×
Publicités
Publié le
27 oct. 2021
Temps de lecture
4 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

SMCP se rapproche de ses ventes d'avant-crise, tiré par les Etats-Unis et l'Asie

Publié le
27 oct. 2021

Alors qu'en coulisses un bras de fer financier oppose la société luxembourgeoise Topsoho, filiale du conglomérat chinois en difficulté Shandong Ruyi, et ses créanciers, les équipes opérationnelles de SMCP continuent de redresser la barre après une année 2020 compliquée. Le groupe propriétaire de Sandro, Maje, Claudie Pierlot et De Fursac a annoncé mercredi un chiffre d'affaires de 271,7 millions d'euros au troisième trimestre, soit une baisse de 1% par rapport au troisième trimestre 2019, avant la crise sanitaire.


Sandro


Les ventes sont en hausse de 9,4% par rapport à la même période en 2020. Sur l'année, elles avaient dévissé de plus de 20% en raison de la crise sanitaire.

"Nous avons réalisé une solide performance au T3 nous permettant d'afficher des ventes proches de leur niveau pré-pandémie de 2019. Nous sommes particulièrement satisfaits de la tendance des ventes des États-Unis qui 'surperforment' toujours grâce à une forte demande", a déclaré la directrice générale du groupe, Isabelle Guichot.

La région des Amériques, qui représente 15% des ventes de SMCP, affiche en effet une croissance de 61,5% sur un an, et dépasse son niveau de 2019 (+5%).

Après avoir bien fonctionné au troisième trimestre 2020 avec une reprise de l'activité économique intervenue plus tôt en Chine, la région Asie-Pacifique voit en revanche ses ventes baisser de 2,2%. Par rapport à 2019, les ventes restent en hausse de 8,5%.

L'an dernier en octobre, SMCP avait annoncé vouloir faire de l'Asie son premier marché à horizon 2025.

En France, les ventes sont en baisse (-1,2%) par rapport au troisième trimestre 2020, marqué par une reprise de l'activité après le déconfinement. "Par rapport à 2020, les ventes sont quasiment stables, en baisse de -1,2% en organique, stipule le groupe dans sa communication. Une très bonne performance compte tenu de l’avancée de notre stratégie full price. Nous avons réussi à réduire notre taux de remise de -7pts au T3 par rapport à 2020 et à maintenir une croissance like-for-like positive". Toutefois les ventes n'ont pas encore rattrapé le niveau de 2019 (-10,4%).

Toutes les marques du groupe sont en croissance par rapport à 2020, mais seules les plus petites, Claudie Pierlot et De Fursac (qui est en cours d'être renommée Fursac), qui comptent pour moins de 13% du chiffre d'affaires de SMCP, réalisent une meilleure performance qu'au troisième trimestre 2019.

SMCP, qui se positionne sur le créneau du "luxe accessible", entre la fast-fashion et le luxe, continue sa stratégie de réduction des ventes promotionnelles, et son "plan d'optimisation des magasins". 45 fermetures nettes ont ainsi été enregistrées en France sur les neuf premiers mois de l'année, en particulier dans des petites villes. Il a en revanche ouvert 19 points de vente en Asie, dont 14 en Chine.

En dehors de ses magasins, la nouvelle directrice générale Isabelle Guichot doit faire face à un contexte particulier. D'un côté, le groupe est visé depuis fin juin par une enquête en France pour "recel de crimes contre l'humanité": il est accusé de profiter du travail forcé des Ouïghours en Chine, mais réfute "avec fermeté".

De l'autre, même si sa directrice générale appuie sur le fait que la situation de son propriétaire n'altère pas les capacités opérationnelles du groupe et les objectifs de son plan à cinq ans, SMCP pourrait prochainement changer d'actionnaire majoritaire.

En effet, Topsoho, filiale luxembourgeoise du géant chinois Shandong Ruyi en difficultés financières, qui possédait 53% des actions de SMCP a fait défaut, le 21 septembre, après plusieurs alertes, quant au remboursement d'un emprunt obligataire de 250 millions d'euros contracté en 2018.

Début octobre, les créanciers, via le trustee Glas qui les représente, reprenaient ainsi 29% des droits de vote. Les créanciers annonçant expressément ne pas vouloir reprendre le groupe français laissaient toutefois pour un temps les actions entre les mains de Topsoho. SMCP étant coté en Bourse, tout actionnaire passant le seuil de 30% des actions aurait l'obligation légale de lancer une offre publique d'achat sur le groupe. Mais cela ne signifie pas que les créanciers via le trustee Glas abandonnaient l'idée de se faire rembourser. Bien au contraire. Le 6 octobre SMCP précisait par voie de communiqué que "le nombre total des actions SMCP sous-jacentes à ces obligations et faisant l’objet d’un nantissement représente 37% du capital et ce nantissement peut être réalisé à compter du 19 octobre 2021".

Au 19 octobre, selon nos informations, Glas était en passe de prendre en main 29% des actions de SMCP avec l'intention de trouver un acquéreur pour celles-ci. Et attendait que Topsoho engage une procédure collective au Luxembourg pour pouvoir rembourser les sommes encore dues. Reste à voir qui seront les candidats au rachat de ces actions. Et si un nouvel actionnaire majoritaire se dégagera de cette situation complexe.



Avec AFP

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2021 FashionNetwork.com