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9 nov. 2010
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Seoul Fashion Week, le défi de la reconnaissance internationale

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9 nov. 2010

Camper vient d’y inaugurer sa plus grande boutique, Hermès y compte sept boutiques quand on en trouve seulement deux (et depuis peu) à Paris, Cartier une dizaine, Chanel y enregistre ses meilleurs chiffres boutiques, Louis Vuitton fait presque partie du décor, le 10 Corso Como milanais y a ouvert une antenne, les concept-store, type Galleria ou A-Land, s’expriment en version XXL sur plusieurs étages accumulant les it-collections de saison. Les grands magasins, enseignes Lotte en tête, abritent presque toutes les griffes de luxe mondialement connues (Prada, Dolce & Gabbana, Salvatore Ferragamo, Etro, Tiffany, Céline, Dior, Mulberry, …), sans oublier le Rodeo Drive local livré dans une version plus futuriste au cœur du quartier upper de Cheongdam-dong …

En clair, du point de vue de l'offre boutique, Séoul n’a rien à envier aux mégalopoles internationales. Il faut dire qu’avec plus de 10,5 millions d’habitants, une maturité mode certaine et surtout un tourisme chinois en hausse qui, à l’instar des capitales européennes, a fait le bonheur des enseignes de luxe européennes quand la crise a fait escale en Corée, Séoul dispose d’un potentiel d’attraction commerciale sans équivoque. N’empêche, confrontée à la concurrence tenace des cités chinoises et japonaises, la ville ne compte pas en rester là pour maintenir son rang. Un de ses objectifs est de faire reconnaitre ses créateurs nationaux sur la scène internationale.


Juun.J défilait à Séoul


Ainsi, clôturée le 28 octobre dernier, la Fashion Week de Séoul, qui fêtait ses dix ans, a mis les petits plats dans les grands. Dae-Yun Won, organisateur de la Fashion Week qui cumule les fonctions de président (de la Korea Fashion Association, équivalent coréen de la Fédération française du Prêt-à-porter, et de l’Asia Fashion Federation) nous le résume sans détour "nous souhaitons élever Séoul au rang de capitale de la mode, et faire émerger une "marque" Corée à l’échelle internationale." Une nécessité quand on sait qu’à quelques jours d’intervalles, pas moins de quatre Fashion Week se partageaient le gâteau de l’Asie (Tokyo, Séoul, Pékin et New Delhi). Mais, conscient de cela, Dae-Yun Won répond "symbiose et actions communes" quand on lui parle de villes concurrentes. Dont acte avec la tenue pour la première fois d’un Asia Fashion Week Symposium. Des représentants des Fashion Week de Séoul, Tokyo, Shanghai et Singapour étaient réunis pour tracer les grandes lignes d’une "mode Asia". Pour eux, l’objectif n’est pas de faire du bis, mais bien de faire émerger une véritable mode, signée et reconnaissable. Même si la réalité suppose quelques compromis. Pour Dae-Yun Won, le défi à relever nécessite "d’unir nos forces." Reste à chacun de "puiser dans ses traditions, son savoir-faire pour développer son territoire créatif" (et d'y mettre les moyens ...)

Concrètement, outre la traditionnelle série de people régionaux, près de 150 acheteurs internationaux étaient invités - dont Seven de New York, Harvey Nichols et Joyce d'Hong Kong, Les Galeries Lafayette d'Allemagne -, 65 shows étaient programmés entre la mode homme et les collections femme et pour la première fois, le Tranoï s’associait à l’événement trois jours durant, présentant vingt marques de son portefeuille. Ainsi, répartie entre deux sites, le Setec - pour l'essentiel - et le Kring, la programmation des collections printemps-été 2011 s’étirait sur sept jours. Les designers "nationaux" se partageant l'affiche avec les "internationaux", faire-valoir d’une mode coréenne qui a su trouver sa place sur la scène mondiale. Et chaque pays "d’accueil" de mettre en avant "son" créateur coréen. Aux Etats-Unis, les plus branchés s’approprient donc la mode de Doori Chung sous la marque Doo Ri, aujourd'hui installée à New York. En Angleterre, on lui préfèrera Eunjeong Hong qui a lancé Eun Jeong l'année dernière après avoir décroché le "Fashion Fringe" en 2008. A Paris, Juun J ou Lie Sang Bong ont pris de l’avance. Rejoints par la jeune marque Jardin de Chouette de Kim Jae Hyun. Fraîches, féminines, jouant avec les plis et les volumes, la collection présentée à Séoul a capté l’attention. Comme celle de Lee Suk tae de Kaal E-Suktae que l’on retrouvera chez L’Eclaireur qui a servi une collection éclectique, sous influence Star Wars, jouant l’alternance cuir-voile dans des formes géométriques.

Enfin, neuf talents en devenir, rassemblés sous l’appellation "Generation Next" présentaient leur vestiaire au Kring. Attendus, les défilés de Li Young Lee et Seung Hee Lee ont rassemblé célébrités locales et presse internationale. Expérimentale, sensible, la collection de cette dernière a été présentée à Londres. Et pour elle, si "le succès à l'étranger n'est pas une fin en soi car nous savons que plusieurs designers de renommée internationale luttent financièrement", n’empêche qu’"il faut faire respecter sa marque et son style, le faire reconnaitre pour l’imposer". Un discours arrivé à maturité qui de ce point de vue est certainement internationalement reconnu.

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