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Reuters
Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
8 mars 2020
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Shandong Ruyi peine à réunir le financement nécessaire au rachat de Bally

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Reuters
Traduit par
Paul Kaplan
Publié le
8 mars 2020

Selon quatre sources proches du dossier, plus de deux ans après l'annonce de l'accord, le conglomérat chinois Shandong Ruyi n'a pas réussi à obtenir le financement nécessaire à la conclusion de son acquisition de la marque de luxe suisse Bally — une transaction à 600 millions de dollars (près de 532 millions d'euros).


Photo : Bally


Le groupe chinois, dont les problèmes de financement ont été exacerbés par l'épidémie de coronavirus, avait convenu en février 2018 de racheter une participation majoritaire au capital de Bally à la société luxembourgeoise JAB Holding, sans divulguer les détails financiers de la transaction.

Nos sources ont toutes souhaité rester anonymes, car ces informations sont confidentielles. Ruyi et JAB se sont refusés à tout commentaire.

En réponse aux questions de l'agence Reuters, une porte-parole de Bally a confirmé que la vente de l'entreprise à Shandong Ruyi n'était pas finalisée à ce jour.

"Chez Bally, nous avons la chance de bénéficier du soutien continu de notre unique actionnaire, JAB, un conglomérat privé qui dispose d'une notation solide de qualité d'investissement", a-t-elle déclaré dans un communiqué envoyé par email. "Bally construit depuis plus de dix ans une relation solide avec JAB, basée sur la confiance et la transparence. Notre position financière reste solide".

Shandung Ruyi nourrit l'ambition de créer un empire mondial de la mode pour défier LVMH. La société, basée dans l'Est de la Chine, a déjà dépensé des milliards de dollars pour s'offrir une écurie de marques de luxe européennes et asiatiques, dont le groupe français SMCP et la marque britannique Aquascutum.

Mais depuis la fin de l'année dernière, le groupe chinois doit faire face à une pression croissante liée au refinancement de la dette qu'il a contractée pour effectuer ces transactions ; Shandong Ruyi a presque manqué la date limite du 19 décembre pour rembourser des obligations offshore.

Les problèmes de financement de Shandong Ruyi se sont aggravés depuis l'épidémie de coronavirus en janvier, qui a infecté plus de 80000 personnes et fait plus de 3000 morts en Chine, forçant les entreprises du pays à interrompre leurs activités, ou à tourner en sous-régime.

SMCP, qui possède les marques Maje, Sandro et Claudie Pierlot, a déclaré le 25 février que ses ventes et sa rentabilité en Chine avaient été considérablement affectées par l'épidémie.

Le 20 février, le groupe israélien de prêt-à-porter masculin Bagir a annoncé qu'il se préparait à poursuivre en justice Shandong Ruyi, qui n'a pas encore réglé le paiement d'une participation majoritaire dans l'entreprise. Le groupe chinois avait convenu de verser 16,5 millions de dollars (14,6 millions d'euros) pour acquérir cette participation, mais il lui manque toujours plus de 10 millions de dollars. La semaine dernière, Shandong Ruyi a indiqué que des négociations étaient en cours avec Bagir pour résoudre le problème.

Le groupe japonais Renown a déclaré cette semaine à la bourse de Tokyo avoir subi des pertes annuelles consécutives en raison de son incapacité à recouvrer 5,3 milliards de yens (45 millions d'euros) de dettes auprès de sa société mère Shandong Ruyi.

Le façonnier portugais Calvelex, qui fabrique des imperméables, des vestes, des manteaux, des jupes et des pantalons pour Aquascutum, a intenté un procès au groupe chinois à Hong Kong le 17 janvier, selon son directeur général Cesar Araujo. Ce dernier explique que Shandong Ruyi a cessé de payer ses factures en mars de l'année dernière, et lui doit environ 182 000 euros.

Selon un porte-parole du groupe chinois, les problèmes avec Renown et Calvelex sont principalement dus aux "graves conséquences" de l'épidémie, mais la société serait en train de les résoudre.

La société de notation Moody's a abaissé sa notation de B3 à Caa1 le 11 décembre, parlant désormais de perspectives "négatives" pour l'entreprise, face au risque accru d'échec du refinancement compte tenu des échéances importantes de sa dette.

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