blouses bohèmes beige et de shorts de boxe. Anthony Vaccarello a aussi montré des blouses de pirates, avec des manches énormes, portées ouvertes jusqu'au nombril, ainsi que des vestes mi-longues enduites couvertes de grosses babioles, pierres précieuses et cristaux au point de paraître livrées avec un groupe électrogène intégré.

Il a joué sur les célèbres smokings de soirée d'Yves, les recoupant avec de gros nœuds en cuir verni doré, et a épaté le public avec de courtes robes en jacquard métallisé abstrait. Toutes les tops avaient l'air en route pour une soirée tapis rouge ou de retour d'une after. Tout comme les nombreux modèles masculins présentés dans cette collection massive, qui totalisait 91 passages.
 
Les jambes raflaient la mise dans ce défilé : on avait rarement vu autant de peau apparente dans un défilé parisien. Et surtout pour le final, avec d'abord des mini-robes-chemises associées à des cuissardes en fourrure de yéti, qu'Anthony Vaccarello a intitulé « les nouveaux diamants d'aujourd'hui ».
 
Après une demi-douzaine de blouses victoriennes transparentes et coquines, presque impalpables, Anthony Vaccarello s'est attiré de nouveaux cris d'admiration avec une dizaine de volumineuses robes du soir bouffantes, s'achevant aux hanches sur une explosion verticale de fantaisies évoquant une sculpture « car crash » ou de caprices en boa à plumes. Une autre référence manifeste à un classique de Saint Laurent.
 
« Oui bien sûr, je pensais à Pierre. A lui et à Yves, qui formaient un couple dingue. Un amour fou. J'avais envie de mettre en avant l'atelier de la maison, cette ressource incroyable qu'ils nous ont laissé. Pas vraiment de thématique, juste raconter l'histoire de Paris et Yves Saint Laurent, et se faire plaisir en créant des vêtements avec des gens qui adorent faire ça », expliquait Anthony Vaccarello dans la pénombre qui a suivi le défilé.

« Je veux que la fille Saint Laurent s'amuse dans la vie, qu'elle profite de Paris. Et le soir, elle adore l'obscurité. Et même si la Tour Eiffel est un cliché, j'ai envie de pousser ce cliché jusqu'au bout, cette si belle vision d'un Paris de carte postale », a-t-il ajouté en riant.

Et quel décor monumental ! Un podium géant gris clair de la taille d'un terrain de football, érigé par-dessus les fontaines des jardins du Trocadéro.

Tous les invités avaient reçu de brefs e-mails les enjoignant à s'installer pour assister au défilé avant 19h45 (ce qui est tout à fait inhabituel à Paris, où les défilés du soir ont souvent 45 minutes de retard). Tout le monde a obtempéré... et a compris pourquoi quand, à 20h, les lumières de la Tour Eiffel ont jailli et que le premier mannequin est arrivé au milieu d'un nuage de neige carbonique illuminé par des projecteurs.

A l'intérieur, il y avait 1 500 invités… et au moins cinq fois autant de gens dans les jardins environnants et plus haut sur le Trocadéro, qui se pressaient pour entrevoir le défilé. Toujours gentleman, François-Henri Pinault, LE grand propriétaire de Saint Laurent, est venu personnellement accueillir Anne Hidalgo à l'entrée. Forte d'avoir récemment obtenu les jeux Olympiques pour sa ville, la maire de Paris rayonnait en se dirigeant vers son siège.

A un rédacteur qui le complimentait sur la mise en scène, François-Henri Pinault a répondu par une boutade : « Merci ! Eh bien, nous avons effectivement construit la Tour Eiffel exprès pour qu'elle soit au bon endroit ce soir ».

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