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Sans chemises, robes de mariage ni touristes, les blanchisseries et pressings peinent à repartir

Par
AFP
Publié le
17 juil. 2020
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3 minutes
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(AFP) - Même s'ils étaient autorisés à ouvrir pendant le confinement, les pressings et blanchisseries ont été gravement touchés par la crise sanitaire et la reprise s'avère désormais compliquée: l'événementiel fait grise mine et le télétravail a bousculé les usages.


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"Tant que le télétravail sera de mise et que l'événementiel n'aura pas recommencé, je ne vois pas comment notre activité pourrait reprendre, en tout cas pas en juillet ni août", s'inquiète auprès de l'AFP Pierre Letourneur, le vice-président de la Fédération française des pressings et blanchisseries (FFPB).

Dès juin, c'est le télétravail qui a le plus plombé les revenus des pressings, avec une baisse des prestations faites sur les chemises, qui représentent 30% des volumes habituellement, et vestes. S'ajoute l'absence de mariages, de congrès, de concerts et autres événements, habituellement nombreux en mai et juin.

Les pressings ont ainsi enregistré en juin une baisse de leur chiffre d'affaires de 30% en régions et jusqu'à 50% à Paris par rapport au même mois en 2019, selon la FFPB. Quant aux blanchisseries, le manque à gagner sur 2020 pourrait être de 30% à 50%, après un arrêt quasi complet de l'activité en avril et en mai.

Le groupe français de blanchisserie industrielle Elis, dont un tiers des revenus en France dépend du tourisme, "a connu un ralentissement net et sans précédent de l'activité", affirme à l'AFP Nicolas Buron, le directeur des relations investisseurs.

Les volumes de textiles à nettoyer ont chuté de manière si exceptionnelle qu'une centaine d'usines sur 440 dans le monde ont dû fermer pendant le confinement. Un exemple: les deux usines qui tournent uniquement avec les linges de Disneyland Paris, près de Marne-la-Vallée, ont dû fermer en même temps que le parc de loisirs. Car c'est bien du manque de clients de l'hôtellerie et de la restauration dont souffrent le plus les blanchisseries.

Un retour à la normale "pas avant mars 2021"



Et si la nécessité de désinfecter plus souvent les tenues de travail aurait pu être une opportunité pour les entreprises de nettoyage textile, l'arrêt ou la baisse d'activité de l'industrie n'ont pas concrétisé cette hypothèse, selon Nathalie Matignon, la directrice générale du Groupement des entreprises industrielles de services textiles (GEIST).

Le seul rebond pour les blanchisseries vient des Ehpad et maisons de retraite: "Les familles ne pouvaient plus accéder au linge des résidents et les mesures sanitaires ont fait que les établissements ont externalisé ce nettoyage", raconte Pierre Letourneur. Il évalue ce surcroît d'activité à 20%.

Pour le pressing écologique Sequoia, l'offre de désinfection en cabine (pour les poussettes par exemple) n'a pas non plus trouvé sa clientèle et la publicité autour du lancement d'un nouveau service de retouche et réparation a dû être retardée au vu du contexte.

Seul effet positif du confinement: le grand ménage de printemps, selon M. Letourneur. "J'ai l'impression que les clients ont mis de l'ordre chez eux car nous avons vu arriver des grosses pièces, c'est-à-dire des vestes, manteaux ou couvertures", se réjouit-il, puisque cela a permis aux pressings de réaliser "un mois de mai correct".

Chez Sequoia, "la stratégie a été de rester fermé le moins longtemps possible pour garder le lien avec nos clients, ce qui nous a permis de retrouver petit à petit nos recettes", témoigne à l'AFP Nicolas de Bronac, fondateur et président du groupe dont les 60 boutiques ont pu réaliser en juin 70% du chiffre de l'année précédente.

"Mais un retour à la situation d'avant confinement ne se fera pas avant mars 2021", ajoute-t-il. Les blanchisseries interrogées par le GEIST tablent elles sur 12 à 18 mois pour retrouver un niveau d'activité normal.

En attendant, les entreprises du secteur essaient de développer d'autres activités comme la désinfection des écoles et des bureaux, livraisons à domicile, le développement du nettoyage du linge de maison...

Des mesures d'adaptation qui pourraient aller, comme dans beaucoup d'autres secteurs, jusqu'à des suppressions d'effectifs, et si cela ne suffit pas, des défaillances d'entreprises sont à prévoir.

Par Juliette VILROBE

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