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26 févr. 2022
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Sapio dévoile sa garde-robe idéale dans un inédit showroom-container

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26 févr. 2022

Présentée à Milan durant la Fashion Week, Sapio séduit d’emblée. Non seulement pour son produit excellent, mais aussi pour le projet qui accompagne le lancement de cette marque en mode discret et intelligent avec une démarche authentiquement durable. Lancée par Giulio Sapio il y a trois saisons, la maison se concentre principalement sur le produit, misant sur une distribution quasiment porte-à-porte via un container-showroom-studio, qui se déplace de ville en ville. Après Milan cette saison, ce dernier devrait se poser à Paris en juin.
 

Giulio Sapio endosse l'un de ses modèles dans son container - DR


La soixantaine bien portée, un air de Mohican avec sa longue chevelure, l’homme a pas mal bourlingué. Originaire de Caserta, près de Naples, où il a géré une boutique pendant une décennie, passionné de musique -il a étudié la contrebasse pendant dix ans-, il a fini par atterrir en 2001 chez Rick Owens, où il s’est occupé un peu de tout, du merchandising au commercial, pendant 18 ans. En 2019, il décide de lancer son propre projet et part en quête pendant un an des artisans et modélistes répondant au mieux à ses besoins, du sud au nord de l’Italie.
 
Son idée? Réaliser sa garde-robe idéale. Elle s’adresse donc à un homme exigeant amateur de beaux produits, et s’étend tout naturellement à la femme, reproduite à l’identique dans des proportions adaptées. Composée de pièces essentielles et intemporelles, faites pour durer, elle allie fonctionnalité et élégance, revisitant les grands classiques dans un design contemporain. Les vêtements sont tous réalisés en Italie dans les meilleurs tissus, souvent développés en exclusivité pour la marque. Les chaussures (à peine quelques paires) sont fabriquées auprès d’artisans napolitains.

Les collections sont volontairement réduites, centrées juste sur ce qui est nécessaire. L’automne-hiver 2022/23 compte 25 modèles, où domine le noir et s’invite aussi le vert bouteille ainsi que du blanc pour deux chemises en popeline, une laine Princes de Galles pour un costume et un manteau et deux tops lamé or pour le soir. Le vestiaire s’articule autour de pièces basiques mûrement pensées, chacune étant l’aboutissement d’une recherche approfondie: le manteau en velours brillant au poids léger, le blouson en cuir zippé, les polos et mailles tissés dans des fils ultra light, qui glissent sur le corps comme une seconde peau, les shorts en satin.
 
Giulio Sapio a l’obsession du détail. Ainsi les manches des vestes sont légèrement ouvertes facilitant les mouvements avec les boutons positionnés un peu plus haut, les revers des pantalons sont plus longs pour pouvoir les allonger au besoin. Les vestes sont ajustées mais confortables, grâce à une construction spécifique aux épaules permettant de s’adapter parfaitement au squelette. Toutes les coutures internes des pièces à manches sont aplaties afin d’épouser harmonieusement la forme du corps, avec un tombé parfait.

Sapio, automne-hiver 2022/23 - DR

 
"Ce sont les matières, qui déterminent la collection. Il y a une attitude à la beauté. J’aimerais restituer un peu de cette beauté et partager ces sensations du plaisir de s’habiller", nous explique le designer, qui s’est positionné sur ce qu’il définit "le juste prix", avec les chemises vendues à 500 euros et les manteaux à 1.500 euros.
 
Pour ce qui est de la distribution, Giulio Sapio s’inscrit, là encore, dans une démarche "slow fashion". S’étant retrouvé en pleine pandémie au moment de lancer sa maison, il a eu l’idée de se mettre en route tout seul avec un van et une une malle contenant sa collection, traversant l’Italie de ville en ville. Dès la première saison, en février 2021, il parvient à séduire une vingtaine de revendeurs, dont 10 Corso Como et LuisaViaRoma.
 
Au cours de l’année, le concept s’affine. Le designer a désormais aménagé en studio-showroom un container tapissé de velours ocre, avec d’un côté les portants, où sont suspendus les vêtements, et de l’autre une banquette contenant tout le nécessaire pour dessiner, faire les retouches, etc., tandis qu’un ordinateur permet de finaliser les commandes à distance, sans oublier la cabine pour les essayages.
 
Rien de superflu, donc, pour ce projet autofinancé. Pas de surproduction, dans tous les sens du terme. "Lorsque je me suis lancé, je me suis imaginé dans un voyage, qui dure une saison, donc avec tout ce qui était nécessaire. Un peu comme ces longs voyages au XIXe siècle. Et c’est ce que j’ai fait " lâche-t-il dans un sourire.

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