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20 avr. 2022
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Sarenza prépare la mise en ligne de sa marketplace

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20 avr. 2022

Depuis que Sarenza a rallié le giron de Monoprix, en 2019, la plateforme multimarque a affiné sa proposition. Initialement spécialiste de la chaussure, le pure player a élargi son offre à l'accessoire et au prêt-à-porter. Et défend son positionnement par rapport aux géants de la vente en ligne.


Gwennola Queinnec, directrice e-commerce de Monoprix Online dirige Sarenza - Monoprix


"Nous ne sommes ni Zalando, ni Amazon, admet Gwennola Queinnec, directrice e-commerce de Monoprix Online qui supervise l'activité de Sarenza. Mais je considère qu’il y a de la place dans l’écosystème. La philosophie de Sarenza est de jouer la proximité avec nos clients. Nous avons des bases claires. Nous sommes un pure-player français, avec 100% des salariés en France, un service client français, des marques propres fortes, une offre homme-femme-enfant, des services de livraison reconnus avec une solution en 24h et des retours gratuits sous 100 jours. C’est la différence entre les très grands magasins et le magasin de quartier où vous avez un conseil personnalisé. Le but du jeu pour nous est de proposer une autre forme de commerce".

Une position qui, en pleine période de transformation durant laquelle ses équipes ont du construire la cohabitation entre l'offre chaussure et les propositions textiles, aurait pu être malmenée pendant la période Covid. Mais l'entreprise qui revendique une croissance de 10% de ses ventes par rapport à 2020 explique avoir dépassé ses niveaux d'activité de 2019, lorsque l'entreprise avoisinait les 200 millions d'euros de chiffre d'affaires. Les deux années qui viennent de s'écouler ont toutefois modifié son profil. Toujours présente sur 25 marchés, à présent la société s'est recentrée sur le marché français où elle réalise 70% de ses ventes. Et son panier moyen est de 90 euros, soit 10 euros de plus qu'en 2019. La marque s'appuie aussi sur cinq marques propre (les deux marques masculines ont fusionné) qui représentent 10% du chiffre d'affaires et dont une part de la production a été rapatriée en Europe ces derniers mois.

"Notre objectif c'était de retrouver une croissance rentable et d'établir une offre lisible pour nos clients, explique sa dirigeante. En 2019 nous nous sommes lancés sur le vêtement. Nous avons aujourd’hui 30% de notre assortiment qui est textile et accessoires. Notre chiffre d'affaires reste majoritairement porté par la chaussure et la maroquinerie. Nous avons entre 5% et 8% réalisés hors chaussures. Mais c'est aussi lié aux différences d'activité entre chaussures et textile. Nous achetons des séries plus courtes en textile. Cependant nous voulons faire grandir la part des produits hors chaussures à 25%-30% du volume d'affaires en 2025. Pour cela, le lancement de la marketplace devrait grandement nous aider".

Celle-ci est actuellement en beta-test, et devrait être active d'ici la fin du mois d'avril. Cette place de marché, qui sera totalement intégrée sur le site de Sarenza va ainsi proposer des marques de chaussures mais surtout permettre à la plateforme de développer son offre accessoires et prêt-à-porter. Si la direction ne livre pas d'objectif quant au nombre de marques qu'elle souhaite intégrer, elle va tout d''abord débuter par les labels d'accessoires avant de faire monter à bord les marques de vêtements. "Nous sommes dans la dernière ligne droite. La place de marché nous permet d'embarquer des marques textiles sur lesquelles notre modèle a peu de compatibilité. Le textile c’est une succession de petites collections alors que la chaussure nous travaillons sur quatre saisons dont deux plus importantes. Le textile demande de faire du référencement en continu ce qui n'est pas toujours compatible avec notre cycle de production. Nous allons pouvoir proposer ces marques qui livrent toutes les six semaines mais aussi les DNVB dont le modèle est fait pour les marketplaces. Et nous allons travailler avec des marques qui touchent notre clientèle familiale et 'modeuse'. Mais nous ne voulons pas avoir une offre pléthorique, car je pars du principe que cela peut tuer l’envie. Il nous faut des sélections adaptées".

Les collaborations entre exclusivité et désirabilité



Sarenza veut aussi mettre en avant des marques qui disposent d'un niveau de service aligné sur ses propres qualités afin de ne pas laisser la place à une différence d'expérience entre ses marques proposées en direct ou celles qui se trouvent sur la place de marché.  

Avec ses collaborations ou ses collections exclusives, Sarenza, comme tout récemment avec la proposition entre Adidas et l'artiste Enfant Précoce, a cherché ces dernières années à se démarquer. Sans multiplier les propositions, la plateforme a voulu apporter son propre style, son regard.

"Les collaborations sont travaillées depuis 2017, explique Gwennola Queinnec. Ce sont les rencontres qui rythment ces collaborations avec des créatrices engagées comme Elise Chalmin Ela Muse, Salut Beauté et Daphné Burki... C’est nécessaire car il y a besoin de personnalisation, ces collaborations créent un élan de désirabilité, d’étendre notre territoire de marque, toucher de nouveaux clients et de nouveaux marchés. Que ce soit les exclusivités ou les collaborations, cela traduit une évolution de la consommation. C’est une attente qui est forte. Les gens ont envie de s’approprier des produits plus uniques, pas éphémères, mais uniques".


Lisa Moretti l'égérie virtuelle de Sarenza - Sarenza


Dans cet esprit, la proposition de Sarenza doit avoir sa propre signature. Si ce n'est avec un produit exclusif, au moins dans la présentation de ses produits. La marque vient dans cet esprit de créer son influenceuse numérique Lisa, un avatar digital qui dispose de son propre compte Instagram. Pour la plateforme cette égérie numérique doit lui permettre de présenter les collections proposées d'une manière alternative, en prime de ses campagnes photo plus classiques. D'ailleurs les marques de la place de marché pourront bénéficier des campagnes photo de Sarenza. 

"Pour ces marques l’intérêt sera de pouvoir faire des shootings adaptés à Sarenza où on va mixer des vêtements avec des chaussures, afin de ne pas présenter seulement des total looks d’une marque, détaille la dirigeante. Cela fera partie de notre force mais cela demande une organisation. Le but du jeu est de ne pas créer de rupture dans l’expérience du client qui découvrira l'offre avec le ton et le style à la française de Sarenza".

Ce lancement de la place de marché, qui sera d'abord active en France, est concomitant avec un travail de notoriété que réalise actuellement Sarenza. La plateforme a débuté depuis quelques semaines une campagne en télévision en apparaissant dans le programme Chasseur d'appart de la chaine M6. A la rentrée, une campagne avec un spot sur plusieurs chaines doit lui permettre de mettre en avant son identité auprès de sa cible de 25-49 ans.



 

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