Sessùn accélère la cadence de ses ouvertures de boutiques

C’est au 98, rue Legendre, dans le quartier des Batignolles à Paris, que Sessùn vient d’inaugurer sa nouvelle boutique. Installé dans une ancienne imprimerie, ce magasin de 80 mètres carrés met à l’honneur l’héritage du commerce qui lui a précédé. Entre l’enseigne d’époque, l’ancien mobilier et même les moodboards de fabrication affichés aux murs, l’atmosphère se veut singulière et authentique.
 
La nouvelle boutique Sessùn de la rue Legendre - Sessùn

« Nous travaillons selon les espaces que nous trouvons avec des architectes différents. Nous ne voulons par dupliquer les magasins, nous préférons préserver les lieux que nous investissons en y mettant à l’honneur des artisanats différents. En conséquence, quand pour l’un de nos concurrents, les travaux d’une boutique prennent quatre semaines, nous sommes plutôt sur un délai de plusieurs mois », explique Emma François, fondatrice et créatrice de Sessùn.
 
Autre ouverture prévue en ce mois de mars, celle d’un écrin parisien de 35 mètres carrés au cœur du Marais, au 45, rue des Franc-Bourgeois. En province, c’est la ville de Montpellier, d’ici deux mois, qui devrait se doter d’une boutique, suivie de Cannes fin mai. L’occasion, une fois de plus, de faire découvrir aux clients les savoir-faire locaux, comme ces spécialistes du rotin qui préparent de gigantesques portes pour le magasin montpelliérain.
 
« La démarche patrimoniale fait partie de nos valeurs fortes. Elle figure parmi les quatre engagements de la griffe que nous défendons depuis les débuts de Sessùn et avons décidé d’inscrire récemment sur notre site Internet, afin d’être encore plus radicaux, vigilants et investis », précise l’entrepreneure. Dans l’ordre, il s’agit de porter un nouveau regard sur les matières, concevoir des boutiques artisanales uniques, défendre les savoir-faire textiles et promouvoir une mode plus responsable.
 
A l’étranger, Sessùn dispose pour l’heure de deux magasins belges et un allemand, ouverts en partenariat avec ses distributeurs locaux historiques. En septembre, c’est à Londres que la marque devrait ouvrir sa première boutique en propre à l'international. Actuellement, elle ne dispose que d’un point de vente, chez Liberty, dans la capitale londonienne. D’ici la fin de l’année, elle envisage son arrivée en Espagne et pense doubler la mise en Allemagne avant début 2020.

Cette série d’ouvertures devrait porter le réseau de la marque à près de 30 boutiques d’ici un an. Avec ses corners, Sessun dispose pour l’heure de 45 points de vente à l'enseigne, qui effectuent la moitié du chiffre d'affaires de la marque. Il faut compter parmi eux le magasin de la rue de Charonne, qui accueille une nouvelle installation scénographique imaginée avec des charpentiers et des vanniers. A partir du mois d’avril, il proposera la dernière collaboration de la marque avec l’artiste brodeuse Marie-Sophie Lockhart. Deux autres sont prévues pour la saison avec les lunettes Waiting for the sun et le spécialiste du surf Jonsen.
 
Sessùn Oui, la ligne de mariage perçue comme une véritable "pépite" par sa créatrice, cherche encore le meilleur mode de fonctionnement. « Nous avions envie de ne pas forcément coller à la saisonnalité et d’introduire les pièces au gré de nos envies, mais nous nous apercevons que les clientes veulent des nouveautés régulières, des collections. La consommation de Oui n’est pas celle du prêt-à-porter. Notre boutique rue des Saints-Pères ouverte en novembre fonctionne sur un rythme complètement différent. Les clientes viennent une fois, reviennent… Et sur Internet, le modèle n’est pas le même non plus. Les futures mariées commandent huit robes à la fois qu’elles essaient comme si elles étaient en magasin avec leurs mères, leurs témoins, leur   belles-sœurs… Nous sommes à la recherche du meilleur système de vente, avec les contraintes inhérentes à ce segment de marché », détaille Emma François.
 
La collaboration avec Jonsen - Sessùn

Distribuée en multimarques dans une centaine de points de vente en France et près de 400 à l’export, Sessùn indique avoir réduit sur ce terrain son étendue. Emma François l’explique par la direction artistique plus féminine de la griffe, mais aussi par les difficultés que rencontre ce mode de distribution dans le secteur du prêt-à-porter.
 
Autre vecteur de développement pour la griffe, Internet. Avec des ventes en ligne en hausse de 53 % en 2018 et un site que la créatrice ne juge pas encore optimal, Sessùn a une marge de progression sur ce segment qui totalise 10% des ventes de la marque. Une refonte de la plateforme numérique pourrait permettre une navigation plus facile. Dernière étape de son développement digital : son intégration dans les lieux de vente physiques, puisque pour l’instant, il n’y a pas d’interaction entre les deux canaux de distribution. 
 
Si Sessùn poursuit sereinement son développement depuis juin 2017, c’est parce que la griffe bénéficie du soutien du fonds Experienced Capital, qui est entré à son capital à hauteur de 43 %. « Ce sont des partenaires précieux, avec qui j’ai l’impression de construire la marque. Ils m’ont permis de réaliser des ambitions fortes, me conseillent sur des problématiques très précises et  j’ai avec une une véritable relation de confiance avec eux », souligne Emma François.

Avec un chiffre d'affaires de 26,7 millions d'euros en 2018, dont plus de 20 millions réalisés en France, Emma François annonce une croissance de 31 % sur l'année qui vient de s'écouler.

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