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18 janv. 2021
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Selon Eutopia, il faut quatre ingrédients pour réussir aujourd'hui en tant que start-up

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18 janv. 2021

Depuis 2015, le fonds Eutopia se penche sur les "consumer start-up", autrement dit des marques qui répondent aux nouvelles attentes des consommateurs en quête de transparence, de sens et d’engagement. Le tout dans un monde où le digital est devenu central. Doté du statut d’entreprise à mission, Eutopia, qui a récemment levé 100 millions d’euros, accompagne aujourd’hui 26 entreprises, dont certaines naviguant dans la beauté comme Oh My Cream!, Merci Handy, Même et Laboté, ou, dans la mode, les sacs Polène et les sous-vêtements Organic Basics. "En 2020 l’ensemble des sociétés que nous accompagnons a généré un chiffre d’affaires en hausse de 56%, même si trois d’entre elles sont restées à l’arrêt presque toute l'année (des sociétés de loisirs notamment, ndlr)", explique Camille Kriebitzsch, 29 ans, l’une des quatre associés d’Eutopia qui détaille pour FashionNetwork.com les atouts que doivent cultiver les entreprises pour réussir, mais aussi susciter l’intérêt des investisseurs.


Huile démaquillante de la marque propre de l'enseigne de beauté Oh My Cream ! une des sociétés du portefeuille d'Eutopia - DR


La complémentarité des réseaux


C’est l'une des choses que la crise sanitaire aura souligné: une présence en ligne solide est indispensable pour les jeunes sociétés. Un bon exemple serait celui de l’enseigne de beauté clean Oh My Cream! qui en dépit de ses dix-huit boutiques fermées pendant plusieurs mois "a connu sur l’ensemble de l’année une croissance à deux chiffres", indique Camille Kriebitzsch. Pendant le premier confinement, le site marchand de l'enseigne a su prendre le relais du réseau physique en profitant de l’engouement pour les cosmétiques. Durant cette période inédite, l’entreprise dirigée par Juliette Levy a aussi su fédérer sa communauté en étant très active sur les réseaux sociaux (ateliers, conseils...).

L’engagement, une sécurité


Pour Camille Kriebitzsch: "Il faut savoir fédérer les consommateurs de façon sincère pour qu’ils restent fidèles même en temps de crise". Cette période de crise sanitaire aura eu le mérite de pousser les entreprises à faire preuve de créativité pour garder le lien avec leurs clients. Les grands magasins ont par exemple mis en place des services de 'personal shoppers" en ligne, les marques de capillaires des consultations vidéo pour aider leurs clients avec les colorations à domicile. Mais ce sont certainement les jeunes sociétés qui ont tiré leur épingle du jeu en proposant via les réseaux sociaux des cours de yoga, des tutos de maquillage, des concours... Dans ce contexte, Camille Kriebitzsch rappelle qu'acheter des abonnés sur les réseaux sociaux est inutile car cela ne génère aucune interaction et reste très coûteux.

Des coûts maîtrisés   


"Il faut avoir à cœur d’avoir une activité économique saine. Bien sûr, une jeune société a besoin d'investir pour croître et il est difficile d'être rentable rapidement, mais il faut rester attentif à ses dépenses et mesurer les retours sur ses investissements", précise Camille Kriebitzsch. Il est donc essentiel de maîtriser ses coûts tels que ses charges salariales et éviter notamment les dépenses marketing d’achat clients.


Merci Handy, qui revisite avec humour l'hygiène des mains, est aussi au portefeuille d'Eutopia - DR


Définir sa mission


"Cela fait cinq ans que je fais ce métier et cinq ans que je martèle qu’il est primordial de réfléchir à sa mission d’entreprise, à son «why». C’est la colonne vertébrale de l’entreprise, celle qui donne la direction stratégique à suivre." S’investir pour la planète, pour l’humain... plus que jamais, la notion d’engagement doit être un prérequis, inscrite dans l’ADN des entreprises. Car ces dernières doivent être responsables, et ce au sens large. Camille Kriebitzsch donne ainsi l’exemple d’Oh My Cream!, qui opère une refonte de toute sa charte déontologique, ou encore de Merci Handy, qui s’engage contre le cyberharcèlement.
 
Basé à Paris et à New York, le fonds Eutopia, dont le ticket d’investissement moyen est de trois millions d’euros, avec une fourchette allant d'un à huit millions d’euros, reste à l’affût d’opportunités, même si les prochaines opérations devraient davantage concerner les marques de son portefeuille.

Versant beauté, Camille Kriebitzsch indique regarder davantage vers les sociétés inclusives, ou à l’inverse les société qui répondent à des problématiques ciblées comme les besoins des femmes ménauposées. Les entreprises qui s’intéressent au bien-être et les salons de beauté, un secteur qui doit se repenser, sont également scrutés. "Les mouvements d’acquisitions vont se poursuivre. Les grands groupes cosmétiques vont continuer leurs achats en se penchant davantage sur de petites marques, plus accessibles financièrement. C’est un signal positif pour nos pépites", conclut-elle.
 

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